‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 65 sur 216 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

combat et non d'anarchie, il aspirait à régulariser promptement la victoiic, à garder la confiance des amis qui avaient conspiré et combattu avec lui, à conquérir l'estime des vaincus, la reconnaissance de Paris, à légitimer sa conquête par ses services, et à changer le conjuré en magistrat. Il aimait le peuple, mais il ne le flattait pas dans ses excès, pas même dans ses rêves.

Lamartine lui parlait souvent du danger des propagandes communistes de ses amis du Luxembourg et de la nécessité de ramener ces théories du bouleversement social à la mesure d'institutions d'assistance, d'instruction, de secours, de travail, d'accès à la propriété pour les prolétaires. Caussidière était pleinement de cet avis. « Le socialisme m'embarbouille, lui « répondait-il avec mépris. De l'ordre, du travail, de « la fraternité en action et pas de chimères. »

11 aida puissamment Lamartine à contenir les réfugiés polonais, allemands, belges, italiens, qui voulaient entraîner la République dans des guerres d'agression forcée pour des intérêts de factions étrangères. Au commencement, ces complots avaient paru sourdement, sinon favorisés, au moins tolérés et encouragés par des hommes très-rap|)rochés du gouvernement. Lamartine fit comprendre à Caussidière le danger de ces tentatives qui soulèveraient l'Europe contre la République, et (jui renoueraient une coalition; une politique plus loyale et plus habile dans sa loyauté rendait cette coalition impossible.

128 HKVOI.UTIOX DK 1818.

Une femme exceptionnelle par le style, et un orateur d'élite, madame Sand et M. Jules Favre, prêtaient alors l'assistance de leur talent à la [)olili(iue du ministère de l'intérieur.

Madame Sand , accourue au vent de la révolution , avait vu Lamartine à son aiii\ée à Paris. Le ministre des affaires étrangères s'était efforcé de conquérir à ses vues ce génie viril j)ar la forme, féminin par la mobilité des impressions. Il avait eu un entrelien de plusieurs heures avec cette femme im[)ortante dans une crise où la tempête populaire ne pouvait être gouvernée que |)ar les vents (ju'on ferait souiller sur ces vagues. Il avait convaincu madame Sand (jue le salut des institutions nouvelles ne pouvait être (|ue dans la ré[)udiation soudaine, éneF'gi(iue et complète des excès et des crimes (jui a\aient deshonoie cl perdu la première révolution; il l'avail conjuiee de prêter la force dont Dieu ra\ail douce, à la cause de Tortlre et dv la moralisation du peuple Elle le lui a\ail promis a\ec cet accent d'enlhousiasme passionne (jui révèle la sincérité des convielious ; elle lui a\ait demande (piclqucs jours seulement j)()nr allci- [\i\\\> le Herri nicllre or(lr(^ à ses affaires; elle dcxail, a son retour, rédiger une feuille populaire (jui sèmerait dans l'espril des masses les principes de paix, d(^ di>eipline et de fia-

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