‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 42 sur 216 · LIVRE DIXIÈ^IE · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈ^IE

rable scrupule. M. Vavin fut supplié d'accepter. Chaque fois que la question fut reproduite devant le gouvernement , elle fut traitée et résolue dans ce sens par la majorité du conseil. C'est dans cette pensée et dans ce régime intermédiaire que le gouvernement attendit l'Assemblée nationale. Elle les adopta en leur donnant l'autorité et la dignité d'un grand peuple.

Lamartine traita plusieurs fois dans ce sens ces questions de propriété privée des princes et des princesses avec les ministres d'Espagne et du Brésil. Tout ce qu'on a raconté de l'autre côté de la Manche de la rapacité et de la dureté de la République envers le roi, les princes, les princesses et les ministres, est controuvé. Voilà les proscriptions et les spoliations de son premier gouvernement.

Les craintes de guerre civile que la présence du duc d'Aumale à la tête de l'armée d'Afrique laissait dans les esprits ne tardèrent pas à se dissiper. Le gouvernement avait nommé le général Cavaignac gouverneur général de l'Algérie. Ce nom de Cavaignac était consacré chez les républicains par le souvenir du frère aîné de cet officier. Godcfroy Cavaignac était un nom à la hauteur du nom de Carrcl dans l'opinion républicaine. Il était mort avant l'avènement de son idée ; son idée portait son deuil ; elle lui rendait hommage dans la personne de son frère. Le frère était lui-même

8H IU':\ (M.rilON DH 18iS.

im oflicier de rcnoui. Il avait su mériter la confiance de TaiMnéc par sa bravoure, et sans répudier les traditions de son frère et les aspirations de sa mère à la répul)li(jue, il avait concjuis Testinie et la confiance des princes. La franchise de ses opinions le couvrait, la franchise ne conspire pas. Il élait incapable de trahir. Le duc d'Auniale, en apprenant l'abdication de son père, adressa à son armée une proclamation et une adresse dignes des premiers temps de la première Républi(iue, où Lhomme s'elfaçait devant la [)atrie.

(( Habitants de l'Algérie,

« Fidèle à mes devoirs de citoyen et de soldat , je « suis resté à mon poste tant que j'ai pu croire ma pré- « sence utile au service du [)ays. Cette situation n'existe (( plus. M. le général Cavaignac est nommé gouverneur « général de l'Algérie. Jusqu'à son arrivée à Alger, « les fonctions de gouverneur général de l'Algérie par (( intériin seront remplies par le général Changarnier.

« Soumis à la volonlc^ nationale, je m'éloigne, mais (( (lu fond (le l'exil tous mes vœux seront jxxir \otre « prospérité et pour la gloire de la France, (jn(> j'aurais « voulu ser\ii' plus longtemps.

« IL d'OrliUns. »

« L(* gcMUM'al (IhanginniiM' remplira |)ar intérim les » foiielioiis tle gouverncMir geiuMal juscpi'à l'arrivée i\ « .Vlger de M. le géniMal (Cavaignac, nonune gouvcr- « ueur gcMieiiil de l'Algérie. Ln \\\c sépaianl d'une

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