‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 49 sur 164 · VITI · texte numérisé non relu

VITI

La journée s'était donc heureusement écoulée; mais le calme n'était pas revenu dans les esprits.

Les préparatifs de la fête du Ghamp-de-Mars n'étant pas achevés, le ministre de l'intérieur en annonça à l'Assemblée l'ajournement au dimanche suivant; il donna aussi pour raison les nombreuses réclamations de délégués, écrivant de leurs départements qu'ils voulaient y assister. Ge retard involontaire, obligé, souleva les plaintes des délégués déjà arrivés et qui ne pouvaient attendre. Le 14, réunis en grand nombre au Palais national, ils envoyèrent une députation réclamer au ministre des explications, et demander que

la fête eût lieu le mardi 16. Ces mandataires furent reçus avec déférence par M. Recurt, qui leur énuméra les obstacles, les impossibilités, et promit d'en référer sur-le-champ à la Commission executive afin de. leur rendre réponse, le jour même, place Vendôme.

Vers 3 heures, ces délégués étaient, avec leurs bannières, au lieu désigné. A quatre heures, impatientés d'une vaine attente, ils profèrent des plaintes, des murmures. Quelques-uns se présentent, au nom de leurs confrères, au ministère de la justice. M. Grémieux étant souffrant, M. Flocon vient les recevoir. Il leur donne des explications, qui ne font que surexciter leur irritation. M. Recurt survient et rend compte de ses démarches en termes mesurés. Il n'est pas mieux écouté. Sa proposition de représentations théâtrales, spéciales et solennelles, est repoussée par des clameurs. L'agitation menace de dégénérer en émeute. Une allocution énergique de M. Flocon, et la promesse de M. Recurt d'examiner de nouveau la possibilité d'une revue de la garde nationale, où seront appelés les délégués, calment enfln ces transports. Les plus exaltés portèrent aux journaux leur mécontentement, les priant de le publier et promirent de se joindre à la manifestation du lendemain.

C'est ainsi que l'incident le plus petit, le plus imprévu, spontané ou préparé, devenait une cause de perturbation.

C HAPITKK TROISIEME.

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