TOME ni
jiMi(W^ià (SsM^"^ ^ ift i^Q àe la Réforme (ci-devant Louis-Philiyirtj <it&vt d^ JiÀtraire une autre barricade, construite la veiUe M 4MMN 4iMl^ c^to même rue, mais derrière laquelle il n'y %viA iiJkMM y#ffMnnt^. Rassuré de ce côté, l'officier supérieur 4h HHNiv^ment dirigea aussitôt son feu sur le pont 4*^4 k« uiMrgés ripostèrent énergiquement. Ce ne fut aW^M tKml U'uuo houro de résistance opiniâtre que les ou- \t^i««« «MiûlU* ))4ur un régiment de la ligne, abandonnèrent ce Mik^ ¥l ^ Mii^i^nt dans la rue de rHôtel-de-Ville, oh Tartil- IHM^W i!U\NiMUHin) d'évacuer la barricade qui s y trouvait, lAjfrWiVftt iimUMU^ut par quelques décharges.
Il* W^ iUlr^ ^t^t ^^^^ 1^ ^^^^ d^ ^^^^ Saint-Martin, SaintlÉMM^ Vl ^ Uuubarda, des insurgés, cherchant aussi k se rapfl^MjWy \W rUùl^'de* Ville, élevaient de nombreux retranclie- M#mM»\ U^rri^ Wsquels ils comptaient gagner du chemin. HlMiv'va k^vvHMidiMki ainni que celles qu'on a construites dans la ^'Ms> lU^^Vl^^* ^^ ^^^ 4^^ ^^^^ faiblement défendues ; quel- A^Mia sWU^v^kit^ut^iito de troupe unis à la garde nationale purent t^ V^^l^^^' ^^^^ ^^^ obligés d'employer le canon. Une seule, ^Wv^^Uw U iMt^uio rue Rambuteau, à la hauteur de THô- 1^ \W \ UW^ r^Uta longtemps, et ne fut détruite que par les vè^^ ^rlM^lllt ît y ^^^ ^^ morts et des blessés de part et d'au-
\)W^ W^U^Hmw pai là qu'était le danger pour l'Hôtel -de- \\IK^4 ^ ^XiaM^ll ^taiiiA tout le quartier Saint-Antoine, ,oJi Tinsur- ^j^ll^ ^ m^Uii^il formidable. Malgré les efforts combinés MkHi U NV^IK^» ^^ ^^ troupes et les gardes nationaux , les in- «^\1|\v»\W w ^Wi^rtior, rentrés dans toutes leurs positions, s'y MaiMI (UvWtt*a% Ia rwu Saint-Antoine était devenue inabordable mi ^^1^ ^H^ ^ 1^^^ ^^ Vosges et dans les environs de celle ik k IJnnii^Vr, «nUkl^Miti^^ retranchements et d'obstacles, on iM(l V^ W M^MmI di li 9* légion, suivi de quelques centaines \k^ ilMllb» MliiMlAlIfti hi loub qui eussent répondu au rappel
DE LA RÉVOLUTION DE 1848. ff
et & la générale, essayer d'epleyer quelcjues barricadeSi Ti^il de ces retranchements furent même détruits ; mais la légion y avait perdu son major et son adjudant-major, ainsi que pluv sieurs gardes nationaux. Un instant après, la colonne sq trouvait assaillie par une multitude d'insurgés, qui dédaigpèrçnt de la faire prisonnière : elle se sauva par Ifi rue des TourneUes et la place des Vosges.
En ce moment douze k quinze cents insurgés^ sortis du dubourg Saint-Antoine, se montraient sur cette place. La mairie était défepdue par un bataillon de la ligne et par des gardes nationaux qui se mirent en bataille tant 4ans la cour que sur la place même. Hais les insurgés arrivent à la fois de tous Ie| côtés et par toutes les issues. S emparant de la caserne de la gar^e républicaine, il foQt un feu plongeant sur la troupe, qui se voi( ainsi prise en flanc par cei)x venant de 1* impasse Guémenéq. Ia position n'étant plus tenable, le commandant cherche h s'abriter sous les arcades. Les insurgés l'enveloppent et désarr ment ^n bataillon.
La mairie du 8^ arrondissement prise, le bataillon et les gard^B niitionaux désarmés étaient de grands succès pour l'insurrecr tion, qui marche dès lors sur l'Hôtel-de-Ville, en longeant toutç Ift rue SaintÂntoine, couverte de barricades. C'est ainsi que lep insurgés arrivent en force jusqu'à l'église Saint-Gervais.
