CHAPITRE SEPTIÈME. m
meut, en prévision de ce qui pouvait arriver, qde vous ayez mis dans votre règlement un article qui semblait placer le peuple sous le coup d'une suspicion. (Violente interruption, un grand nombre de représentants adressent à l'orateur de violentes apostrophes.)
« Un représentant : Ce n'est pas le peuple, car nous sommes tons du peuple, c'est le club de la rue de Rivoli.
« Un autre membre : C'est une dérision ! à Tordre ! à l'ordre!
« Le citoyen Louis Blanc : J J at profondément regretté pour ma part que, lorsque je suis venu vous demander avec un désintéressement complet... (Explosion de murmures.)
a Un représentant : Vous posez beaucoup trop à la tribune. (Assez , assez.) Vous ne parlez constamment que de vous, c'est indécent
« Un autre représentant : Vous êtes à la tribune pour vous défendre. Défendez-vous!
a Le citoyen Louis Blanc .-Je sens, aux exclamations que je soulève, que j'ai ici beaucoup de convictions contre moi.
« Voix nombreuses : Plus que cela l
« Le citoyen Louis Blanc : Je ne crois pas qu'il y ait ici plus que cela. II ne peut pas y avoir de la haine contre moi... (Allons donc! II n'y a que du mépris.) Quant â moi, je n'ai aucun sentiment de haine à l'égard de ceux qui ne partagent pas mes convictions. (A la question! à la question.) Vous voulez que j'y vienne, m'y voici. Je jure par tout ce qu'il y
a de plus sacré au monde que je n'ai rien fait, absolument rien fait pour conduire le peuple ici... (Violente interruption.) Je jure par tout ce qu'il y a de plus sacré au monde que si je suis complètement dans les sentiments que le peuple a manifestés... (Explosion de cris : à l'ordre! à l'ordre! — Une grande partie des représentants se lèvent avec énergie et adressent, des apostrophes violentes à l'orateur).
<c Le citoyen président : Si le citoyen Louis Blanc était accusé il aurait le droit de se défendre.
a Le citoyen Louis Blanc : Citoyens, je ne me suis jamais, quant à moi, fait l'homme de la violence; j'ai toujours été l'homme du droit, et je mettrais au défi qui que ce soit ici de citer de moi une parole...
« (Plusieurs membres demandent la parole.)
« Le citoyen Louis Blanc : Pas un mot, pas une ligne qui soit un appel à la force brutale. Quand je suis venu ici, j'y suis venu dans la plus profonde ignorance de ce qui devait s'y passer. Hier, comme tout le monde, j'avais entendu parler d'une manière vague d'une manifestation qui devait avoir lieu aujourd'hui. Eh bien ! cette manifestation, je l'ai déplorée dans le fond de mon cœur et j'ai dit... (Vive interruption d'incrédulité.) et j'ai dit que je l'avais déplorée à plusieurs de mes amis que je suis bien aise de trouver l'occasion de venir défendre à cette tribune, parce que si je ne le faisais pas, je serais un lâche. ..
« Une voix : Vous l'êtes! (Mouvements divers.)
« Le citoyen Louis Blanc : Et parmi ces amis, je citerai Barbés. ( Exclamations.) Oui, Barbés! et rien