‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 93 sur 164 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

tent la place publique et qui jettent la perturbation dans le commerce et dans l'industrie. Sans doute, citoyens, il peut y avoir quelque chose de vrai là-dedans; mais le peuple sait bien par un sentiment d'instinct que ce n'est pas là la cause première, la cause principale de la situation déplorable où il se trouve aujourd'hui. Le manque de travail, la crise commerciale et industrielle datent d'avant la révolution de Février; elles datent de plus loin, elles ont des causes profondes, sociales; ces causes doivent être signalées immédiatement à l'Assemblée : le peuple a vu avec une certaine douleur que des hommes qu'il aimait ont été pour ainsi dire systématiquement écartés des conseils du Gouvernement. (Bravo! bravo!) Gela a ébranlé la confiance.

« Un factieux, sur l'escalier de la tribune : Nous venons ici pour demander et pour consacrer tous nos droits, quels qu'ils soient.

« Plusieurs citoyens, non représentants : La Pologne ! La Pologne ! Nous traitons ici toutes les questions sociales.

a Blanqui, non représentant : Citoyens... (Le bruit empêche le citoyen Blanqui de se faire entendre.)

« Un homme du peuple, au milieu de l'hémicycle : Silence, citoyens ; dans notre intérêt.

a Blanqui, non représentant : Ce n'est qu'incidemment, citoyens, que cette question du travail et de la misère du peuple a été soulevée ici : je dois vous dire que le peuple ne vient pas ici principalement pour vous occuper de lui; il vient pour vous occuper de la Pologne. (Bravo! bravo!) Il ne peut pas laisser passer

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cette occasion sans rappeler à ses représentants que lui aussi est malheureux, et que c'est là un nouveau point de similitude entre le peuple de France et le peuple de Pologne. Mais enfin, citoyens, après avoir parlé un instant de lui, le peuple rappelle votre attention tout entière sur la Pologne; il vous demande de décréter sans désemparer que la France ne remettra son épée au fourreau qu'après avoir rétabli la Pologne. (Bravo! bravo !)

« Un citoyen, non représentant, dans la tribune à gauche : Je demande la parole.

a Voix nombreuses du peuple : N'interrompez pas.

a Blanquiy non représentant : Le peuple, avant de se retirer...

« (Le même citoyen, dans la tribune de gauche, insiste et demande la parote.)

a Vota; diverses : Descendez.

« (Les cris et le tumulte redoublent.

« Le bruit continue toujours.)

« Le citoyen Ledru-Roilin paraît à la tribune : Citoyens, je ne parle pas ici comme membre du Pouvoir exécutif, car je n'ai pas pu consulter mes collègues. Je parle comme citoyen, je parle comme représentant du peuple. Voici ce que je viens vous demander :

« Vous avez fait entendre vos vœux pour la Pologne, vos vœux pour les misères du peuple ; vous demandez que pour la gloire de la France, il soit pourvu à la défense des Polonais opprimés. Vous demandez, par un sentiment de fraternité, que le peuple de France tende la main au peuple de Pologne.

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