‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 211 sur 216 · II · texte numérisé non relu

II

Iliiiimnne et les hommes qui voient s'amonceler l'orage, que le £;ouvci tienient vide le conllit en présentant une loi sur le droit de réunion, contesté alors aux députés eux-mêmes. Le gouvernement s'y refuse. — .It; me range alors du côté des députés et des pairs qui refusent de céder sans loi le droit de réunion à l'arbitraire des ministres. Nous sommes abandonnés par l'opposition elle-même. On renonce à tout acte de protestation. Tout semble fini. Cependant l'agitation s'accroît; l'opposition, la garde nationale et le peuple prennent pour mot d'ordre le cri de: f^ive la rtjonne l L'insuriection, vague et divergente, paraît apaisée par un changement de ministère, sous la pression d'un soulèvement, le 23 au soir. Étranger à tous les éléments dont l'insurrection se compose, et ne sachant les événements que par la rumeur pul)Ii(jue, je me réjouis de l'apaisement de l'émotion populaiie. L'événement du boulevard la réveille. Paris est couvert de trou[)es; la nuit fait trêve au combat ; je crois comme tout le monde le gouvernement ;u iiié de forces surabondantes et maître de la situation.

« Le 24, à midi, on vient m'annoncer (jue la Chambre des députés est menacée d'être envahie ; quoit[ue malade, je m'y rencis pour partager le sort ou le danger de mes collègues ; les troupes s'ouvrent ou se replient; les chefs, sans ordres, hésitent k prendre sur eux la direction que nul ne leur donne; la garde nationale mtervient entre le [X'uple et l'armée; ; le roi se retire avec sa famille; la Chambre est forcée ; plus de royauté dans Paris, plus de gouvernement dehors, plus de ministres dedans, plus de constitution nulle part , plus de forces militaires pour couvrir la représentation nationale ; le peuple en armes dans l'enceinte; la duchesse d'Orléans exclue de la régence par la loi iiiq)révoyante de son beau-père, sans titre légal par consé(iuenl pour revendi(pier le gouvernement ; le duc de Nemours, régent de droit , mais ne pouvant même faire valoir son titre, et se bornant à couvrir courageus(Mnent de sa personne sa belle-sdMir et son neveu ; le président (le 1 Ass(Mid)le(i mis en joue et expulsé par la violence de son siège ; les députés se retirant dans l'impossibilité de délibérer constilutionnellement ; deux des pouvoirs |)oliti(jues anéantis; le troisième envahi et asservi; des orateurs à la tribune ou sur leurs bancs, demandant d'urgiMice un gouvernement jtrovisoire ; moi, immobile, nuiel , spectateur de cette scène de ruine, réfléchissant en moi-même sur le meilleur parti à prendre pour .*;aisir cette anarchie et sauver des dernières catastrophes cet empire. Voilà littéralcMuent ma situation à deux heures après midi . le 24 février ISiS. .le rélléchis, je suis a})pelé par mon nom à la tiibuni» ; je n'hésite plus, j'y monte, je me prononce

(l'inslinct et d'urgciu'o pour la création immédiate d'un izouvcMiu'mcnt de nécessité, d'un gouvernement provisoire chargé d'étanclier le sang, de contenir l'anarchie, de gouverner la crise, de prendre les mesures de salut public, de consulter la nation, de renvoyer la souviMainclé aljdi(iuée et perdue à sa source, la Nation, et de préserver la >ociété par la seule main assez forte pour le faire, par la main du peu[)le luimême.

« Voilà mon rôle exact et complet avant et pendant les joui nccs de Février. Une fois la Constitution renversée sous le trône d'un roi (jui n'avait pas su la défendre, y avait-il en France un homme polili<iue, un citoyen plus libre que moi de tout engagement , de tout lien, de toute dépendance d'esprit ou de cœur envers la dynastie d'Orléans? Je le demande à tout homme de bonne foi , je le demanderais au prince lui-même.

« J'avais passé quinze ans à réserver cette indépendance aux dépens de toutes mes ambitions, de toutes mes fortunes politi(|ues. Je m'étais refusé obstinément aux avances du roi et de ses ministres ; je n'asais voulu avoir aucun rapport avec les princes et avec la cour: je ne connaissais la duchesse d'Orléans que par la renommée, par l'intérêt qu'elle inspirait à tous et par l'attendrissement sur ses infortunes; convaincu le 24 février, à deux heures, que la proclamation tardive d'un gouvernement de femme et d'enfant serait la perpétuité iïuiw révolution irritée par ce faible obstacle et qui l'emporteiait trois jours ou trois mois après dans des flots de sang , avais-je le droit de sacrifier une nation à un attendrissement? Avais-je une couronne à donner à tel héritier de branche illégitime contre tel autre? Avais-je l'obligation de reconstituer une dynastie de 1830 contre une dynastie de I8I0 proscrite? Élais-je l'homnie-lige d'une usurpation ou d'une légitimité? Non. Je ne devais de dynastie à personne; et je dirai i»lus, moi qui n'avais jamais désavoué mes respectueux souvenii s pour I Cnfant proscrit en 1830, si j'avais eu une dynastie à donner, ce n Cst pas à la branche illégitime que j'aurais restitué la propriété Niicanfr d'un trône.

