‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 12 sur 209 · CHAPITRE DEUXIÈME. ol · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. ol

Dans un consistoire secret de tous les cardinaux , le Pape posa la (piestion, qui fut longuement débattue, de l'opportunité d'une constitution, et examina sur (juelles bases elle pourrait être établie. A cette nouvelle, et sur le biiiit de la nomination d'une commission chargée de cette étude, les impatiences se calmèrent un peu. Mais il ne restait [)as moins dans le cœur des Romains une elîervescence cpii devait éclater tôt ou tard. « Comment ! )) disait-on , « Pie IX ne donnera pas au peuple ce qu'un Bourbon lui a donné ! »

Le travail de cette commission traînait en longueur. Le Pape, qui avait été le premier à donner l'impulsion, était le dernier à suivre l'exemple de Naples. Il en résultait deux conséquences fâcheuses : l'allbiblissement de l'autorité et de la popularité de'PielX, et l'habitude des troubles. Le chef de l'Éghse cessait d'être le flambeau sacré qui éclairait l'Italie dans le recouvrement de ses droits, de ses. libertés, de son indépendance. Un autre souverain allait lui enlever sa prépondérance et son prestige, en cherchant à se placer à la tête d'un grand parti contre l'étranger. Alors que peuples et rois marchaient autour de lui eu suivant la bannière qu'il avait déployée, lui seul semblait vouloir rester en arrière. Pour le décider de nouveau au mouvement, il fallut le torrent d'idées, de faits, d'événements, qui fit chanceler tous les trônes, après la révolution française du 24 Février.

Après avoir esquissé la situation de l'Italie à ce moment solennel , esquisse sans laquelle il eut été impos-

sible de comprendre la suite de cette histoire, il est de notre devoir de constater que les révolutions italiennes précédèrent notre révolution. Nous verrons maintenant quelle part d'influence doit revenir aux journées de Février dans les destinées de l'Italie. