‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 46 sur 164 · CHAPITRE TROISIÈME. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. S

« Et ce sera justice et Dieu bénira le succès de nos armes. »

Le club acclama cette pétition. Il adopta aussi une déclaration violente qui qualifiait d'infame guet-apens les événements de Rouen.

La Commune de Paris inséra ces deux pétitions, qu'elle fit précéder de ces mots : « La réunion a unanimement confié à son président le soin de porter à la barre de l'Assemblée nationale le résultat de sa délibération. »

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Ainsi, par l'habileté de cette double protestation, les meneurs poussaient le peuple à une démonstration , en même temps qu'ils cherchaient à flétrir et à désarmer la répression, en l'accusant, par une analogie anticipée, de n'être qu'une boucherie.

Epuisant leur arsenal de tactique, à cette flétrissure ils ajoutaient la raillerie. M. Raspail publiait, dans son journal, un article qu'il intitulait : Panique du 9 mai a Vers les dix heures, la 1 I e légion était convoquée; le rappel battait dans d'autres quartiers. Quel danger courait donc la Patrie pour la deuxième fois? Le voici : Une pétition des clubs, relativement à la Pologne et aux affreux massacres de Rouen, devait, disait-on, être portée en corps à l'Assemblée. Spectre des clubs, que me veux-tu? Cette pétition, votée par cinq mille citoyens et cinq cents citoyennes, au club des Amis du Peuple, salle Montesquieu, dans la séance du 6 mai, a

été portée et ne devait être présentée à l'Assemblée que par un seul membre. Bonne garde nationale, n'ajoutez donc plus foi à la panique de ce brave maire de Paris, le citoyen Marrast; il se promène depuis quelque temps poursuivi par le songe qui poursuivait le père sournois. »

Cette panique avait sa raison d'être : le préfet de police, dans une lettre du 9 au président de l'Assemblée, se félicitait <r d'avoir détourné les citoyens qui avaient dessein de se rendre en députation à la Chambre, non par une proclamation, qui amène souvent les inconvénients auxquels elle, a pour but de remédier, mais en agissant sur les esprits par des influences qui, pour être indirectes, n'en sont pas moins efficaces. » Il se réservait « l'avertissement par placards, là où les moyens de persuasion, employés le jour même avec succès, paraîtraient devoir échouer devant une volonté fermement arrêtée. »

Les délégués de la plupart des clubs, qui avaient acclamé les pétitions en faveur de la Pologne, se réunirent comme membres du Comité centralisateur. Là, chacun d'eux résuma les discussions dont ces pétitions avaient été l'objet. Dans les séances agitées des 7, 8 et 9. le président, M. Huber 1 , fit accepter la proposition

* M. Huber. condamné en 1838 (complot Steuhle et M 11 * Grouveile), était resté en prison jusqu'en 1848. M. Monmer (Charles Michel), secrétaire gér.éral de la préfecture de police, chargé de vérifier son dossier a la police, déposa, Ion»

d'une solennelle démonstration. Le 10, le Comité repoussa la rédaction de M. Raspail, comme insuffisante; puis, pour mettre en harmonie les diverses résolutions et fixer le jour et les moyens de la manifestation, une convocation générale fut faite, par affiches placardées sur les murs de Paris :

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