« Mais il était évident pour moi qu'il ne fallait restituer tout ipi ù la souveraineté imprescriptible de la nation.

« C'est ce qui fut fait, non par moi , mais [)ar le cri du bon sms et du salut public.

« Quel droit l'écrivain auquel je m'adresse, a-t-il donc de me contester une liberté de détermination qui ne relevait (pie de ma cons<ience et non île lui ?

lf;s ANNEXE.

w Maintenant suivons l'écrivain dans ses souvenirs sur la route du roi vers la côte d'Angleterre et voyons de (luelles persécutions comparables à celle de la terreur n° \ , selon ses expressions, la Hépul)li(jue s'est souillée envers sa famille et lui!

« Voyons s'il est vrai que la révolution, acharnée contre un prince fugitif et contre une famille innocente, se soit déshonorée envers la majesté, la vieillesse, l'enfance, le malheur, le sexe, par des sévices (pii rappellent les j)rofanations du sang royal à d'autres épocpies? N'oyons si les dictateurs de Février ont cherché à faire obstacle au départ du duc de Nemours, des princes, des j)rincesses, des enfants^ du roi lui-nume? Voyons s'ils ont donné les ordres tes plus sévères pour empêcher l'évasion des Jugitifs? Voyons si Lamartine, entre autres, est coupable de n avoir pas donné avis au roi de la sauvegarde qu'il avait demandée au gouvernement pour ce prince par un message bien inf( ntionné ? s'il na rien fait pour procurer au roi des moyens de fuite ^ NDyons si ces sentiments généreux restèrent enfermés dans le sein ou dans le pupitre de Lamartine? et s'il nen a parlé depuis que pour la satisfaction de sa ranilé personnelle? Page 8 du récit.) Voyons (Miiiii si tous les actes de ce gouvernement , cette circulaire envoyée aux ports, ces mandats d'arrêt lancés à Paris contre la duchesse (l'Orléans et contre les ex ministres ne tendaient pas a pousser la populace aux violences et à faire courir au roi le danger presque certain dun assassinai -^ etc. ^ etc. (Jnand on imprime de piurillcs accusations pour l'Angleterre, a trente mois des événemei\ts et a (pn'hpies lieues de Paris, il faut trop compter sur la crédulité de TAngh'terre et sur le silence de Paris. Mais la France ne doit |)as se laisser dénaliM-er il ce j)()inl dans sa révolution devafit ll-airope. Si l'écrivain est mal informe, il tant cpi il a|ipreime ; s'il est le calomniateur d'une nation, il faut (ju'il .soit démenti. 11 ne lésera pas par des assertions, mais |)ar {\v> faits et des témoignages. Voici les faits et voici les (('moins.

u Aussitôt ipie les (piarante-huit premières heures de l'explosion el de la confusion réNt>lulionnaires, heures pendant lesijuelles le gou-

vernement , englouti dans le foyer de l'Hôtel de Ville, était sans rommunication avec l'extérieur de Paris et unifjuement absorbé dans ses efforts pour arrêter le sang , éteindre le feu, assurer les subsistances, recréer un ordre instantané, se faire reconnaître et obi'ir lui-même ; dès que ces heures, disons-nous, furent passées, le gouvernement s'occupa du sort du roi fugitif et de sa famille, 11 savait déjà par dos confidences vagues que la duchesse d'Orléans, protégée par (\o<' députés courageux, par (juclques officiers (idèles de sa maison, par quelques citoyens dévoués et par le général Courtais lui-même, nommé commandant de la garde nationale, avait trouvé un premier asile aux Invalides ; que cette princesse était partie de là nuitamment avec son fds sous la garde de M. de Montesquiou ; on supposait (jue c'était dans l'intention de rejoindre le roi ; on ne voulut pas s'en assurer d'une manière plus précise dans la crainte d'ébruiter la résidence temporaire de cette princesse, de contrarier les mesures (jue ses amis prenaient sans doute pour son incognito et pour son départ définitif: on détourna les yeux et l'attention publique j)our laisser s'accomplir sans inquiétude et sans obstacle le voyage d'une* femme et de ses enfants qui n'inspiraient que respect et douleur à tout le monrli». Quelques voix dans la foule qui entourait le gouvernement demandaient , sans intention de violence, qu'on s'emparât de la famille royale et qu'on la riMînt en otage jusqu'au déno lement de la révolution, |)ar mesure de sûreté contre les entreprises du dehors. Le gouvernement (it taire éncrgiquement ces voix mal inspirées. 11 déclara à plusieurs reprises, devant des centaines de témoins, (|u'il ne \ouIail point d'une prudence d'^^tat qui serait une cruauté (niveis des iimocents et une humiliation jiour un grand peui)l(\ Non-seulement il ne fut point question à THAfel de Ville de lancer des mandais d'arrêt contre les membres de celte faniill(\ de les i)oursuivre siu' l«>s routes, de leur fermer les froiUières et les ports ; mais, au contraire, le gouvernement se félicita unanimement de ce (pi'aucune nuiUeillance du peuple, aucune indiscrétion de zèle ne remettaient entre les mains de la révolution des personnes royales ou des personnages ministériels, contn» Ies(iuels il n'avait ni le droit , ni la volonté de sévir, et qu'il eût été peut-être embarrassé dans les premières lieures de remettre en sûreté ou en liberté ' .

