‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 38 sur 81 · INTRODUCTION. XLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLVII

dans un petit nombre de livres et médités en silence par un petit nombre d'hommes. Il se fît une véritable irruption d'idées, suivie d'un mouvement de polémique qui agita les esprits, comme au temps de la réformation, et qui entraîna dans son cours les plus nobles intelligences. La première impulsion de ce mouvement était partie, nous l'avons vu, de Saint- Simon et de Fourierv mais son action réelle, efficace, cette action qui remua jusqu'aux dernières couches de la société, et qui épouvanta plus tard les classes supérieures sous le nom de socialisme*, ne s'exerça dans toute son extension et dans sa pleine liberté que sous le règne de Louis-Philippe. Nous allons essayer de la suivre dans ses directions diverses.

La première en date et en éclat de toutes les écoles socialistes fut l'école saint-simonienne. Dirigée depuis la mort de son fondateur, en 1825, par MM. Bazard et Enfantin, composée d'une jeunesse enthousiaste, studieuse et disciplinée, elle développa, en les exagérant, les idées contenues dans le Nouveau Christianisme ^. Elle élabora une constitution théocratiqu^

1. Le nom collectif de socialisme n*a été donné aux différents systèmes de réformation sociale [qu^après la révolution de 1848. Jusque-là on n^avait considé]*é les écoles et les sectes socialistes qu^isolément, sous le nom de babouvisme, de saint-simonisme, de fouriérisme, etc., sans les rapporter à ce principe commun qui les a fait désigner depuis lors sous le terme général de socialisme.

2. Œuvre capitale de Saint-Simon. Le titre de ce livre et les prédications de la plupart des réformateurs font voir que le socialisme se présente volontiers comme Taccomplissement de la loi

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