Ainsi l'Hôtel-de-YiUe était serré de près sur ses derrièfes. Si les insurgés ne se fussent pas arrêtés k se fortifier sur ce point; s'ils eussent osé faire un coup de main, il est très-probable qu'ils auraient pu pénétrer dans l'Hôtel-de-Ville par pe côté; par ils n' eurent d' abord devant eux pour les contenir que 2 à 300 artilleurs de la garde nationale.
Cela eût été d'autant plus praticable, qu'au même instant les ouvriers chassés des rues Saint-Martin et Rambuteau se jetaient aussi du côté de rHôtel-de-Ville, par la rue Sainte-Âvoye, d'oii il fallut les repousser avec le canon placé rue des Coquilles.
Bientôt même cette pièce de canon, n'étant pas soutenue, fut forcée d'évacuer la rue des Coquilles devant les insurgés, qui, de ce côté, vinrent occuper la rue Bar-du-Bec et celle de la Verrerie. Si, en ce moment favorable, il y eût eu la moindre entente entre la colonne qui touchait aux derrières de THôtel-de-Ville et celle arrivant par la rue des Coquilles, nul doute que THôtelile- Ville n'eût couru de grands dangers, d'autres insurgés pouvant aussi accourir par le pont d'Ârcole. Mais chaque troupe d'insurgés, n'obéissant qu'à son seul instinct, ne combattait et ne s'avançait même qu'en tâtonnant. C'est ainsi que la colonne sortie du faubourg Saint-Antoine et de la place des Vosges ne fut pasdroit à l'Hôtel-de-Ville, comme cela avait eu lieu en 1830; elle crut devoir se retrancher sur la hauteur où se trouve réglise; position avantageuse pour se défendre, mais que l'on devait négliger dès qu'on prenait l'offensive. Dans cette situation* l'artillerie de la garde nationale put facilement arrêter les insurgés, et donner le temps aux secours d'arriver.
Une demi-heure après, des fenêtres de l'Hôtel-de-Ville du oôté de l'église, commençait une fusillade terrible contre les insurgés, et cette même artillerie, dont ils auraient pu probablement s'emparer, les foudroyait. Il fallut soutenir un combat long et sanglant, un de ces combats de défensive, toujours funestes au peuple. Le général Duvivier se place en tête des bataillons de la mobile qu'il a sous la main, et se porte de sa personne, devant l'église, qui, attaquée par tant de forces, est on Un évacuée par les insurgés, après que leurs feux soutenus (Mirent fait éprouver de grandes pertes aux assaillants. Cest au moment du succès que le général Duvivier, peut-être le seul ^ hcf mililaiiH} sincèrement dévoué à la république et au système (lônuHTatiquOi fut atteint, au piod, d*uue balle qui lui tit une I U^surt) oonsidôrt*>o d'abord comme pou grave, mais qui causa lia uiorlqnolquos jours après : il no voulut quitter le champdo Imtaillo que lorsque les abonis do rUôlol-de-Ville eurent été
déblayés. I^ général Duvivier venait de faire connaître au g/nioral en chef tout ce que sa position à THôtel-de- Ville avait alors de sérieux, et demandait des renforts afin de pouvoir résistera une nouvelle attaque qu il prévoyait (*).
En eflfet, quel parti les insurgés n eussent pas tiré de la prise de ce centre, de ce siège de tous les gouvernements insurrectionnels et révolutionnaires? DansFopinion du peuple, l'IIôtelde-Ville au pouvoir de T insurrection eût été considéré comme le triomphe de ceux qui avaient pris les armes contre la réaction. Les cinquième, sixième et septième arrondissements, dont la population démocratique était restée jusque-là en état d' in « surrection expeciante ; ces trois arrondissements, qui avaient à peine fourni quatre à cinq mille gardes nationaux à la cause dite de Tordre, auraient pu, tout à coup, se prononcer pour Tinsurrection, et lui donner des forces immenses. Faiblement gardés par quelques pelotons de gardes nationaux, contenus à peine par d'insuffisantes patrouilles, ces quartiers, où fermentaient les passions révolutionnaires et oh la misère se faisait sentir cruellement, auraient infailliblement, sur la nouvelle dû la prise de l'Hôtel-de-Ville, donné une multitude d'auxiliaires k l'insurrection, qui se serait ainsi établie solidement au centre, tandis que les généraux s'efforçaient de la refouler aux extrémités de la ville. T^e défaut de combinaison et d'ensemble dans les opérations des diverses troupes d'insurgés, le tâtonnement peut-être lorsqu'il fallait tout risquer (^], et ensuite les
(>) Le général Négrier, sur Tordre du géuéral en chef, se vit obligé de touclier aux forces qui gardaient rassemblée nationale : il envoya à son collègue de ril6tel-de- Ville deux escadrons de dragons et une colonne d'infanterie : ees troupes contribuèrent ù dégager complètement ce quartier généial du centre.