1. On nie communique à l'inslant niie page de V Histoire du (iouremfwfnl l'ronsone. Celle hisloire , qui ne paiall cenc< pas érrite dans une inienlion de ii.alxeiilanie rtmire moi, conlienl ce|icndanl la plus elranKe, cl je la rroii. la plus in\olonlaire, inipulauon qui

(f Co ne lut (jiK' liuit ou dix jours après que je fus informé d'un mandiil cotitrc les ministres émané d'un maizislrat de Paris, à mon insu et à l'insu, je crois, de tous les membres du gouvernement. Je me hâtai d'aujioler ce magistral pour l'interroger sur ce mandat et pour lui recommander de le retirer sans bruit et de ne donnei' aucune suite à cette mesure, contraire à nos vues. Ce magistrat m'expliqua la cause' de cet acte, formalité judiciaire émanée de la cour de justice, formalité sai s opportunité et sans valeur; il pensait comme moi , et il me donna I assurance qu'il allait étouller dans le silence et dans l'inexécution un excès de zèle, une mauvaise habitude de paicpiet sans fondement et sans politi(pie. .lamais, à ma connaissance, il ne fut question de mandat d'arrêt contre la duchesse d'Orléans : j'en (întends paricîr pour la première fois dans le récit de l'écrivain de Londres; une pareille idée eût soulevé tous les esprits et tous les cœurs coimne le mien; jamais aucun ordre de fermer les routes, les frontières, les ports aux personnes (jui se retiraient de France, ne fut donné par le gouvernement. Par quelle inconséquence le gouvernement (pii abolissait les échafauds aurait-il pourchassé des victimes? et quelles victimes !...

« Il y a à Paris cent témoins et à l'Assemblée nationale plusieurs amis dévoués de la duchesse d'Orléans ; ils peuvent dire s'ils n'ont pas été appelés par moi au plus fort de la crise, non pour leur arracher le secret des asiles qu'ils avaicmt donnés, mais ]K)ur leur oflVir

;)it jamais rejailli .sur mon nom par suilc do jo ne sais (iiiolle aluMralion do laits, de sens (Ml (le mémoire. Voici reUe jiapo :

■ l.e 27 février, on informa le gouvernemeiii que la diulie.sso d'Orléans élail arréloe À n Manies. M. Jules de Lasteyric acrouriil à l'Urtlel do Ville pour obienir un ordre d'elara gissemenl. Tous les mcmliresdu Konverncnieiil y consenliroiil, un seul exreplo. C/eiaii o M. do Lamartine. " Le Pen|tle seul , disait-il, a le droit do pronomer. " Aux instaures "de M. de Lasieyrio , il répondit : " i.o salut du pays repose sur ma popularité, je ne « veux pas la rixiuor. " Ce fut M Alliort (|ni , par une clialourou>e intervention, décida 0 .M. do I-amartino à se relâcher de ses rigueurs. »

Kt pins loin , après une citation aussi conirouvée d'une soi-di.sant conversation à ce niouionl eniro l'envoyé de lliissie. M. do Ki>solefl", et M. de i^amartino :

• M. do Lamartine proposait, dit l'ocriv-iin .si mal informe, de inotirc en arrestation la a priiirc»se , et d'aitemlre les cirronslances pour la garder on la relAclier; se.s rollégne.s « refnsi rent »

llopondro à do piioils reiiversemenis de sens et de faits sérail aussi puéril ^ moi (pie de repondre à l'ai cus.ition d'avoir présente le drapeau roiipe. le fusil à la main . à l'IhMel de Ville, pendant (jue jo le repoussais, ou d'avoir demande (ju'on olovid la guillotine sur la |daco do la llovolnlion, |iondaiil que je ledigcais l'aliolilion de l'orliafaud. (.'est :'i mes collogui's. aux mm siics presonts, aux lomoiiis et aux faits de roptuidre. On n'a qu'à lire le récit l'i-dessiis , cl a évoquer les lemoignages ciles, vivants el proM'Uls en si grand noniliro autour de moi : tout est la.

