‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 4)Chapitre 16 sur 61 · II. VJ · texte numérisé non relu

II. VJ

HISTOIUE

Pour toute réponse à ces accusations, M. Créniieux annonça qu’une enquête était ouverte sur les événeinents de Houen, et l’Assemblée vota à l’unanimité, moins trois ou quatre voix, que le gouvernement provisoire avait bien mérité de la Patrie.

Ainsi fut close la période purement révolutionnaire du gouvernement républicain. La royauté abolie; le principe de la souveraineté du peuple, non plus seulement reconnu dans le droit abstrait, mais pratiqué sans opposition; la' paix maintenue; la liberté respectée; c’étaient là les œuvres signalées, accomplies depuis le 24 février par un gouvernement né d’une insurrection, soutenu presque uniquement par l’amour et le dévouement des classes populaires.

L’Assemblée, issue du suffrage universel, allait avoir à fortifier, à développer, à constituer enfin cette œuvre immense. La France et l’Europe avaient les yeux sur elle; ses décisions souveraines seraient, pour toute une génération d’hommes peut-être, le sceau de la paix ou le signal de la guerre; raccomplissement ou le déchainement de la plus grande révolution des temps modernes.

Le gouvernement provisoire avait-il, eu effet, bien mérité de la Pallie ?

Au moment où l’Assemblée nationale prononçait cette parole solennelle sur les hommes qui venaient abdiquer dans son sein le pouvoir révolutionnaire et leur décernait ainsi la couronne civique, une seule voiv s’éleva pour protester : c’était la voix de Barbés.

Depuis lors*, les choses ont bien changé. Les partis vaincus, déconcertés et réduits au silence par la grandeur des événements, ont retrouvé dans un retour inespéré de fortune, avec la parole hautaine, l’esprit d’infatuation et d'injustice. Ce qui pour eux fut un objet d’étonnement et d’ad-* miration est devenu un sujet de scandale. La calomnie

* Je crois devoir rappeler encore que ceci était écrit en 1850.

succêcift à l’hyperbole. De ces lèvres pâlies qui balbutiaient nag^uère l’entbousiasme, on n'entend jilus sortir que les acceiiLs raffermis de la haine et de la ven"eance. A les croiie, le g;ou\erneiiient révolutionnaire a excédé tous ses droits; il a failli â tous ses devoirs; la patrie et l’iiistoire ne doivent à ses forfaits*, à défaut d’un oubli impossible, que la flétrissure et l’anâthéine.

Si le lecteur a daigné accorder quelque confiance au récit qu’il vient de lire; s’il a cherché avec moi à pénétrer les sentiments des hommes sur lesquels on voudrait faire peser à cette heure une condamnation aussi rigoureuse, je. doute qu’il la ratifie. La simple narration des événements, aussi fidèle qu’il m’a été possible do la faire d’après des témoignages nombreux, scrupuleusement confrontés, en sacrifiant à ma conscience d’hislorien mes prédilections, mes antipathies et jusqu’à l’espoir du succès; cette seule exposition des faits que je n’ai point fardés, suffirait, à mon sens, pour établir une opinion très-différente de celle qui prévaut aujourd’hui. Je crois utile cependant d’ajouter ici quelques réflexions générales, afin de résumer l’opinion qui me parait devoir s’élever un jour au-dessus des clameurs de l’esprit de parti; mon but prmcipal, en entreprenant la lâche ingrate de retracer des événements accomplis à peine, dont l’issue reste douteuse et dont les conséquences nous échappent, ayant été, non pas d’accommoder ces événements au gré de mes convictions et de faire connaitre, au public mes espérances, mais de transmettre à ceux qui viendront après nous le sentiment vrai des contemporains, (de ceux-là du moins dont la raison a dominé les passions, et dont la voix équitîihie et sincère a mérité d’être recueillie. ^

En vertu de quel droit le gouvernement provisoire a-t-il gouverné la l’ rance pendant l’espace de temps qui s’est écoulé du 24 février au 4 mai! 848?

' Exf ressinn des journaux royalistes.

La négation de ce droit est le point de départ des accusations qui se sont élevées après que les onze hoinines investis du pouvoir par rinsurrection en eurent été dépossédés par l’Assemblée. Ce droit, il en faut convenir, n’est écrit nullè part; il n’a jamais été formulé dans un article de loi; on ne le rencontre dans aucune charte.

