INTRODUCTION
La vie des peuples, comme la vie môme du globe où s'accomplissent leurs destinées, n'est qu'une perpétuelle métamorphose. Sans s'arrêter jamais, cette puissance insaisissable que nous appelons la vie opère dans la société, comme elle le fait dans toute la nature, un travail simultané de formation et de* dissolution, soumis, malgré les apparences fortuites qu'y produit l'intervention de la liberté humaine, à des lois' mystérieuses au sein d'un ordre invariable. Grises violentes de la nature sociale, les révolutions ne font autre chose que précipiter tantôt le travail de dissolution, c'est-à-dire là décadence d'un peuple, tantôt le travail de formation, c'est-à-dire le progrès de ce même peuple dans la civilisation qui lui est propre.
La révolution de 1848, que je me suis proposé de raconter ici, va nous montrer dans un même moment