ANNKXE. i7l

les moyens d'assurer, de concert avec eux, la sortie de France des princes, des princesses et des enfants, objets de leur respectueux dévouement. Voilà la vérité sur cette partie de l'accusation.

« En ce qui touche le roi , la reine et les personnes de la fannlle d'Orléans qui s'élaient retirées de Paris le 2i février, au malin, par la route de Saint-Cloud , le gouvernement , enfermé à l'Hôtel de Ville et dans Paris, était sans nouvelles. Les communications n'étaient point rétablies; l'administration, révolutionnée j)artout , n'était recréée encore nulle part ; les rumeurs les plus diverses arri\ aient à l'IlAtel de Ville ; les uns disaient que le roi s'était retiré dans le Nord , les autres dans la Normandie ou dans l'Ouest, (ju'il avait re|)lié les trouju-s et se disposait à marcher sur Paris; les autres afiirmaicnt (jii'il s'était embarqué au Havre ou à Boulogne, et (ju'il était déjà à Londres. La plus complète incertitude régnait les premiers jours sur ses intentions, sur son sort et sur sa direction. On ne tarda j)as à a|)prendre qu'il avait pris la route du château de Dreux et qu'il y attendait vraisemblablement les résolutions du gouvernement. Quehpies lunires après, on apprit confusément qu'il était reparti de ce dernier asile et (ju'il cherchait sous un déguisement à se rai)procher de la côte, dans l'intention sans doute de se réfugier en Angleterre.

« Le gouvern(»ment , dans la première séance régulière et intérieure (ju'il eût |)u a\()ir jus(iue-là au milieu des tumultueuses aflluencos à rilôtel de Ville, se posa alors pour la première fois la (juestion (!(» la conduite qu'il avait à tenir à l'égard du roi détrôné, il n'y eut qu'une voix, comme il n'y avait qu'une convenance et qu'un sentiment : éviter à la révolution une occasion, un prétexte, un danger de se flétrir à ses j)roi)res yeux et aux yeux de l'histoire \y,\y une apparence de rigueur, de persécution, d'irrespectuosité même envers le prince qui avait gouverné la France, envers sa famille innocente, envers l'infortune. Laisser fuir le roi , prêter môme secours et dignité à sa retraite du sol frauijais, garantir sa j^ersonne de toute vi(tlence, de toute insulte, ses biens j^ersonnels (l(> toute confiscation, le fiiire escorter et embanjuer, s'il venait à être decoinert . ;i\ec hi vigilance d'un gouvernement humain, avec la d('*cence d'un peuple (pii se res- |)ecfe dans l'homme (jui fut son chef. Telles fur<'nl les résolutions, telles les paroles uniiniines ; plus de cin(|uante tentoins de cette si'ance les entendirent et sont là pour les jitlester.

n2 ANNEXE.

« L'exécution voulait des prudences et des ménagements extrêmes a\(T l'émotion du pcu|)l(' partout debout , partout armé, et dont l'irréflexion, au premier moment, pouvait confondre les égards avec la traliison. Bien ne fut écrit. Je me chargeai seul et per^onnellement de toutes les mesures, confidentielles de leur nature, qui devaient assurer l'acccimpiissemcnt des \ ues (riuimanilé du gouvernement et la préservation de la sûreté du roi et de l'honneur de la luition.

« J'ai i!i;(' grande poj)ularité en ce moment , dis-je à mes collègues, «je prends ^ir moi de la compioineltie et delà juM-dre au besiun a avec honlieur pour évitei- un grand péiil et une grande honte à la « révolution, si elle Nenait à niaïKjuer à ce cpi'elle se doit à elle-même « (Ml niaM(juant aux sûretés et aux égards qu'elle doit au roi détrôné. « Je prends la responsabilité, sil y en a. tout entière. Je no crains « j)as d'encourir les soupçons et la colère de ce |)euple, jiour lui o\)i\r- « gner plus tard un regret et un eudjarras. Je vais chercher les traces « du roi là où elles doivent être connues. Je vais choisir des personnes « sûres et dévouées pour les envoyer sur son passage, pour respecter « son incognito s'il n'est pas révélé, et |)our se montrer, en cas de « nécessité, avec un caractère ofliciel , s'il est besoin de protéger « les fugitifs contre une émotion du |)(Miple.

