‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 33 sur 216 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

confinement dura neuf jours ; ces neuf jours étaient employés par le général Rumigny, par le général Dumas et par quelques affiliés à procurer au roi des moyens sûrs d'embarquement pour l'Angleterre. Ce prince et ses amis ignoraient que le gouvernement avait autorisé Lamartine à leur procurer lui-même, avec les égards et les prudences dus au péril et à Tinfortune, ces moyens de fuite.

Le roi craignant d'être reconnu et arrêté au Havre, s'il s'y rendait pour y prendre le paquebot d'Angleterre, alla de nuit de pied à Trouville. Un négociant deTrouville,M. Gueltier, lui donna asile pendant deux jours. D'après le conseil de son hôte, le roi se déc'da à fréter un bateau pêcheur du port de Trouville pour se faire conduire en mer à un paquebot anglais. Le premier patron auquel il s'adresse soupçonne, marchande, et veut faire payer exorbitamment son service; on le congédie. Un autre soupçonne aussi qu'il s'agit de sauver des fugitifs, il ofire gratuitement sa barque par générosité ; on accepte son dévouement. Mais le premier, jaloux et honteux, informé du départ projeté de son camarade, divulgue le mystère et le dénonce. Le roi, instruit des rumeurs qui circulent dans la ville, redoute des recherches domiciliaires auxquelles ces rumeurs vont donner lieu. Il change d'asile et revient enfin, la nuit, par des chemins boueux, sous la pluie, découragé, harassé et se croyant poursuivi, dans la maison de jardinier où Tattendait la reine. La cote semblait se fermer devant eux; l'enthousiasme pour

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