‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 125 sur 164 · CHAPITRE SEPTIÈME. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. Î

ne pourra me faire taire ce qui est la vérité. Je dois à la vérité, pour laquelle je professe autant de respect que pour l'Assemblée....

« Un membre : L'Assemblée que votre ami Barbés a dissoute.

a Le citoyen Louis Blanc : Pour l'Assemblée, qui, elle-même, ne peut réclamer de respect qu'autant qu'elle en montre pour tout ce qui est liberté, vérité, justice.

« Un membre : Et tout ce qui n'est pas utopie. « Un représentant : Ètes-vous allé à l'Hôtel-de- Ville?

« Le citoyen Louis Blanc : Non! je suis revenu ici reprendre mon poste de représentant. (Assez ! assez !) Et voilà l'homme qui a été insulté par ceux qui devaient le défendre. (Murmures.)

« Je me résume en quelques mots... l'enceinte a été envahie; on m'a dit qu'il fallait calmer les hommes qui avaient envahi cette enceinte... (Interruption.)

a J'étais convaincu, quant à moi, de la nécessité de faire respecter l'Assemblée. (Dénégations.)

« Je suis monté à cette tribune pour le dire. (Assez ! assez I)

« Un membre : Quand on vous accusera, vous vous défendrez; c'est par trop occuper l'Assemblée de votre personnalité. (Assez 1 assez!)

<c (Le citoyen Louis Blanc descend de la tribune.

« Les citoyens Lefort-Gonssollin et Victor Grand in se précipitent à la tribune.

« Le citoyen Marrast se dirige aussi vers la tribune).

« Le citoyen Lefort-GotissoUin ; L'orateur qni descend de la tribune a mis toute l'Assemblée au supplice. (Bruit.)

« Voix diverses : Laissez parler le maire de Paris.

« Le eitotjen Lefort-Gonssollin : Très-volontiers.

« Le citmjen Marrast : Après la scène qui a eu lieu dans celle enceinte, des colonnes conduites par quelques hommes, dont la justice aura plus tard à apprécier la situation, se sont rendues à l'Hôtcl-de- Ville. Les forces qui étaient accumulées près de l'Hôtel n'é- I nient pas suffisantes pour les empêcher d'entrer. Les grilles ont été fermées, et une certaine quantité de citoyens ont envahi l'Hôtel. Ils se sont transportés dans une des salles où ils ont proclamé un Gouvernement provisoire ; celui-là n'a pas suffi, on en a proclamé un deuxième.

« Pendant ce temps, la garde nationale est arrivée, d'après les ordres qui lui avaient été transmis, et aussitôt que nous avons été les maîtres de la place, nous avons fait entrer un bataillon de garde nationale et de garde mobile dans l'intérieur de l'Hôtel.

a. Nous avons fait cerner les citoyens qui s'étaient institués ainsi Gouvernement au nom du peuple, et, un instant après, j'ai cru pouvoir donner l'ordre, autorisé du reste par deux membres de la Commission exécutive présents, d'arrêter toutes les personnes qui se trouvaient là. J'ai le regret d'annoncer à l'Assemblée que, parmi les citoyens arrêtés, se trouvent par accident deux de ses membres , le citoyen Barbés et îe citoyen Albert.

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