« Ce n'est pas assez : dans leur fuite soudain(\ le roi et sa fanulle « sont partis, dit-on, dépourvus d'argent; il ne faut pas (pi'une « famille (pii fut royale en Kraru'e arrive à l'étranger dans le dèiuie- « ment d'une hospitalité mendiée : nous lui ferons passer dans (inel- « (jues jours sa fortune; mais, en attendant, il faut des fonds sufli- « sants pour assurer le (léi)art , l'ariivée et l'existence du roi dans le « séjour (piil aura choisi. Donnez ordre verbal, ici, au minisire des « liiiances d"or(lounanc(>r une somme de 300,000 IV. (lu'il tiendra à « ma dis|U)silion pour cet usage, alin qu'il n'y ail jtas une heure de « retard «Mitre le monuMit où je découvrirai I asile du roi et 1«> moment « où je ferai j)arlir mes connnissaires conlidcMùiels sur ses traces. »

Cela fut lail. M. (ioudchaux est là jtour att(^s!(M' l'existiMice d(> cet (udre. Je (piill.ii uu niouHMit 1 llôud de \ ille. Dans la soiré(\ je rentrai chez moi ; je li> apjjehM' d(Mix honunes fiMUK's. courageux, libéraux, et respectutMix à la fois pour le trône, portant l'un et l'autre un nom agréable au pcMiple et non suspect à l.i libcMté. }f. Oscar de Lnfnyrttr et M. Frr(/in(iii(i de I.nsteyrir ; je l(Mir conuuuni(piai la nùssion de vrai p;ilriotisM)e et d humanité dont je les chargeais ; ils I acceptèrent. Je lein ;iil|(ii MIS d«Mi\ hommes d(» mon intimité p(M>onnelle. d'opinions indepiMidant«»s el de siMitir.UMils tres-éle\es. dont j'étais sûr

comme de moi-même, M. de Champeaux, ancien officier de la garde royale, et M. Dar;^aud , attaché par moi an cabinet des affaires ctrangères; je leur donnai l'ordre de se tenir jour et nuit à ma disposition, afin de partir à la minute pour le lieu que je leur indiquerais suivant l'itinéraire du roi , quand je serais parvenu à le connaître ; je rédigeai et signai leurs instructions ; je fis charger ma voiture de voyage, et je la tins avec la somme nécessaire ( 50,000 fr. ) , à la disposition de ces commissaires. Cela fait et la nuit venue, je sortis et je me rendis, accom[)agné de M. de Champeaux, chez M. de Montnliret , ministre de la maison du roi et ami de ce prince. Je savais que le roi avait écrit de Versailles et de Dreux à M. de MontaliveL pour (juelques dispositions personnelles, .le ne doutais pas que ce ministre n'eut des confidences plus explicites des intentions du roi et (ju'il ne connût sa retraite ; je lui fis part des dispositions du gouvernement provisoire et des miennes ; je lui communiquai les mesures que je venais de prendre pour faire suivre et protéger au besoin contre tout ol)Stacle et contre toute insulte la famille royale : je le conjurai iW s'ouvrir avec une pleine confiance à moi et de me révéler la retraite de Louis-Philippe. « Vous voyez, lui dis-je, que je ne crains pas de me « compromettre pour cette œuvre de salut pour le roi et de dignité « |)our la France, puisque je viens moi-même, seul et nuitannnent . « m'exposer aux soupçons du peuple en recherchant \\\\ <Mitrelien « avec le ministre confident du jw-ince contre kuiuel ce peuple est « animé en ce moment. Cette démarche hardie, dans une telle cir- « constance, doit vous être un gage de ma sincérité. »

H iM. de Montalivet , qui avait montré tant de courage (>t tant de zèle dhumanité lui-même en 1830, pour épargner un remords à .son pa\s. à l'époque du procès des ministres, parut vivement touché de mon procédé ; il m'assura (]u'il était juscjue-là dans la même ignorance ipie moi sur la route ultérieure du roi et sur le lieu où il se dérobait aux regards; il me promit de m'informer aussit("il (pie {W:r< renseignements précis l'auraient instruit lui-même de la retraite du roi, ne mettant â cela d'autres réserves (jiie celles ipii lui seraient commandées par la discrétion obligatoire, dans le cas où les ordres du roi lui inlenliraient de rien révéler.

« Ceci S(» passait le troisième jour après la re\olution accomplu» .i

Paris, .le rentrai chez moi en attendant d'heure en heure un avis de M. de Montalivet. Je m'abstins avec grand soin, pendant cet intervalle, de faire faire aucune recherche personnt^lle (hms les heux où je prcsumnis (pie la famille royale pouvait s'être cachée, craii2;nant avec raison (jue cette reclierche du gouvern'Muent . bien qu'elle n'eût pour objet que le salut de cette famille, ne révélât trop sa retraite et ne donnât lieu à des émotions et à des pressions populaires que nous voulions, au contraire, éviter à tout prix aux fui^itifs.