(>) (c Les chefs de la démocratie, a dit l'auteur du Prologue d*une Révolution^ en expliquant Tinsuccès de l'insurrection, n'étaient pour rien dans cette levée de boucliers : les plus habiles, les plus énergiques étaient ià Vincennes; les autres mâuquèredt ou d'audace ou de foi eu présence du mélange de bouapar-
mesures énergiques prises par le général Duvivier firoqt échouer celte audacieuse tentative. Dès lors Tinsurrection , chassée du Panthéon, repoussée de rHôtel-de-Ville, n'eutplqs aucune chance de succès.
Elle ne fut pas] domptée pour cela. La plupart de ceux qui se battaient dans le quartier Saint-Marceau, dans les faubourgs Saint-Denis, du Temple et Saint-Antoine, continuèrent la lutte, ne doutant pas que de nouvelles circonstances favorables ne les missent h même de reprendre F offensive.
Hais les forces militaires dont le général en chef disiposait augpaen talent d'heure en heure, au moment où celles de Fi a* 9arrection s éparpillaient encore d avantage .
D^un autre côté, les proclapuations du général dictateur; oéllç que l'assemblée venait publier en dernier lieu ; Tenyol de ses membres sur les lieux et enfin, quelques pourparlers oh ces représentants essayèrent de ramener les insurgés à la confiance envers le gouvernement, avaient produit de bons effets partiels : même on peut croire que ces efforts combinés pour mettre un terme à la guerre civile eussent été couronnés de succès, sans r inhumanité des soldats, delà mobile et de certains gardes nationaux.
€ La dixième partie de ces efforts, dit à ce sujet l'auteur des Journées révolutionnaires, le citoyen Maurin, aurait suffi, le ^â, pour ramener les ateliers nationaux dans la voie de la légalité; mais alors on ne voulait pas pactiser avec l'émeute. Aujourd'hui on en est réduit à entrer en pourparlers avec une révolution.
tistes qu'ils aperçurent aa débat de rin^mrrection. De là, dans le parti da peuple, cette absence de plan, d'unité, d'ensemble qui rendit possible, facile même» la victoire de ses adTcrsaires. Les ouvriers, ne sachant où se porter, restaient sur la défensive; ils se contentaient de garder leurs barricades, sans chercher même à profiter des avantages partiels pour s'avancer. L'Hôlel-de-Ville, placé au point de jonction des quartiers insurgés, n'eût pas résisté à leurs forces oombÎDées, s'ils eussent songea l'attaquer simultanément et sérieusement. »
Lorsque les griefs moraux ou politiques animaient seuls les prolétaires, les travailleurs, les républicains avancés, le raisonnement pouvait suffire à calmer leur impatience, à leur faire comprendre les dures nécessités de leur position. Et n'avait-ot pas vu bien souvent, dans les premières semaines de la révolution, les ouvriers ouvrir leur cœur à la parole démocratique de nos gouvernants? mais les combats du 23 avaient complètement enivré ces malheureux, jetés sans boussole, au milieu d'un océan bouleversé, à la recherche d'un monde inconnu. Des frères, des femmes, des enfants étaint tombés à côté d*6Ui. Plus d'une fois, dans ces courts moments de lassitude quifa^ saient cesser de part et d'autre le combat, ils avaient entendu la fusillade des exécutions militaires : la haine, les Sombres instincts de la vengeance avaient pris place, dans leur cœur, k côté des passions politiques. »
En effet, les ordres barbares , ou la coupable tolérance de bien des chefs dans toutes les hiérarchies ('] ; la conduite atroce de plusieurs corps envers les prisonniers pris sur les barricades et même envers des citoyens inoffensifs que la peur avait fah fair ou se cacher, empêchèrent les insurgés de prêter foreilfe aux bonnes paroles que quelques représentants leur avaient portées ce jour-là ; en présence des traitements révoltants exercés sur la plupart des malheureux qui s'étaient laissé prendre ou qui avaient déposé leurs armes, les insurgés refusèrent de croire aux promesses contenues dans les proclauotations qu ils commençaient à connaître, ifs aimèrent mieux mourir bravement sur les barricades, que d'être fusillés misérablement par le
(*) Dm témoins Irrécasables nous ont raconté avoir entendu sortir de la boodie d'officiers généraux, d'officiers supérieurs et d*ot6ciers sulbàtl<îrneâ , (faé û(M podffimiB nditmtér , Veô ot&f(i^ )«» phi» it)hdmafii«, Im parole» les ffoé'tttlMee eMMre lea ifKargétpfisen combatlanti oi nêmooentredes cttojfoas inonenaiis faiU fnêênmeté, par eela seulement que les insurgés avaient occupé de foroe leors maisons d'bàbitaiion»
premier caporal ivre ou par quelque farouche garde national .