Le nier néanmoins, c’est, selon moi, nier quelque chose de plus évident et de plus légitime que toutes les lois écrites; c’est nier le droit, le besoin suprême, inhérent à tout ce qui respire, de résister à la dissolution par tous les moyens que suscite l’instinct conservateur de la vie.

L’instinct social de la population parisienne, en prononçant le nom des onze Ivommes qu’elle chargea de la guider pendant le déchaînement d’une tempête formidable, leur Iransmettait ce droit naturel et leur imposait le devoir de l’exercer en vue du salut commun.

Si l’on remonte dans l’histoire à l’origine des souverainetés les mieux établies, à partir de la souveraineté éhv mentaire des chefs de hordes nomades jusqu’à celle des dynasties royales et aux souverainetés compliquées des gouvernements constitutionnels, il est douteux qu’on eu découvre une seule qui ait été conférée ou subie à un autre titre. Le consentement universel n’a jamais pu être que supposé et déduit de l’acclamation d’un grand nombre.

Mais cette légitimité d’origine, admise par le gouvernement provisoire, quelle était la nature et jusqu’où s’étendait la limite de ses pouvoii-s? C’était là une question plus grave encore, et qui devait donner lieu à des accusations nouvelles. Le gouvernement lui-même se partagea sur ce point; il se forma dans le conseil une majorité et une minorité; il s’y produisit sponlanémertt comme deux consciences politiques. Selon la minorité, les pouvoii-s du gouvernement, par cela seul qu’ils étaient révolutionnaires, étaient absolus, illimités, constituants; on ne devait les abdiquer qu’aprés avoir complètement organisé les forces et institué les principes révolutionnaires dans l’Ltat. Selon la

majorité, le gouvernement d'urgence sorti de l’insurrection avait pour tâche uniquement d'aider la nation à se donner un pouvoir légal et, en attendant qu’il fût formé, d’administrer la chose publique, sans s’immiscer dans la législation, sans rien préjuger, sans anticiper en aucune manière sur les décisions de l’Assemblée nationale, pas même par la proclamation de la République.

Dans l’un comme dans l’autre de ces jugements, je trouve quelque chose de trop absolu.

Après trente années de règne constitutionnel, dans un temps et dans un pays où les mœurs ne permettaient pas les violences systématiques, la dictature exercée par onze hommes aussi divisés entre eux que l’étaient les dilTérentes classes de la nation entre elles, c’était une conception chimérique. L’administration pure et simple des affaires, cette espèce d’arbitrage, de justice de paix sans initiative, en était une autre non moins absurde, dans un moment où le besoin d’agir, de se répandre, de s’organiser, poussait chaque jour des masses de prolétaires armés sur la place publique, où la soif des nouveautés s’était emparée des imaginations, de telle sorte qu’il fallait se bâter de la satisfaire, sous peine de la voir dégénérer en fureur. La raison d'État commandait, en des circonstances si compliquées et si graves, d’abréger la durée d’un pouvoir né fortuitement d’une nécessité temporaire; mais elle commandait également d’ouvrir au plus vile de larges issues à l’esprit révolutionnaire qui, depuis 1789, n’a jamais reculé en France que pour revenir à la charge avec une intensité redoublée, et de lui donner toutes les satisfactions que ne repoussait pas la conscience publique.

C’était là une question d’appréciation infiniment délicate. 11 aurait fallu aux hommes du gouvernement provisoire un don singulier d’intuition pour reconnaître, dans la multitude des exigences, des vœux, des avis dont ils se voyaient assaillis à toute heure, les idées susceptibles d’être formulées- en lois, autrement dit, les idées qui trouvaient

dans les mœurs cette préparation suffisante, laquelle est aux créations de la science sociale ce qu’un certain étal de l’atmosphère est aux créations de la nature physique. 11 aurait fallu que, dans ce conflit tumultueux des passions déchainées, ils entendissent distinctement, pour lui obéir, la voix du peuple qui, selon l’antique et mystérieux axiome, e.st l’oracle souverain, la voix de Dieu.

Nous touchons ici au point essentiel de notre examen.

