‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 39 sur 81 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

qui prenait son point de départ dans une conception très-élevée de la nature humaine et la considérait, avec le dix-huitième siècle , comme indéfiniment perfectible. Selon cette constitution, un pouvoir nouveau, tout à la fois spirituel et temporel, juge du mérite et distributeur des récompenses, organisateur du travail et de l'industrie, comme le pouvoir ancien avait été organisateur de la guerre, recevrait la mission de maintenir dans .la société Tordre parfait fondé sur la parfaite justice et contenu tout entier dans cette formule célèbre : A chaque suivant sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres.

Relevant le sexe féminin de son incapacité civile et politique, le saint-simonisme lui accordait une égalité complète avec le sexe masculin, non-seulement dans la famille, mais dans l'État. Prêtresse et législatrice, la femme devait concourir activement à la transformation de la société. La famille, d'ailleurs, ainsi que la propiété, subissait une altération profonde par l'abolition de l'hérédité et du mariage indissoluble.

chrétienne : idée selon moi très-erronée ; car, s'il est vrai de dire que le socialisme semble au premier abord une extension du- principe de fraternité apporté au monde par Jésus-Christ, il est en même temps et surtout une réaction contre le dogme essentiel du christianisme : la chute et l'expiation. On pourrait, je crois, avec plus de justesse, considérer le socialisme, dans son principe général, comme une tentative pour matérialiser et immédiatiser, si Ton peut parler ainsi, le paradis spirituel et la vie future des chrétiens. C'est peut-être là accomplir la loi, mais c'est l'accomplir en Fabolissant.

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