« Le sixième jour, ne voyant arriver aucune information de M. de Montalivet, et madame de Montalivet étant venue elle-même me communi(pier ses anxiétés d'esprit sur ce (jui pouvait arriver au roi dans sa fuite : « Le roi , lui dis-je. s'expose en ne faisant i)as révélera « M. (le Montalivet et à moi sa retraite. Il serait dani^ereux ou pénible a (jue cette retraite fût découverte par des hasards malheureux ou « des fureteurs officieux ; le pays peut s'alarmer pour sa sûreté a nationale d'une résidence plus proloniîée sur son territoire, on junit (( y soup(-oniuM- (Us intentions d'aLcression contre la révolution; au « nom (lu ])rince que vous aimez et (h\ pays, dont je sais que M. de « Montalivet est un citoyen irréprochable, mettez-moi sur la voi(^ et (( laissez-moi faire partir l(\s hommes sûrs et prudents (jui sont char- « gés de i)ourvoir honorablement à tout. »

(f Madame de Montalivet m'affirma encore que son mari n'avait pu rien apprendre de positif sur la demeure du roi, .le ]H>nsai «pie ce prince crai;^nait peut-être de devoir quel(iue chose au ^gouvernement révolutionnaire : qu'il préférait sans doute devoir tout à la discrétion de ses amis et à la Providciu-e. .le compris ces raisons; je crus entrevoir que M. de Mo:.talivet lui-même avait ordre de ne rien révéler a ceux (pie le roi rei^ardait sans doute connue ses ennemis, .le respectiii ces susceptibilités de la diG;nité et du malheur ; je n'insistai pas et je prévins toute rccheiche iill('Mi(Mn(\

« Deux jours api'cs je fus iuronné i]^^ circonstanc(S plus j^récises de l'évasion du roi. Peu ui'inip irtait coiniuent la famille royale était en sûreté, pourv\i (ju'elle n'eût eu à subir ni |)oursuite, ni insulte, ni captivité p;ir le lait de la Kraïuc. .le lis remettre les 50,000 fr. au trésor, déchanter ma voiture, et je remiuriai l(>s conmiissaires du d(*vouement (pi'ils avaient accepté inufiltMuent . mais honorablement.

« Tels sont h^s détails authentiques de ma conduite |)ersonnelle et (l(^ colle du lîouvernemont j>rovisoire , relativement au départ du roi On \oit (pie les témoins ne inanqutMit pas pour me diMiientir, si l'écrivain veut en consulter; on \oil que ces témoins sont tous ici; onNoil

de plus, encore, qu'ils ne sont pas choisis parmi les ennemis du roi ni bien loin do sa personne; on voit, pour ré|)()n(ire catéîroriquenient à l'écrivain , (jue M. de Lamartine ne garda, ni dans son sein ni dans son cabinet, les bonnes intentions du gouvernement et les siennes propies, (}uant à la liberté, à la sûreté, à la dignité de la sortie du roi du territoire ; on voit enfin que, si les mesures prises à cet égard (mesures (jui ne pouvaient être ébruitées sans causer une émotion au moins pénible autour de la famille royale) n'eurent pas Teffet que le gouvernement et M. de Lamartine en alendaient, ce n'est pas à M. de Lamartine ni au gouvernement (pi'il faut s'en prendre , mais ii la susceptibilité très-digne et très-naturelle du roi lui-même, et à la discrétion peut-être excessive, mais obligatoire, de son ministre et de son ami.

« Du moment où le roi refusait de laisser connaître son asile pour y recevoir les sauf-conduits , les sûretés et les respects même qu'une nation sans colère, un gouvernement sans haine, un ministre attentif et des commissaires l)ienveillants lui offraient , (ju'avaient à faire le gouvernement et M. de Lamartine? A fermer les yeux et à éviter autant qu'il dépendait d'eux qu'une indiscrétion ou une surprise ne compromissent malgré eux Vincognito d'une évasion (jui nctlevait êtn- (juim dé|)art.

« A qui l'écrivain d'outre-mer persuadcra-t-il , après ce (ju'on Nient de lire, que si le gouvernement, à demi informé et pouvant l'être davantage , avait voidu fermer les loules . murer' les côtes, surveiller les (Mubarcations, émouvoir ses agents et les jiopulalions autour de la retraite probable du roi, il neùt |)as pu, en huit jours, apporter obstacle au départ de la famille royale? Mais , indépendamment de tout sentiment de respect de soi-même et du malheur, du sang , de l'Age et du sexe {\('<^ fugitifs, et en supposant un gouvernement de sbires et d'in- (piisiteurs au pouvoir, |)ounpioi >L de Lanuuline et le gouvernement humain etde sang-froid du 24 février rauraient-ilsfait?Que[K)uvait-ilen revenir d'utile et de glorieux à la |>atrie ou à la Hépubli(iue? Le gouvernement voulait-il rouvrir la jirison du Tenq)le , ou re|)oS(T devant une nation génércMise et |)ure l'horrible (pieslion tl'un 21 jansier? Ah '. si cela fait honte à penser à ceux cpii le rêliilenl, cela devrait faire horreur à supposer à celui qui l'écril. L'écrivain d'outre -mer se reporte à des années et à d<»s actes dont nous sommes séparés par d(»s abimes de temps, de sang et de larmes, il ne connaît pa> l.i France, il n'est j>as de sonépoipje; le lantênietle I7î»{ lui est apparu! Ou d le chasstî et (pi il se iap|ielle (piil parle de 18 is! S il y a eu i\r<

faiblesses et des égarements à cette dernière dale , ce ne furent du moins que des faiblesses de cœur et des égarements dhumanité!

