‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 94 sur 216 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

« Si vous nous demandez quelle République nous « entendons par ce mot, et quels principes, quelle « politique, quelle vertu nous souhaitons aux répu- (( blicains que vous allez élire, nous vous répondrons : « Regardez le peuple de Paris et de la France depuis « la proclamation de la République! »

« Le peuple a combattu avec héroïsme.

« Le peuple a triomphé avec humanité.

« Le peuple a réprimé l'anarchie dès la première « heure!

« Le peuple a brisé de lui-même aussitôt après le a combat l'arme de sa juste colère. Il a brûlé l'écha- « faud. Il a proclamé l'abolition de la peine de mort « contre ses ennemis.

« Il a respecté la liberté individuelle en ne proscri- « vaut personne, il a respecté la conscience dans la « religion qu'il veut libre, mais qu'il veut sans inéga- « lité et sans privilège.

« Il a respecté la propriété. Il a poussé la pro])ité « jusqu'à ces désintéressements sublimes qui font Tat- « tendrissement de l'histoire.

« Il a choisi pour les mettre à sa tète partout les « noms des hommes les plus honnêtes et les plus « fermes qui soient tombés sous sa main. H n'a pas « poussé un cri de haine ou d'envie contre les for- « tunes, pas un cri de vengeance contre les personnes, (( Il a fait, on un mot, du nom du peuple le nom du « courage, de la clémence et de la vertu.

« Nous n'avons ([u'unc seule instruction à vous

I8i iîKVOLUTION DE 18i8.

« donner : inspirez-vous du peuple, imitez-le! pensez, « sentez, votez, agissez comme lui!

« Le gouvernement provisoire, lui, n'imitera pas « les gouvernements usurj)ateurs de la souveraineté « (In peuple qui corrom[)ai(Mit les électeurs , et qui « achetaient à prix immoral la conscience du pays.

(( A (pioi bon succédera ces gouvernements, si c'est « jxnir leur ressembler? à cpioi bon avoir créé et adoré (( la Ré[)ublique, si la Républicjue doit culivr dès le u premier jour dans les ornières de la royauté abolie? « Il considère coujme un de\uir de rrjiaudro sur les « opérations électorales cette lumière (jui éclaire les « consciences sans peser sur (^lles. Il se l)orne à « neutraliser l'inlluence hostile de Tadministration « ancienne quia perverti et dénaturé Télection.

« Le gouverneuKMil j)i()visoire veut (jue la conscience « publi(jue règne. Il n(^ s'inquièti^ pas des vieux parce lis. Les vieux partis ont vieilli d'un siècle vi\ trois (( jours ! La Képublicpie les convaincra, si elle est sure « et juste pour (Mix. La nécessité est un grand maître. (( La U("i)id)li(|ue, sache/-l(* bi(Mi, a le l)onheur d'être « un gouvcrnemenl de néc(\ssil('. La rcllcxion est |)0ur « nous : On ne peut pas remonter aux loyautés impos- « sii)les. On uo v(Mil |)as (h^scendre aux anarchies « inconnues. On sera rc|)id)licain j)ar raison. Donnez « seuIciiKMil sûreté, libcM'té, respect à Ions; assurez (( aux aulres rindcp(MidanC(* d(^s sulïragis (pie vous « NoniiV. pour \()us. Ne regardez pas quel nom ceux « (pie vous croyez vos ennemis écrivent sur leur l)ul-

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