‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 25 sur 164 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Séance du 11 mai : Nomination d'une Commission de comptabilité et d'une Commission de règlement; adoption et texte du règlement; décret sur la présentation des pétitions à la barre; création de Comités permanents; tactique dans la composition de ces Comités; animation et multiplicité des travaux; nomination de la Commission de constitution ; incompatibilité; adoption d'un signe diatincUr pour les représentants; démission de Béranger; M. Wolowski présente et soutient une pétition des Polonais; M. d'Aragon demande à faire des interpellations sur les affaires d'Italie ; réponse de M. Lamartine; renvoi de la discussion au 15 mai; M. Louis Blanc demande la création d'un Ministère du travail et du progrès; rejet; création d'une Commission d'enquête sur la situation des travailleurs; Commission du travail industriel et agricole. — Protestation de la Commission du Luxembourg contre la fête de la Concorde, des détenus politiques, de ITnion. — Attaques des socialistes et des royalistes contre l'Assemblée; leurs forces. — Ressources matérielles delà Commission exécutive; leur insuffisance; nécessité d'employer seule la force morale. — Nécessité d'une résidence gouvernementale ; installation de la Commission au Luxembourg ; récriminations contre son luxe ; sa pénurie; sa position difficile a l'Assemblée; sa résolution de tenir tête an mal et au péril. — Conversation des membres de la Commission sur le donjon de Vincannes ; mot de Lamartine. — Réunions de la Commission : fermentation des ouvriers du chemin de fer du Nord, des journaliers terrassiers. — Projet du rachat des chemins de fer. — Résolution» concernant les Ateliers nationaux, les ouvriers, les fabricants, les industriels. — Convocation d'un Conseil du Gouvernement, en prévision de la journée du 15 mai.

Le Pouvoir exécutif élu, l'Assemblée procéda aussitôt à son organisation intérieure. Divisée en dixhuit bureaux de cinquante membres, elle nomma une Commission de comptabilité et une Commission de

règlement. Cette dernière, composée, à l'exception d'une seule personne, d'anciens députés, choisit pour rapporteur M. Vivien, jurisconsulte célèbre par ses connaissances administratives.

En effet, il était urgent de donner des règles et une direction aux travaux de l'Assemblée. Son inexpérience éclatait à toute occasion. Pour se conduire à travers le dédale des difficultés qui naissaient à chaque pas, elle n'avait que les antécédents des Chambres monarchiques ou des temps révolutionnaires. Et il lui était indispensable de se créer au plus tôt les moyens de faire respecter sa discipline au dedans et son autorité au dehors. Le terrain mouvant sous ses pieds, l'atmosphère brûlante autour d'elle, lui faisaient pressentir des périls. Mais, enveloppée de ténèbres, elle ne les voyait pas. Elle s'ignorait ellemême. Les représentants, accourus de tous les points de la France, se groupaient un peu au hasard. Leurs réunions préparatoires présentaient maintes fois les mélanges les plus variés de noms, d'opinions, d'idées. La classification ne pouvait se faire que peu à peu, par le temps ; mais, dans ces premiers jours, partout il y avait trouble et confusion.

La Commission de règlement formula et fit adopter le décret suivant, que l'histoire doit recueillir in extenso, parce que sa violation presque immédiate par un coup de main anarchique et plus tard sa violation par un coup d'état despotique précipitèrent la République à sa ruine :

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