« Et si cette conduite de Lamartine et du gouvernement fut telle (juant aux personnes de la famille royale couvertes par le izouvernement. de réserve, de discrétion , de facilité de retraite et de silence, clic fut telle aussi (iiiaiit ;iii\ biens.

« Aussitôt (jue l'autorité, perdue dans le sang, eut été ramassé(» . recon(ji]ise et reconstituée d'urgence et de nécessité dans le tumulte de I Hôtel de Ville et dans la fumée des coups de feu , le gouvernement , aidé par l'immensité des bons citoyens, envoya arrêter le sac de Neuilly ra\agé j)ar des bandes cpii ne sont que l'écume des révolutions, et |)iéscrver les Tuileries et les maisons royales des désordres • |ui menaçaient les pro|)riétés nationales et les propriétés personnelles des membres de la famille royale. On vint plusieurs fois du dehors poser devjmt le gouvernement la (jucstion de la confiscation politi(pie des deux ou trois cents millions de biens possédés par une maison royale, adversaire-née de la Hépublicpie, et pouvant, par des mas.ses de fortunes si disproportionnées aux loitunes des simples citoyens, donner des in(juiélu(l(>s ;'i la liberté et ncheter au besoin le |)ouvoir suprême, en corrompant l'élection ou en soldant l'opuiion. Le gouvernement s'y refusa avcM- un impassible respect du droit comnnin. " Résolus à j)réserver pour tous le dioit sacn'i et fondamental de |)r()- « priété liéréditain», nous ne voulons pas. dirent ses UKMubres . déca- « |)iter la piopriété personnelle même dans la |)er.sonne des i>i(>len- « danis monienlanément écartés, non proscrits. Un |>rincipe meurt par « une seule exception , (pielles que soient les raisons spécieuses qui w la motivent. Nous voulons (pie le |>rincip(^ de propriété vive et sur- « \ ive dans l'intérêt des ramilles ;i t(Mi> les cliangenuMits de forme dans « b'S gouverniMnents. I a démocratie n'i'st ipie la propriété mieux a assurée et plus acce.*;sible à tous. Une conliscation serait un conlre- « sens à la démocratie. Nous préviendrons pendant ()U(»l(pu» tenq»s, « par une prudente tutelle, l'usage de guerre civile (|ui pourrait être « fait de ces rcNcmis et de ces capiliuix accumulo diuis d«'s mains « liostdes . mais nous n'y toucherons pas et nous les n*stituerons i( comme un dépôt au roi et à sa famille , aussitôt (]ue la crise sera u traversée et la nation reconstituée dans sa souveraineté. »

« Cela fut dit textuellement et cela fut fait. Nous nommâmes deux hommes irréprochables et que le roi lui-mt^me aurait acceptés, d'abord M. Lherbette, puis sur son refus, M. Vavin, adininistrateur des biens royaux. Ces noms étaient une irarantie dincurruptihihlé pour la nation, de bienveillante impartialité pour le roi. Nous lui fîmes donner l'assurance souvent répétée, ainsi qu'à ses enfants, qu'aussitôt après la réunion de l'Assemblée constituante, ses revenus et ses biens lui seraient remis intégralement.

« Si l'écrivain d'outre-mer veut s'obstiner maintenant à douter de ces actes et de ces paroles , nous lui nommerons les généraux , les aides de camp du roi , les chargés d'affaires de France à Londres , les personnages de son intimité la plus immédiate venus plusieurs fois à Paris, pendant les mois de mars et d'avril et chargés d'exprimer, en exprimant d'eux-mêmes à Lamartine, la justice que le prince exilé lui-même rendait alors aux égards et aux sentiments de ses prétendus persécuteurs. Aujourd'hui il est de bon goût, à Londres comme à Paris, d'invectiver un homme inutile et d'accuser une terreur ih* fantaisie qui n'a ni conlisqué un centime , ni emprisonne un citoyen , en six mois de toute-puissance. Mais il y a un lendemain de vérité, même à ces lendemains du l'oubli. Les heures enqxutent les pensées des hommes, elles n'emportent ni les faits ni les témoins. Ce sont des témoins et des faits que nous opposons aux oublis de l'écrivain d outremer. Le cabinet de l'hôtel des affaires étrangères a entendu à ce sujei des paroles ({ui ne me permettront jamais de croire à la sûreté de la mémoire de M. Croker. On ne remercie pas par tant d'organes ceux qu'on se réserve de flétrir devant l'avenir.