Que doit-on entendre par cette voix du peuple ou de Dieu, que la révolution venait de donner pour fondement au droit politique, en instituant le suffrage universel?

Pas autre chose que l’instinct commun à tous les êtres organisés, depuis le plus infime animal jusqu’aux sociétés les plus parfaites, de retenir ou d’accroître en eux la vie en repoussant ce qui nuit, en s’assimilant ce qui convient à leur nature.

C’est par ce travail organique que les êtres s’individualisent, que les individus forment des races, que les races se conserx'ent et se perfectionnent. Quand ce travail s’alanguit et s’arrête, l’individu ou la race décroit et meurt.

Mais ce qui reste chez les races inférieures à l’état de pur instinct, se combine chez l’homme avec la réflexion et prend un caractère supérieur : \'instinct devient le génie.

Tous les gouvernements que les peuples se sont donnés, ont eu pour mission de représenter cette action commune de la raison combinée avec l’instinct et d'exprimer ainsi le génie national aux différentes phases de son développement historique.

Ils ont été légitimes et forts tant qu’ils ont écouté l’instinct confus et général des masses, tant qu’ils l’ont défini, particularisé suivant les temps, et prononcé dans les lois. Ils ont été brisés, expulsés par les révolutions, quand, devenant sourds à la voix du peuple, ils ont opposé une volonté personnelle, isolée et conséquemment usurpatrice au génie national.

Les exemples en sont frappants dans notre propre histoire.

L’instincl social a trouvé chez nous sa première expression dans la possession du territoire. L’idée de patrie s’est attachée au sol conquis et possédé exclusivement par 1a noblesse guerrière : la royauté féodale a été le gouvernement naturel et légitime de ce premier état. La propriété héréditaire du sol, exempte de travail, défendue par les armes, c’est l'institution primitive et génératrice de la société française. La voix de Dieu parlait alors exclusivement par la bouche du seigneur, de son chef, le roi, et par celle de leur consécrateur é tous deux : le prêtre .

Mais peu à peu, le travail et l’industrie, concentrés aux mains des bourgeois et des manants, créèrent des riche.sses considérables. A côté de la propriété foncière, s’éleva la propriété des capitaux mobiliers. Les communes se rachetèrent de la domination des seigneurs. Une longue lutte s’engagea pendant laquelle l’instinct social de la bourgeoisie, de plus en plus énergique, arriva à se connaître lui-iriême et devint capable de gouvernement. En 1789, il se sentit assez fort pour briser, pour expulser les derniers restes de la féodalité. ïjt voix de Dieu parla par la bouche du tiers-état. Le droit du travail fut glorieusement institué • dans les lois sur les ruines du droit de conquête.

Le gouvernement constitutionnel correspondait exactement à ce droit nouveau de la richesse acquise par le travail; mais ce droit se montra jaloux, exclusif, comme l’avait été le droit de possession par la concpiéte; la bourgeoisie n’eut en vue qu’elle seule. Elle fit conspirer toutes les lois à un but égoïste : « La défense du riche contre le pauvre, de celui qui possède quelque chose contre celui qui n'a rien'. » Elle marqua nettement son régne par l’établissement du cens ipii traçait avec un cynisme insolent les limites du pays légal et créait pour les enrichis l’aristncralie de la patrie. '

^ Adam Smith, liv. I of V, . •

Dès ce moment, une scission nouvelle s’opéra au sein de runité bourgeoise. Le travailleur industriel tombé rapidement, par un concours de circonstances imprévues, dans un état de misère qui l’excluait non-seulement de toute participation à la vie politique, mais encore de tout espoir d’y arriver, forma une classe, un ordre nouveau. L'hérédité de la misère constitua le prolétariat.

Knferiné dans un cercle fatal, refoulé, comprimé, l’instinct social du prolétariat fit un effort prodigieux ; il éclata en plaintes, en reproches ; il réclama son droit par les armes. La bourgeoisie demeura sourde ou insensible. La royauté constitutionnelle refusa d’écouter le vœu du prolétariat; elle refusa même d'indiquer par l'abaissement du -cens que peut-être elle l’écouterait un jour. Ce fut le signal de la révolution. L’instinct social encore confus et vague, au sein du prolétariat, la voix du peuple, la voix de Dieu, se choisit un gouvernement qui devait être son expression rationnelle : la République fut proclamée.