Ces fusillades arbitraires et illégales, lorsqu'aucun chef, aucun soldat n'ignorait que l'état de siège entraînait les jugements expéditifs des conseils de guerre; ces tueries d'hommes que l'histoire ne saurait assez flétrir, ces boucheries de prisonniers qui ravalèrent des soldats français au rang des sauvages de la Nouvelle-Zélande, furent, sans aucun doute, les causes dominantes qui donnèrent h cette abominable guerre civile ce caractère de férocité propre à déshonorer à tout jamais ceux qui s'y livrèrent et ceux qui les permirent. Certes, les bonnes paroles que le général Cavaignac adressa aux insui^és dans la proclamation qu'il fit jeter en grand nombre derrière les barricades, pouvaient faire tomber les armes des mains à plus d'un insurgé; mais le spectacle qu'ils ont sous les yeux, et ce qu'on leur raconte du sort réservé aux prisonniers est de nature à les impressionner bien davantage. Ce sont ces actes de barbarie qui rendent l'insurrection interminable.
Au faubourg du Temple, on rapportait aux insurgés, qu'un général, questionné sur ce que l'on devait faire de quelques prisonniers pris de l'autre côté du canal, aurait répondu: a Fusillez sur place tous ceux qui seront pris les armes à la maint i> et qu'aussitôt des gardes mobiles avaient passé par les armes ces prisonniers.
Du côté du Panthéon, ils apprenaient que les prisonniers faits h la barricade des Mathurins avaient été fusillés dans la cour de l'hôtel de Cluny, dans la rue Racine, dans les environs de la Sorbonne.
Un peu plus bas, on leur annonçait que d'autres prisonniers avaient été passés par les armes dans la deuxième cour de la Préfecture de police ; on leur disait que les décharges entendues dans les casemea de Tournon, Saint-Martin, Poissonnière, etc., etc., provenaient dea fusilladea en masse de leurs malheuretix amia tombés an pouvoir de la troupe.
Ceux des insurgés qui ont combattu sur les derrières de THôtel-de-Ville, sont informés, dans leur retraite vers la rue Saint-Antoine, que les prisonniers faits à V église Saint-Gervais ont été massacrés, soit dans les cours de cet hôtel, soit sur les bords de la rivière, soit sur la place Saint-Jean. A tout instant ils apprennent quelque effroyable exécution militaire.
Ces récits les exaspèrent au point qu il aiment mieux mourir sur les barricades, les armes à la main, que de déposer ces armes devant un vainqueur impitoyable ; et le combat continue avec une indicible fureur ; et la guerre civile, que les bonnes paroles de quelques députés ('), jointes aux mesures humaines de la matinée [^) auraient pu éteindre ce jour-là , se ranime avec rage à la nouvelle de ces cruels excès !
« Défendez- vous, leur crient des voix indignées, défendez- ▼cas» vous seriez massacrés ! — Combattez , lisent-ils sur les billets que leur font parvenir des amis; combattez jusqu'à la
(>) Si le fiut rapporté par l'auteur du Prologue d^une RévohUion est vrai, oomme oo peut le croire par la nature des renseignements qui lui ont été fournit^ tous les députés ne seraient pas allés du côté des barricades pour porter des paroles de conciliation et de fraternité aux hommes qu'ils pouvaient considérer comme égarés. Yoicl ce que cet auteur rapporte comme s'étant passé sur la place de l'Hôtel-de-YiHe.
« A ce moment, dit-il après avoir raconté les effroyables scènes qui venaient de sepaawr près l'Hôtel-de-Ville, sur les bords du tleuve et sur le pont d'Ârcole; à ce moment, deux représentants se trouvaient sur la place de l'Hôtel-de-Yille et causaient avec des officiers. Des soldats de la garde républicaine qui amenaient on convoi de prisonniers leur demandèrent ce qu'il en fallait faire. Ils répon« dirent : FuiiUêM ! fuiUUz ! »
Un pareil fait n'aurait pas besoin de commentaires. Il prouverait que les impitoyables de l'assemblée nationale n'y avaient point laissé leurs passions, et que leur haine pour la démocratie ne s'était pas éteinte en présence du sang ré* fiandu sur le ebamp de bataille.
