‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 1 sur 38 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Rêprodiei adrenés aux (Murtiflanf de fétat de siège et de la dictature — Examen de oee reproohei. — Les impitoyables changent de syatème. — Adresse du président ftteafd à la garde nationale.<— Mauvais effet de cette adresse.— Adresse du pouvoir exécnlif à la garde nationale, à l'armée et aux insurgés. — L'homme du sabre donne nue leçon d'humanité aux impitoyables. — Celte leçon porte ses fruits. * Nouvelle et tardive exhortation aux insurgés par le président de l'assemblée. * Seconde joomée militante. — On retrouve partout les insurgés maîtres de leurs positions de la veille.— Animation que présentent les quartiers occupés par les insurgés. — Ce sont les cheb qui manquent —Aspect de la partie de la ville soumise i l'état de siège» — Grandes mesures prises par le général en chef. — RenforlA qui lui arrivent de toutes parts. — Le combat recommence ducdlé de la Cité. -Attaque et prise de la barricade du Petit-Pont. — Barricades do la place Saînt- Michel et de la me des Mathurim. — Droit barbare que s'arrogent les vainqueurs. — Mancsuvres du général Damesme autour du Panthéon. — Prise de plusieurs barricades. — Mbkt% du Panthéon. — Insuccès de la première attaque. — Arrivée des missionnaires de l'assemblée nationale. <— Nouvelle attaque du Panthéon. — Effets du canon. — Lea insurgés évacuent ce temple. — La lutte continue derrière le Panthéon. — Blessure reçue par le général Damesme. — Plan que l'on a attribué aux insurgés. — Prise de la place des Vosges. — Attaque sur les derrières de l'Hôtel-de- Ville. — Combat loag et sanglant de l'église Salnt-Gervais. — Le général Duvivier mortellement blessé. — Situation morale des &*, 6* et T arrondissements. — Mauvais effet des barbarte exercées sur les prisonniers. — Résolutions désespérées des insurgés.— Provocatkwn (sites par les journalistes réactionnaires. — Faux récits des atrocités commises par les insurgés. — Déplorables bulletins qu'ils publient dans le but de déshonorer les démocrates. — Etemels ennemis du peuple, vous l'avez une fois de plus lâchemeiU calomnié 1

On a reproché, avec quelque raison, aux partisans de Tétai de siège et de la dictature, aux amis personnels du général Cavaignac, d'avoir combattu les bonnes idées émises par les représentants démocrates, telles que les proclamations aux

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insurgés, l'envoi vers eux de missionnaires de paix et autres moyens conciliants, tant que la commission executive fut debout. On a dit encore que le général-dictateur n'avait luimême tiré qu'un bien iaible parti des forces dont il disposait» pendant qu'il avait eu au-dessus de lui un gouvernement dont l'action supérieure semblait le gêner. Enûn, quelquesjournaux ont cherché à démontrer qu'il j avait eu un coupable concert entre tous ceux qui voulaient renverser le gouvernement, ; concert ayant eu pour objet de laisser grandir l'émeute et d'exagérer le danger , afin de faire oonsidérer la dictature comme la planche de salut de la république , et l'on a même accusé le général Cavaignac de s'être prêté à ces indignes manœuvres, dans l'intérêt de son ambition personnelle.

Ces reproches ayant eu du retentissement, il est du devoir de l'historien de les examiner.

Il résulte des discussions haineuses auxquelles l'assemblée Aous a fait assister, qu'une majorité formée à la fois et des amis du général, et des ennemis personnels de la commission executive, et encore de tous les contre-révolutionnaires que cette aswmblée renfermait dans son sein, qu'elle se refusa constamment & l'adoption des moyens qui auraient pu faciliter la tâche difficile et pénible échue au gouvernement, c'est-à-dire à la commission executive et aux ministres de son choix. Tous ceux qui voulaient faire tomber la commission, et ils étaient nombreux, ne cessèrent de lui refuser un concours franc et loyal, qui aurait pu la mettre à même de sortir honorablement de la crise, s ^ Vun autre côté, les hommes qui se rattachaient au général Cavaignac avec l'espoir d'en faire le président de la république, et peuVêtre de gouverner en son nom ('), avaient dû nécessairemoki loi réserver un rôle brillant, an détriment de celui qu'ils Innient k la fommlseion. De là ces attaques incessantes

A Oto ■ <h que cPétaiènt là tel méè du j^rtl dit dû IhêMUt.

DE LA RÉV9(.UUQ]$l DE 1848. 8,

cot]\tr€| eUçi; 4q U 1^ i^pi:Qobes 4'inaçUo^ ^u'on lui jetait i chaque instant à la (été, alors même qu elle prenait et exécutai! seule les m.^sur.99 les plus ^g^çirgiqueS'.

S* il y eut donc malveiUdiiuse éyidente çbez les premiers, s il y eut chez eeuf-là intenUoQ maaifeste de contre^carrer toutes les mesures ^e 1q gouvernemeiiit jugea propres pour dompter la révolte avec la moindre effusion de sang possible, on peiut affirmer nussà qu'il y eut chez les ctutres défaut de concours et diversité de vues*

Gependaut la commission executive s était révélée, dès le premier moment » par une grande vigueur de mesures et par une activité qui n'eût laissé rien à désirer à des. hommes moins préveuus. Tous les ordres nécessaires avaient été transmis par elle soit aux gardes natioiudes» soit aux troupes des départements : plusieurs de ses membres avaient aussi payé de leur personne à l'attaque des b^tiricades. On ne pouvait donc équi* tablement lui reprocher s» conduite dans la lutte, et encore D^ins V accuser d'avoir aoiené ce malheureux conflit , puisqUç^ le gouvernemeut n' avait ^anuiis voulu le brusque licencien^çn^ des ateliers aatiouaux. Encore un jour^ et j^ut-étre la con^mission du gouvernement eût pu mettre fin à l'immense malentendu qui venait d'armer des républicains contre des républicains, des £rères contre des frères, à cette déplorable guei^, civile si ofuractériaée.