« Je n'irai pas plus loin dans l'examen de aA écrit, .le craindrais que la plus involontaire récrimination contre l'écrivain d'outre- nier ne fit rejaillir une jjcine de plus sur l'exil. Ce n'est |)as pour denwuuU'r grâce aux retours éventuels de fortune (pie je reliens ma rectili( iitmii dans les limites d'une simple discussion des faits; c'est i»our faire le sacrifice démon émotion même, au malheur et à l'ostracisme, les deux puissances qiit" je vénère le plus parce (pTclles sont des puissances désarmées, des toutes-puis.<an<'es sur le cœur.

i78 ANNEXE.

« Et quelle gnVe aurais-je à demander à la dynaï^tie (h" .Iiiillet . si jaiTiJiis pour son malluujr elle revenait affronter et prov(Kjii»'r de pins révolutions sur le trône de 1830? Ce nest pas moi qui lui ai oilert ee trône ou (pii liii engagée à y monter à la place d'un [>auvre exilé 1 Ce n'est pas moi (jui ai mendié ou même acce|)té une seule de ses faveurs î Ce n'est pas moi (jui ai lait la coalition parlementaire contre cette <lynaslie ([ue je ne piélérais |)as, mais cpie j'acceptais. Ce n'est pas moi <iui ai précipité le roi du Irùnc en lHi8.Je ne me suis jeté dans l'évéïn'iiu nt qu'après (pie le trône était brûlé aux Tuileries et que la royauté de 1830, entourée la veille de cinq cent mille soldats fidèles et d'un izouvernement en ap|)arence invincible , s'exilait d'elle-même au bruit du canon de Paris. Ce n'est pas moi (pu l'ai [)oursuivie dans sa retraite ou insultée dans son exil !

« Mais c'est moi (pii ai dit à la nation , après la révolution accomplie : « Sauvez-vous vous-même sous le !j;rand droit de nation (>t sous « la grande souveraineté de tous! mais sauvez-vous sans crime , sans « s|)()liation, sans offense même à la jyitié. Soyez Hepubliipie provi- « soiie trois mois pour vous reconnaître et vous consulter, sovez « ensuite ce (jue Dieu vous inspirera et ce (jue la volonté nationale « proclamera de meilleur jmur \oiis; et en atttMulant, soyez irrépro- « chable envers les vaincus , et montrez au inonde une Képubliqiie « innocente (jue tout le inonde aura le droit de haïr, mais ipie per- « sonne n'aura le droit d'incriminer ! Vous aurez fait faire ainsi un pas « d'un siècle à la démocratie. »

« C'est là mon crime, sans doute, aux yeux de l'écrivain d'outre-mer; il aimerait bien mieux (pie la Hépublique naissante se fût souillée, sous notre inspiration, par des sévices, des outrages au nudheur, des persécutions, des barbaries: et ih> |)oii\aiit trouver ces actes sauvages on nous, il les invente. Notre grand crime, je vais le lui dire, c'est d'avoir préservé la revoliilion de tout crime! Mais malgré le plaisir (pi il se |)romet de me \oir demander grike un jour à la ilynaslic de 1830, je lui promets, moi , de ne demander grAce de ce crime-là ni à lui, ni à la (bnastiede 1830, ni à la République, ni à l'histoire ! Il faut (piil en prenne son parti, jevi\rai et je mourrai dans rimpenitence linale , cl je ne cesserai de répéter à la Hepubli(pie : « Votre force est dans \(»lre « innocence. Hestez irréprochable et vous serez impérissable! Quelle u est la monarchie récente cpii i)uisse en dire autant? »

« (^)uoi (pi il en soit d(M'et acte si tardif d'accusation , nous per.-^istons à croire (pi il n émane pas de la source si haute à hujuelle on le fait remonter. Si les ré\olulions , et surtout les révolutions involon-

ANNEXE. i79

tairos, inalU'ndiics , sans prénu'ililation et sanscolèro, comme celle (le IS48, suni tenues d'être magnanimes, respectueuses et mt^me consolatrices envers les royautés victimes de leurs propres fautes et envers les familles royales, victiuies plus innocentes encore des fautes di* ers royautés, les princes précipités ou descendus d'eux-mêmes du trône t'i relégués temporairement, sans aucune autre injure que celle de la destinée, dans un honorable et splendide exil, sont tenus de leur côté ;i la justice (le leurs griefs et à la décence de leur malheur. La Hepubli(pie de 1848 n'a pas man({ué à son devoir, le prince ne mancpiera pas à sa situation. L'histoire les regarde l'un et l'auln^ ; ils se sousicndiont , pour leur dignité mutuelle, (juilssoiit en fiice du temps.

FIN DE L ANNKXK.

DU

SECOND voll'ml:.

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