(>) Dana le moment critique et lorsque Ton put craindre que THôtel-de-Ville ne tombât entre les mains des insurgés, l'assemblée nationale vota d'urgence, ainsi que nous le dirons plus loin» un décret présenté par son président, portant que iroiêmiUionide francs seraient distribués aux citoyens dans le besoin. TOHi m* f^
M HliTOIRI
mort ; ne tous T%nAeÊ paii, càr tos ennmiù m tout ptri de Quartier t ^
Disons-le sans crainte d'être jamais démentis, les démo* crates, les républicains sincères, dans quelque rang que la lutte les eût jetés, non-seulement conservèrent leurs mains purea de tous ces horribles excès» mais encore ils les combattirent et les empêchèrent partout od leur influence put prévaloir.
a Ceux auxquels nous faisons allusion, ce6 hommes aux pas» sions basses et violentes à la fois, dont les excès déshonorèrent le triomphe de la cause de Tordre, s'écrie uû écrivain bien renseigné, n étaient pas des démocrates ; ils n'avaient pas pris le fusil pour défendre et sauver la république ; la république repousse la solidarité de leurs actes : c'étaient, sani aucun doute, d'anciens royalistes animés par une ignoble vengeance, nourris des traditions de la rue Transnonain et du Cloître^ SainfrMéry, dont ils renouvellent les scènes odieuses^ »
Que dirons-nous de ceux qui, n'étant ni animés par le combat, ni enivrés par l'odeur de la poudre, ni transportés de fureur à la vue de leurs amis tombés près d'eux sous les balles parties des barricades; de ceux qui, loin des champs dé bataillé et renfermés dans leur cabinet, excitent systématiquement la troupe contre les insurgés par les récits de prétendus actes de barbarie commis derrière les barricades, et, provoquant froidement la rage stupide de quelques gardes nationaux, de quelques soldats et des jeunes gens de la mobile, transformant ainsi leur bravoure en férocité I Combien furent coupables ces journalistes de la réaction qui mirent tant de persistance à placer sous les yeux de la garde nationale et de la garde mobile ces récits mensongers, inventés par les fauteurs de guerre civile» ces récits affreux, propres à troubler l'imagination de ces jeunes enfants du peuple, dont ils se servent pour frapper leurs ennemis politiques !
L'opinion publique a» depuis longtemps» fait une éclatante
DE LA RÉyOpUTION DE 1848. M
jiistice de toutes les o^euses inventions que les passions les plus détestables, c[ue Içs imagii^ations les plus infernales soreitt si déplorahlement exploiter pour assouvir leurs vieilles haines contrôle^ républicains. L'historien des journées de juin pourrait, jusqu'à un certain point, passer Téponge sur ces redoutables provocations, s'il n'y trouvait, non pas l'excuse, mais Texplication de ces assassinats que bien des gens ont considérés comme de légitimes représailles, comme une conséquence des lois 4e la guerre, et comme le droit du vainqueur. Malgré notre répugnance à exhumer les bulletins irritants que les factions royalistes jetaient à toute heure dans les bivouacs des soldats de l'ordre, nous en publierons ici quelques-uns, afin de 4oQner une idée des moyens dont se servaient ces faction^, moyens d'autant plus infâmes que ceux qui les employaient savaient mieux que personne à quoi s'en tenir sur les faits qu'ils publiaient.
Qu çawweuçç^ d'abord par accréditer les bruits qui avaient eotti^u quelques jours auparavant, et avec quelque raison alori, d'or répandu à profusion pour renverser le gouvernement 5 on citait plusieurs prisonniers, et principalement des ouvrier^, cJlQS lesquels on avait trouvé, disait-on, tautàt des $iQ^lm?l^ d^ deux, trois, et juqu'à dix mille francs en or (^), tantôt plusieurs billets de banque.
(*) Nous avons déjà eu l'occasion de nous expliquer au sujet de l'argent répandu par les factions royalistes pour troubler la marche de la république. Four nous, nous avons la certitude que ces distributions ont été faites, non pas le 22 et le 23 juin, mais à Tépoque du rassemblement de la place de la Coneorde. Une circonstance personnelle, circonstance qui pourrait trouver sa place dans des mémoires, ne nous permet point de conserver le moindre doute à ce sujet. Mais, en supposant que quelques-uns des faits cités par les journaux réactionnaires eussent été vrais, nous sommes à môme de citer deux faits propres à prouver combien il était naturel, dans certains cas, de trouver de Tor ou de l'argent, et même des billets de banque, sur quelques-unes des personnes tuées ou arrêtées.
La 25, la mobile, arrivant rue des Écluses-Sain t-Martin, crut avoir tntendu
ti HISTOIRE
« Hier, disaient les journaux honnêtes et modérés, appelés b ùmiUtutionnel, tAssmbîée nationale^ POpimmpubtique, la Putrie, 1$ Conaire^ la Prwidenee, la Voix de la vérité et autres, on a arrêté, rue de Yemeuil, une femme qui distribuait de F argent à des ouvriers. »
— « On a arrêté un insurgé, très-pauvrement vêtu, que Ton a trouvé nanti d'une somme de onze miUe francs en biileto de banque »
— « Un homme a été arrêté et conduit à la chambre. Il avait sur lui 4,000 francs en or, et des bulletins imprimés portant ces mots : Demandez Henri Y. »
— « Sur le boulevart Poissonnière, deux jeunes gens, égar lement accusés de distribuer de l'argent aux émeutiers , ont été arrêtés. »
un oonp de fusil parti de la maison n^ il, où se fabriquaient des ressorts pour les looomotives. Aussitôt la maisou est fouillée de fond en comble, et tous les habitants sont faiU fHmmnierê, On en trouve un que la peur avait fait ae cacher, et on crut apercevoir qu'il avait les mains noires de poudre : c'était l'homme de peine de l'établissement , être inoffensif s'il en fut jamais. Les mobiles, à qui il demandait grâce, le tuèrent à bout portant. On trouva sur œt homme de peine environ 500 francs en or t c'est que la caisse d'épargne de cet ouvrier, très-rangé d'ailleurs, était son gousset ; dès qu'il avait écono» misé 20 francs, il les échangeait contre une pièce d'or, qui, avec les précédentes amassées péniblement, ne le quittait jamais. Combien d'autres, imurgéê ou non, n'avaient-ils pas la même manie de thésauriser ! et combien d'autres , au moment de quitter, pour toujours peut-être, leur domicile, n'ont- ils pas dû être portés à se munir de l'argent qu'ils pouvaient posséder 1
-» Après la déplorable affoire de la place du Carrousel, on trouva aussi sur l*un des prisonniers qui venaient d'être tués, huii mile franeê en wr; le fait, m'a-t-on assuré, était vrai. Mais ce qu'on n'a pas dit, c'est que ce prisonnier était un Italien qui venait de toucher le premier à -compte d'un héritage qu'on liquidait depuis plusieurs mois; le second à-compte ou le solde arriva chea aon banquier quelques jours après sa mort.
Gomme on le voit, l'or trouvé chez l'homme de peine et celui que portait l'étranger fusillé dans la nuit du 27 juin n'avaient rien de commun avec l'or répandu pour soulever le peuple.
— « Un très-grand nombre d'individus saisis les armes à la main on porteurs de cartouches ont été incarcérés. Tous ont été fouillés ; sur plusieurs d'entre eux, on a trouvé des sommes importantes dont l'origine n'a pu être justifiée d'une manière satisfaisante »
Puis, comme nouvelles preuves de cette distribution d'argent aux insurgés, et afin d'amener la fable des dix mille forçats libérés vus sur les barricades, les mêmes journaux annonçaient les faits suivants :
« Parmi les insurgés tués sur ces barricades ou faits prisonniers dans les engagements, on trouve, comme on devait s y attendre, la lèpre des forçats libérés et des repris de justice. Sur r épaule de plusieurs cadavres transportés à la caserne du faubourg Poissonnière, on voit les lettres de la marque, signes indélébiles de la flétrissure morale et de la dégradation civique »
— « Sur huit morts ramassés à la barricade du faubourg Poissonnière, cinq ont été reconnus pour des forçats. Un d'entre eux s'est écrié en mourant : « Quel malheur de se faire tuer pour dix francs!
— « Plusieurs insurgés à qui le juge d'instruction demandait pourquoi ils ne s'étaient pas rendus plus tôt, ont répondu : // fallait bien que nous gagnassions l^argent quon nous avait donné I
Enfin la Liberté^ journal d'Arras, qui puisait ses renseignements aux mêmes sources, s'exprimait ainsi au sujet de cet or français et étranger trouvé sur les prisonniers :
« La quantité d'or qui a été trouvée sur des insurgés est considérable. Ce matin, on a trouvé sur un individu qui avait été arrêté sur les barricades une caisse remplie de pièces d'or, i H pouvait y en avoir pour 7 à 8,000 francs, et on dit qu un ^ homme arrêté sur les barricades a fait quelques révélations : il aurait avoué que tous les ouvriers des ateliers nationaux rea>-
49 BISTOiaK
rn» « Q fauclw Ww (^^e ^o^ sache un jaur cm ïw^re, s'é- «iteitlp ÇwWf*, Fûy^iate. 4'ftîi prqvieAl To^r que J'op trQwve en si grande quantité entre les mains des ipsurgés ? Qana w saql bôpim, j^ k Pitié, su? 580 indÎTidu» wrrêtés, on eoippte juiKiu i çept pipquautç-aeof ffiiU^ fi'apç? en nuipénwQi tapt
Et comme conséquence de ces coupables emt^^^ucbepiMltf^t de oette prime pay^ awi fauteurii dd Ift guwrei fiifUe, op ne tarda pas à montrer ces «oidats n^orpepaires d^ la révûlfet cçs iQsuinés saps drapeau, o^ forçat» lU^érés qia é?Adéai se Uvrant contre les prisoppiepi, et principf^^^t ÇQQtl^ \^ ep^Bipts du peuple de la mobile, k de» aQt^s fktrpci^, qp^ l^ feni^te^ de )a
rteotioii r^^ptai^pt «vec iou(^ le» i4iff)Wt«poM le» plw p^
près à exciter r indignation :
Dèa le 13, eea japppapjc ft^praiept qpç dew^ ^fftoier? de la garde patiopfdfi , pasawt rp^ Bergère pppf se repdre 4 lepr {Kiste, avaient été tués p v deux cppps d«! pwtq}^ tirés à liqvt portant.