Cette solution, qui eût dbsBBé uie grande vitaUti k k 0^9^ missioa executive» ne peweit dooe convenir ni «làx oentrelételutionnatres, ni aoi anis dti général Gataigiiac, m ettùttit ceui qui visaient â des portefeuilles : aussi, brusqiièreqt-ib Fattaque contre le gouvernemeat ; et tandis que les royalistes denaâdeieiif le didatore ooùceiitrée dafw «ne se^le meiDY les amis du général appuyaient tout ce qui pouvait déconsidérer la conuiiiQsion. Le votjd du matin venait de la punir d' Devoir déployé une grande énergie, et récompensait le général d'une inaction

qu'on lui a reprochée, avec quelque apparence de raison, comme calculée.

Mais à peine la commission fiitrelle tombée souîs ce vote ran-> cuneux» que la majorité de l'assemblée nationale, contrairement à sa décision de la veille, résolut d'envoyer sur les lieux où ils pourraient exercer une autorité morale , de nombreux représentants du peuple (').

Ce n'était pas là précisément l'adoption de la mesure sollicitée si vivement par Caussidière et d'autres républicains; car la mission officielle des délégués de l'assemblée se bornait à la proclamation des décrets rendus par elle, et à encourager les combattants de Tordre. Mais comme une certaine latitude leur était laissée dans leur mission, ces représentants pouvaient encore prendre le rôle de pacificateurs (') ; ce qu'ils firent pour la plupart.

Avant la chute de la commission^ une majorité composée des royalistes, des réactionnaires et des républicains de la nuance du National s* était opposée, avec la plus aveugle obstination, à toute proclamation ayant pour objet d'éclairer ceux des insurgés qa*on considérait comme trompés sur le compte de l'assemblée

(S) On 6D fixa le nombre à cinq par arrondinement on par lëgion;oeqai fit aobante pour tooa les quartiers.

O La mesare priae le S4 fot l'obfet d'une déclaraUon que publièrent les wptéitntants siégeant an oMé gauche ; la voici s

^ c Ytt la fésolutioQ prise par l'assemblée nationale de charger quelques-uns da 86B membies d'intenrenir, au nom de tous, dans les troubles de Paris, nous sowasignAi, pd avoiu voie eanire Niai de Mge^ (kisons d'avance la déclaration aobante ; Si nous sommes désignés» nous nous rendrons avec enthousiasme au ph» fort de la lutte, mais pour n'y porter que des paroles de paix, bien convirinoos que le meUleur mojeo de réteblir Tordre et de sauver la république, cM de rappeler la devise écrite sur le drapeau républicain, et d'invoquer la asBtinent de la fraternité.

• Signé : LomU Blamo^ CauêtUiêtÊ^ Lagrançê^ Proudhon^ VéUm Pkff Lerotur, LaLmmmU^ Bêrirand, FayolUf etc.» etc. »

nationale et du gouvernement (*). Mais dès que les impitoyables de cette assemblée eurent alleint leur but, ils changèrent aussitôt de système, et les proclamations se succédèrent avec une grande rapidité.

Et d'abord ce fut le président, M. Sénard, qui, en vertu de Tespèce d'omnipotence parlementaire qu'on lui avait concédée, crut devoir annoncer à la garde nationale, par une proclamation émanée de lui, la mission des représentants. Malheureusement cette proclamation ne fut autre chose que la répétition de la malencontreuse circulaire du maire de Paris ; elle ne pouvait avoir d* autre résultat que d' irriter encore davantage et les gardes nationaux et les insurgés.

« Si l'on a pu se demander un moment quelle est la cause de l'émeute qui ensanglante nos rues, y disait le président Sénard, après avoir remercié les gardes nationaux de leur dévouement, la cause de cette émeute qui, tant de fois depuis huit jours a changé de prétexte et de drapeau, aucun doute ne peut plus rester aujourd'hui, quand déjà l'incendie désole la cité, quand les formules du communisme et les exeitatiom au pillage se produisent audacieusement sur les barricades

« Que veulent-ils donc?

€ On le sait maintenant : Us veulent tanarehief tineendie, le piUage.

€ Gardes nationaux : unissons-nous tous pour défendre et sauver notre admirable capitale 1 ... De nombreux représentants

(>) La oommission exécotiTe avah pris sur elle d'adresser aux insurgés nue proclamation dans ce sens, mais ce ne fut que le second jour, quand le mal était devenu irréparable ; et encore, à l'heure où Ton afficha cette proclamation dans les quartiers de Paris que les insurgés n'occupaient pas, la commitsioD gouTerneroentale n'exisUit plus, elle n'éuit plus un pouvoir. Au surplus, cette proclamation, ainsi que beaucoup d'autres qui la suivirent, ne purent étra connues de l'autre oM des barricades; la ligne de démarcation avait M tracée avec du sang , et aucune communication n'était plus possible, le M » avecies iosorgés.

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