Le gouvernement provisoire a bien mérité de la patrie, parce qu’il a été animé tout entier du désir sincère de se conformer à la volonté nationale ; parce qu’il s’est dévoué ^ à cette tâche, sans arrière-pensée; parce que, enfin, si quelques-uns de ses actes politiques ont été contre son but, tous portent l’empreinte d’un respect profond pour la dignité humaine que la révolution venait relever de son dernier abaissement.

Les difficultés devant lesquelles le gouvernement provisoire a vu échouer sa bonne volonté, et qui appellent toute l’indulgence de l’histoire, tenaient à une complication qui n’a pas été assez remarquée.

Le mouvement qui se produisait daris le prolétariat, et qu’il fallait seconder, se manifestait par un phénomène complexe et jusqu’à un certain point contradictoire. Au plus profond des masses, un essor général, une tendance organisatrice, aspirait à procurer à tous ce que la bourgeoisie avait conquis pour elle seule : la liberté et l’égalité. Sous le

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nom de socialisme, qu’on lui daniia après la révolulion de Février, celte tendance voulait se frayer les mêmes voies lé^dtinies par lesquelles la bourgeoisie est arrivée à l'émancipation ; l'éducation qui donne la propriété intellectuelle; le travail qui domie la propriété matérielle. Le socialisme demandait que l'État instituât l'éducation nationale égale pour tous ; il voulait rendre la condition du travail directement productif, qui est le travail du prolétaire, égale à celle du travail indirect de la spéculation capitaliste, qui est le travail de la bourgeoisie. 11 voulait, en un mot,rendre la relation du capital et du travail, concourant ensemble à la richesse publique, plus équitable et telle qu’il n’en dût pas fatalement résulter cette hérédité de la misère, dont j’ai parlé, qui perpétue à l’état de classe le prolétariat, en l’excluant, sinon en droit, du moins en fait, de tous les bienfaits de la vie sociale.

Le mouvement du prolétariat socialiste n'était donc, au fond, que l'affirmation, la consécration nouvelle, par l’extension à tous, des principes et des droits de liberté et de propriété, sur lesquels repose la société européenne.

Mais cette tendance générale organisatrice était combattue par un mouvement accidentel, pailiculier, purement négatif qui, sous le nom de communisme matérialiste, niait complètement ce que le socialisme voulait étendre et transformer : le principe de la liberté individuelle, ou la persoimalité, et la notion de propriété qui en est, dans les sociétés modernes, le signe et le gage.

Cette opération élémentaire de l’esprit humain qui consiste à opposer la négation à l’e.xagération d’un principe, se fait généralement dans les cerveaux étroits où naissent les passions aveugles. 11 en arriva ainsi au communisme matérialiste. Plus aisément formulé que le socialisme, il adopta, comme mode de réalisation de son principe ti'ès-simplc, le procédé également très-simple et très-logique du terrorisme et passionna un petit nombre d’hommes dont le fanatisme fut d’autant plus grand que leurs vues étaient

plus bornées. Sans adopter ni rejeter les doctrines dos coininuiiistes, le prolétaire, voyant en eux les défenseurs les plus intrépides de sa cause, les laissa dire et faire. La bourgeoisie peu disposée, au plus fort de l’orage, à examiner de sang-froid des théories, à distinguer le juste de l’injuste, le vrai du faux, dans un mouvement révolutionnaire qui détruisait sa sécurité et menaçait son règne, confondit, dans une même réprobation, le socialisme et le communisme ; elle engagea la lutte, une lutte sans issue, à outrance, où ses victoires mômes ne servent qu’à lui montrer plus manifestement les forces indestructibles qu’elle voudrait anéantir.