«^a I«0 i^p^eigpemepts lep plp» o^taipsi ajautajapt dantres fauîUes, topjours lmn(ies et ma#*^, ne pqps perp^tte^t p9s
da douter dep atroeité» epwmssi m Iw Wfivrgéit atrocités
(^) Beux jours après la pubUcatioD êe oette note si positive, mn aut»e Journal
f vendait pfMP la déo^EgUoq airifan^» davfyat liaml^a 1^ r^y<toto ^uiaieiit
dû se taire :
€ I^'après les informations qui ont été prises auprès ^ M. Yincent, directeur de l'hôpital de la Pitié, il résulte que sur soixante-dix individus qui se trouvent
l'hospice, et seupgennéa d*aveir pris part à linsosieflition, U n'a été trouva mr #119 fQ|M, «^'|II^ spinme d^ d^^ fi^mk4 vm%^m <^1<>Wl «
I^ îoufnal h Pficp(e çon^Hjn^^t ^a9i% encore en récuse aux bruits acqi^ dites nai^ les royalistes :
s Sur cinquante à soixante prisonniers amenés à la prison de FAbbaya^ ob a liwvé à paîiia da ^pioâ oomplélsr la vaAMal »
DE LA RÉVOLttttON EE 1848. M
qU^oh ci^ifàit empl^Uiitées àûi annales des tribus sàuVâgèà âe r Amérique. Cinq officiers de la garde imobile ont été décapités par uti homme vêtu en femme I
« ly autres faits semblables sont attestés. M. t'ayer assure que les insurgés ont tranché la tête stir un billot à quatre officiers dô la garde mobile qii*ils ont pris etitre deux feux, derrière le Panthéon. )>
a t!n gardé mobile rapporté quHl à toi une abominable femme qui, coiffée d'un bonnet rouge, portait sur la pointe d'un sabre, et Comme Un drapeau, la tête d'uti officier.
«Déjà, la veille, ajoute ce joUrUaliste, une autre femme habillée en homme avait coupé la tête d*un capitaine. Cette der^ ilière a été épargnée et conduite à F Abbaye. »
Ecoutez encore les mêmes feuilles royalistes ; remarquez que cô sont toujours les gardes mobiles qu elles cherchent à exciter, parce que ce sont eux que les réactionnaires comptent pouvoif lancer sans réflexion :
a Dans le fauboutg du Temple , racontent ces mêmes journaux , une femme placée derrière la grande barricade coupait elle-même la tête aux prisonniers.
« tin garde mobile a eu les jambes sciées avec une scie de charpentier.
«r On en a trouvé un k qui Ton avait Coupé les jambes, les mains et le nez ; enfin quelques-uns de ces bandits ont enduit de résine de malheureux prisonniers et se disposaient à les brûler; heureusement on est arrivé à temps pour les délivrer. »
— « D'autres faits semblables sont attestés , impriment toutes les feuilles honnêtes et modérées. Sur la principale barricade du faubourg Saint-Antoine , on voyait empalé sur un pieu le cadavre mutilé et éventré d'un garde républicain , revêtu de son uniforme. Dans le Panthéon , on a trouvé le corps de plusieurs gardes mobiles pendus par les poignets, et percés de
HISTOni
cowpidegdbteetdebaioiUiette. PtittleciosSaiallMiwi, aflfider d'inliiiiferie fait prâoDoier par les insiiiigés, ctat les deox poignets eoopés ; il était mort lentement par terre de ees aflreoses mutilations. On avait aussi trancbé les pieds dTui Iragon et on F avait placé mourant sor son dieval !
