LIVRE DOUZIËMK
« la plus périlleuse et la plus agitée, ne peut pas être « gouvernée par deux politiques contradictoires. (( Sachons donc une fois pour toutes , s'il y a deux a politiques inconciliables parmi nous, et à laquelle « des deux vous donnez votre adhésion. Sachons-le (( et faisons-le savoir au pays, car la politique (jui a « été imprudemment manifestée dans la circulaire du « ministre de l'intérieur soulève le sentiment public. c( Il faut qu'elle soit ou rectifiée ou commentée d'un c< concert commun, ou que nous nous divisions sans « réconciliation possible. Voici la proclamation (juo « je propose au gouvernement comme texte des opi- « nions que je crois celles du pays, celles du gouver- « ncment, comme elles sont les miennes. Je vais la lire « au conseil, et la délibération qui s'établira sur ce « texte, tranchera la question des deux politiques qui c( doivent diriger nos commissaires, rassurer ou déclii- « ror la nation. »
Il lut alors le projet de proclamation que voici :
« Citoyens,
« A tous les grands actes de la vie d'un peuple, le i( gouvernement a le devoir de faire entendre sa voix c( à la nation.
« Vous allez acconiplir le plus grand acte de la vie « d'un peuple, élire les représonlauts du pays, faire « sortir de vos couscienccs (*t de nos sulïniucs non u plus un gouvernement seulement, mais un poiiNoii
482 RÉVOLLTION DE 1848.
K social, mais une constitution tout entièrci vous allez (( organiser la République!
« Nous n'avons lait, nous, que la proclamer. Portés « cracclamation au pouvoir pendant Tinterrègne du « peuple, nous n'avons voulu et nous ne voulons « d'autre dictature que celle de l'absolue nécessité. Si « nous avions refusé le poste du péril, nous aurions « été des lùches, si nous y restions une heure de plus « (pie la nécessité ne le commande, nous serions des « usurpateurs.
« Vous seuls êtes forts î
« Nous comptons les jours. Nous avons liûte de « remettre la Républifjue à la nation.
« La loi électorale provisoire que nous avons faite (( est la plus large qui chez aucun peuple de la terre « ait jamais convo(jué le peuple à l'exercice du « suprême droit de l'homme, sa propre souverai- « ne té.
« L'élection appartient à tous sans exception.
« A dater de cette loi, il n'y a plus de prolétaires « en France.
« Tout Français en âge \ iril est citoyen politique, (( loul ciloycMi est électeur. Tout électeur est souve- « rain. Le dioit est égal et absolu |)our tous. Il n'^ a « pas un citoyen fpn j>uisse dire à l'autre : f< Tu es c( plus souverain (pie moi! » Contemplez votre puisce sance , préparez-vous à l'exercer et soyez dignes (( d'(Mitrer en possession de votre n'^fine.
« L(^- régne du peuple s'appelle la Ht'publicpie.