CHAPITRE CINQUIÈME. i
matie pourrait lui opposer tomberont d'eux-mêmes, afin que l'ancienne Pologne, la Pologne de 1772 (le peuple se rappelle cette date), la Pologne de 1772 (bravos et applaudissements du peuple) soit rétablie dansses limites...
« Ces cris que l'Assemblée entend d'ici, et qui peutêtre lui paraissent menaçants, ne sont que des cris de Vive la Pologne /et ils se changeront en acclamations en son honneur dès l'instant où l'Assemblée nationale aura prononcé la phrase sacramentelle que le peuple attend, qu'il attend, citoyens, et que vous lui donnerez. (Oui ! oui !)
« Tous les partis, citoyens, ne l'oubliez pas, sont d'accord pour celle grande œuvre. Ce n'est pas ici un parti, une fraction de parti qui vient vous parler, c'est le peuple tout entier, le peuple parmi lequel il y a des divisions sans doute pour les questions, mais qui est toujours -unanime pour la question de la Pologne. (Bravos et applaudissements. )
« Dans votre sein, citoyens, pas plus que dans le sien, il ne pourra se rencontrer de divisions sur un pareil terrain...
a Citoyens, le peuple vient aussi vous demander justice ; il vient vous demander j ustice d'événements cruels qui se sont passés dans une ville qui est maintenant aux portes de la capitale par la promptitude des communications. Le peuple sait qu'au lieu de panser les cruelles blessures qui ont été faites dans cette ville, on semble prendre plaisir à les envenimer tous les jours, et que ni la modération, ni la clémence, ni la frater-
nité n'ont succédé aux fureurs des premiers jours, même lorsque les trois semaines se sont écoulées depuis ces sanglantes collisions ; il sait que les prisons sont toujours pleines; il demande que ces prisons soient vidées. (Bravos et applaudissements dans le peuple.)
« Quelques voix : Justice! justice!
o Adolphe Blanqui, non représentant. Je demande que, s'il y a quelqu'un à punir, ce ne soient pas les victimes des massacres, mais leurs auteurs.
« Voilà ce que le peuple assemblé vous demande aujourd'hui.
a Un représentant : Je demande la parole. (Bruyante exclamation dans le peuple.)
« (Le citoyen Ferdinand de Lasteyrie se précipite devant la tribune, et adresse au citoyen Blanqui quelques paroles qui ne peuvent être entendues.)
« Adolphe Blanqui, non représentant : Le peuple demande aussi que vous pensiez à sa misère. Il a dit qu'il avait trois mois de souffrances à offrir à la République. Ces trois mois sont bientôt écoulés, et il est possible, il est probable qu'on lui en demandera d'autres.
« Le peuple réclame de l'Assemblée nationale qu'elle s'occupe instamment, sans désemparer, d'une manière continue, de rétablir les moyens de travail, de donner de l'ouvrage et du pain à ces milliers de citoyens qui en manquent aujourd'hui. (Bravo l)
« Le peuple, citoyens, sait fort bien qu'on lui répondra que la première cause de ce manque de travail, ce sont précisément ces mouvements populaires qui agi-