INTRODUCTION. LXIX
On le voit, sous d'apparentes prospérités, la société française recelait dans son sein bien des éléments de perturbation, et le gouvernement de Louis-Philippe, au lieu de la soutenir dans ses efforts instinctifs vers un ordre supérieur, la livrait, par le plus triste calcul, à une désorganisation morale qui, si elle se fût prolongée, amenait, avec rabaissement de son caractère et de son honneur, le rapide, l'irréparable déclin de son influence européenne. Car la politique du gouvernement de Juillet était aussi mesquine dans ses rapports avec l'étranger qu'elle se montrait aveugle dans la conduite des affaires intérieures. La pusillanimité du plus vulgaire égoïsme y faisait taire les hardies traditions et le grand instinct de la France. Dominé par un faux amour-propre dynastique et par un désir puéril d'obtenir l'amitié des royautés légitimes, la quasi^légitimité , c'est le nom qu'on donnait à la royauté issue des barricades, acceptait, en fait et en droit, l'équilibre européen tel que l'avait créé la solennelle injustice des traités de 1815. Elle écartait les sympathies, elle trahissait les espérances des nationalités sacrifiées au congrès de
vers les idées de rénovation sociale est plus vive qite jamais et mérite une attention sérieuse. Il signale parmi les ouvrages dangereux : les Évangiles avec des notes et réflexions, par Lamennais ; le Système des contradictions économiques, par Proudhon ; V Essai sur la liberté, par Daniel Stem, etc., etc., et termine par ces mots : a Là est la véritable plaie de Vépoque, et on doit reconnaître que chaque année elle fait de nouveaux progrès. Un pareil état de choses me parait de nature à éveiller la haute sollicitude du gouvernement, »