-^ « On eipliqae Teiaspération des troupes , disait le joor* nal royaliste Y Aaemblée natUmale ^ quand on saura qndles ont trouvé dans le Panthéon plusieurs de leurs offdars pendus.
L'Opinian publique ajoutait encore» en parlant des insurgés du Panthéon : « Ils ont fait poser la tête des quatre officiers prisonniers sur un billot, et un homme d^piisé en femme la leur a coupée avec une hache. Ils ont porté ces tètes au haut de la balustrade et les ont jetées , avec les épaulettes , dans la place. Dix-huit gardes mobiles faits prisonniers ont été enduits d'essence, et ces atroces cannibales voulaient y mettre le feu. Les femmes leur ont évité un supplice si féroce. »
— a Des actes d'une atrocité révoltante , répètent les autres feuilles modérées « nous sont signalés comme ayant été commis par les rebelles.... Une femme arrêtée hier avouait avec une horrible franchise qu elle avait tranché la tête à trois gardes mobiles. »
— 4( Hier, au port de la Galiotte, les troupes qui s'en étaient emparées ont trouvé la tête et les bras d'un garde mobile que les insurgés avaient mutilé. Un ofBcier de dragons ayant été fait prisonnier, les insurgés lui ont coupé le poignet comme à un fratricide l »
— « La femme Leblanc , cette homble créature qui est ac« cusée d'avoir tranché la tête à quatre gardes mobiles avec un couperet de boucher, avouait hier, avec un cynisme effroyable, avoir accompli cette infâme boucherie... Deux autres femmes sont enfermées avec elle... Elles sont prévenues de s'être por* tées sur des cadavres à d'horribles mutilations. »
— « Sur plusieurs barricades , disait encore le journal le ConstitutionneU des têtes coupées et coiffées de képis, avaient été placées comme des épouvantaiis. Enfin une tète dans la bouche de laquelle on avait coulé de la poix et mis une mèche , a été plantée sur une pique. Cet horrible fanal a été allumé , et, les misérables qui avaient commis cette effroyable barbarie chantaient autour de ce hideux trophée : Des lampions I des lam^ pionsl »
Arrêtons-nous. Nous avons assez cité de ces bulletins atroces auxquels les royalistes ont mis leur cachet , de ces bulletins odieux, semant partout 1* irritation, 1* exaspération et la rage; de ces nouvelles mensongères et absurdes que les mouvements fébriles de la peur et de la haine accréditaient partout avec une déplorable rapidité ! N* est-ce pas assez de meurtres et de haines , de sang et de cadavres, sans que Ton s efforce encore d'envenimer par des récits que l'on sait sciemment faux cette malheureuse guerre civile , désespoir de toutes les âmes honnêtes t Cest malgré nous que nous avons relaté quelques-uns de ces bruits par lesquels les écrivains royalistes sans pudeur ont voulu calomnier une partie de la population de Paris : nous avons dû dévoiler leur but. Ils ont voulu déshonorer la démocratie, porter l'effroi dans les départements et la joie dans le cœur des despotes, alors attristés par ce qui se passait chez eux ; les royalistes ont cherché à faire croire que les républicains de Paris n'étaient qu'un ramassis de pillards, d'incendiaires , de cannibales ; et leurs journaux les ont appelés des barbares l
C'eût été déjà un acte de mauvais citoyen que de révéler au
monde des faits aussi odieux, lors même que ces barbaries
eussent été réellement commises. Mais de quelle indignation ne
doit-on pas être transporté lorsqu'on sait qu'aucun de ces récits,
rapportés avec tant de circonstances propres à les accréditer ,
n'a pu soutenir le jour, et que tous , tous sans exception , se sont TOME ur 6
A HISTOIftK DE LA KÉTOIUTION DE 1848.
ptr conséqiieiit évanouis comme de mautais rères, d^ qa'on a touIq m doniier la peine de lea vérifier (*) I Elerneb en* nemis du peuple , tond Paves , une fois de pins , làcliemeiit calomnié f
(0 l>eiix boni dioyeAfl, Berfmii et Bofrie, ont publié une brocëiire de près de eapigee IntHvIée : GiiOMn aa u Mtiti ■iActieiiiiiiai «m L'iHamuAcnoii m ww^reUvé exaei de$ wienêongei^dénoneiatiant on intinuaiiam de eu jawr^ Mmuffavêe le démenti a^^lhmUique au offeiel au-detêoue de chaque fait. Ce petit Ihrereetera comme un monument aocablaot pour le pertiqui i^eettinu déshonoté lui-mène en eherohânt à aéirir fee tépublioeine.