V.il
LE PEUPLX DANS LA SALLE DU TRÛNE (p. 10.5).
sent; le gouvernement de la nation par ellemême ;
- La liberté, l’égalité et la fraternité pour principes; le peuple pour devise et mot d’ordre : voilà le gouvernement démocratique que la France se doit à elle-même, et que nos efforts sauront lui assurer (1). »
On voit par là que M. de Lamartine, soit irrésolution, soit désir sincère de maintenir le bon accord, faisait céder ses convictions personnelles aux vœux de la majorité. M. Ledru- Rollin ne signa point cette proclamation, la trouvant trop ambiguë. M. Flocon, qui l’avait signée sans la lire, biffa son nom en voyant que M. Ledru-Rollin n’y avait pas mis le sien.
(1) M. Carnot, dans des fragments de son Mémorial de 1848, publiés dans la Potiti^ue nouvell e, donne une version un peu différente de cette proclamation. Il explique les variantes de ce document en disant que M. de Lamartine corrigeait son manuscrit en dictant successivement à plusieurs personnes.
, M. Albert, qui n’était pas présent, ne put signer la pièce originale. Son nom fut ajouté sur l’épreuve du Moniteur, avec celui de M. Flocon, par M. Louis Blanc. j
Cependant le peuple, en proie à une inquié- | tude et à une irritation toujours croissantes, ne cessait d’envoyer au gouvernement provi- I soire des délégués armés qui menaçaient des f plus terribles malheurs si l’on ne se hâtait de proclamer la République. Les faubourgs et la | banlieue versaient incessamment sur la place t de nouvelles masses populaires qui ranimaient I l’ardeur de celles que l’attente avait las- j sées; elles assaillaient l’Hôtel-de-Ville, rem- j plissaient les salles, les couloirs, et venaient f assiéger les portes du conseil. A toute minute, 1 quelques-^uns des membres du gouvernement, | auxquels se joignaient des citoyens accourus pour offrir leur concours, M.M. Félix Pyat,