‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 231 sur 266 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

de modération dans l’exercice du pouvoir et de respect pour les libertés publiques.

Accusée avec violence par deux partis passionnés, incapables en ce moment de toute justice, la commission exécutive, si elle manqua d’unité, d’initiative et d’un grand sens politique, ne fut coupable de presque aucune des fautes qui lui furent si amèrement reprochées. Des hommes tels que MM. de Lamartine, Arago, Garnier-Pagès, ne furent pas des despotes; eussent-ils voulu l’être, ils ne l'auraient pas pu, en présence d’une Assemblée dont ils dépendaient de la manière la plus complète. Ils ne furent pas davantage des sybarites, gorgés d’or et repus de festins; tout au plus, quelques-uns d’entre eux commirentils de légères fautes de goût, en souffrant qu’on ornât le palais du Luxembourg de meubles qui avaient décoré les appartements des princes; moins encore étaient-ce des démagogues, comme le disait la presse dynastique, ou des hommes inhumains, ennemis du peuple, commie on l’imprimait dans les feuilles révolutionnaires.

C’étaient, comme j’ai tâché de le faire voir, des hommes lassés, craintifs, non devant le danger, mais devant leur propre conscience ; peu d’accord entre eux, ne sachant ni ce qu’ils devaient vouloir, ni ce qu’ils pouvaient oser, ni surtout ce que, dans un temps où tout était ébranlé, confus, contradictoire, les passions et les intérêts de la France commandaient davantage, ou bien l’application hardie des idées nouvelles, ou bien l’affermissement des institutions anciennes.

Le pouvoir, que nous allons voir passer en d’autres mains et prendre successivement des formes diverses, nous montrera, par son impossibilité à rien fonder, qu’en faisant peser, comme on l’a fait, sur le gouvernement provisoire d’abord, puis sur la commission exécutive et sur l’Assemblée constituante, la responsabilité entière et pour ainsi dire personnelle d’un état social sur lequel ils avaient si peu de prise, on a méconnu l’essence même et le caractère d’une révolution, la plus vaste.

i la plus compliquée surtout et la plus iiicoiniiio à elle-même, qui ait jamais agité le monde.

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