Le gouvernement provisoire, où le socialisme avait pénétré, essaya bien de le séparer du communisme et de lui faire sa place par les conférences du Luxembourg, par quelques mesures financières, par quelques projets de loi sur l’instruction publique, et marqua à cet égard des intentions sérieuses. Mais les exigences extrêmes d’un côté, les frayeurs outrées de l’autre, les heures et les jours emportés dans un tourbillon d’une rapidité inouïe, l’imprévu de tous les instants, la perplexité des meilleurs esprits, l’hésitation des consciences les plus fermes, paralysèrent sa bonne volonté. Après deux mois d’angoisses sans égales, il résigna le pouvoir comme il l’avait pris, avec la simplicité d’un patriotisme sincère. Mais il laissa toutes choses indécises et la nation en proie an plus grand trouble moral où peut-être on l’ait jamais vue. Qui ne l’absoudrait cependant ; qui oserait se montrer plus sévère envers lui que ne le fut l’Assemblée nationale, en constatant qu’après trois amiées de luttes et de péripéties les plus extraordinaires, la situation reste au fond pareille, si ce n’est empirée ?

Communisme ou terrorisme, c’est encore à cette heure le mot d’une lutte dont on ne sait pas conjurer la menace. Socialisme ou démocratie, c’est le mot incompris de l’organisation et de la paix indéfiniment ajournées. Aussi longtemps que la bourgeoisie confondra le communisme et le

süciatisuic, la démocratie elle terrorisme, et combattra l’im avec l’autre, au lieu de combattre l'un par l’autre, la société sera livrée à l’action et à la réaction perpétuelles de l’état révolutionnaire.

Le jour où la bourgeoisie comprendra que l’aspiration du prolétariat est légitime et qu’il lui faut donner satisfaction par la réforme des institutions sociale.s, le communisme et le terrorisme auront cessé d’exister. On ne saurait trop le répéter, le communisme n’a qu’une valeur accidentelle et toute négative dans l’état social au dix-neuvième siècle, particuliérement dans l’état de la société française. Nonseulement la conception sur laquelle il repose est antiscicntitique et radicalement opposée au mouvement de la civilisation moderne, mais encore il est plus spécialement anti-français. ,

L’hypothèse d’un État communiste, admissible à la rigueur pour quelques peuples de l’Europe orientale, n’est pas soutenable quand on l’applique aux nations de race latine où le sentiment de la personnalité, et conséquemment de la propriété, est arrivé à son plus haut degré de puissance. Dans la conception française de l’idée de propriété, on sent encore la consécration religieuse de son origine romaine. Le prolétariat communiste lui-même, qui nie la propriété et la personnalité, par cela seul qu’il désespère d’y atteindre, le jour où il saisirait le pouvoir, se sentirait frapi)é d’impuissan(;e et vaincu par le génie de la nation'.

Aux yeux du philosophe, le problème reste aujourd’hui, après une douloureuse expérience de trois années, posé exactement dans les mêmes termes où le posa la voix du

' La répulsion profonde du peuple pour les deux formes de l’idcc communiste qu’il voit réalisées, l'hospice et la fosse commune, serait, à défaut d'autres raisons plus scientifiques, un signe manifeste rie son sentiment énergique de personnalité et de propriété. Un gouvernement qui assurerait au cadavre du pauvre la propriété de six pieds de terrain dans un cimetière serait le gouvernement le plus populaire qu’on eut jamais vu.

peup/g en proclamant, le 24 février 1848, la République dénwa'atiqm et sociale.

Quels que soient désormais les accidents prochains ou lointains de la crise dans laquelle la France est engagée ; quels que soient le nom et la forme des gouvernements qui se succéderont, ils n'auront pas d’autre sens, pas d’autre caractère, pas d’autre mission que celle qui fut donnée au gouvernement provisoire. Ils seront brisés, ils demeureront impuissants, ils n’auront ni force ni durée, s’ils n’expriment pas le génie national, la voix de Dieu au dix-neuvième siècle ; Le suffrage universel instituant la démocratie^.

* « Le salut ou la perle des Étals, écrit Giobcrii, rc|X)seut aujourd'hui sur les idées et sur les classes démocratiques. Qui les a contraires est peiHlu ; parce que la démocratie croît terrihlemeiil chaque jour, êuvaliit tout et acquiert de la foi'ce justjue dans .ses défaites.

« La salule o la perdizione degli stali sono oggi riposte nelle idée e nelle classi democratice. Chi le ha contre è sfedato; perché la democrazia cresceogiii giorno terribilmente, invadi tutti gli ardiccie ucquista verbo dalle sue sciagure. > [Del Rinovamenlo civile d'ilalia, v. I, p. 91.)

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