‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 2 sur 164 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Autorité suprême et mission de l'Assemblée nationale constituante. — Physionomie de l'Assemblée. — Description de la salle des séances. — Vérification des pouvoirs: incident. — Nomination du bureau; son installation. — M. Bûchez déclare l'Assemblée nationale définitivement constituée, aux cris de: Vive la République t — Délégation du pouvoir exécutif : ses difficultés de personnes, de forme, de principe; MM. Lamartine et Ledru-Rollio; tentative pour les unir; réunion chei M. Marie ; danger de délaisser certains membres du Gouvernement provisoire; démarche de M. Garnier-Pagès auprès de M. Lamartine; réunions et projeta des anciens députés de la gauche et du centre gauche; comptes rendus des membres du Gouvernement provisoire; approbation de l'Assemblée ; critique de la presse ; discussions préparatoires 1 dans les bureaux de l'Assemblée ; séance publique ; proposition faite par M. Dornèssur la constitution du pouvoir exécutif: renvoi à une commission ; la commission adopte la nomination, par l'Assemblée, des ministres et du président du conseil ; séance du 9 ; discussion sur la formation du pouvoir exécutif; l'Assemblée décide qu'elle ne nommera pas directement les ministres; incident Ledru-Rollin ; l'Assemblée adopte la formation d'une commission exécutive de cinq bres; séance du 10: élection des membres de la Commission exécutive;

de la formation du ministère; le Gouvernement est constitué.

L'Assemblée nationale constituante avait reçu du Gouvernement provisoire le pouvoir délégué par le

peuple le 24 février, et elle avait acclamé dix-sept fois la République.

A une autorité improvisée, révolutionnaire, succédait une autorité élue par la nation tout entière.

Concentrant dans ses mains les forces, les aspirations, les droits, les devoirs du pays, cette Assemblée avait une mission régénératrice : elle avait à formuler une Constitution; à décréter les réformes morales, matérielles, politiques, sociales; à conserver à la France ses glorieuses traditions et sa vigoureuse initiative; à donner au monde une nouvelle et féconde impulsion dans la voie du progrès.

La curieuse physionomie de la salle où siégeaient tant d'hommes éminents ne pouvait rassasier l'attention. Dans les groupes , disposés par le hasard bien plus que par le choix , on remarquait , sur les bancs de la droite, MM. Léon de Malleville, Duvergier de Hauranne, de Rémusat, 0. Barrot; au-dessous d'eux, MM. Baroche, Drouyn de Lhuys et Berger; au-dessus, MM. Havin, Jules de Lasteyrie, Abbatucci et d autres membres de l'ancienne gauche; non loin, MM. Berryer, de Falloux, de Larcy et leurs amis ; au plus haut banc , M. Dupin ainé ; MM. Dufaure, Vivien, de Tocqueville, Gustave de Beaumont, aux mêmes places qu'ils avaient occupées comme députés ; en pleine gauche , M. Billault ; MM. Béranger et Gourtais , à l'extrême droite.

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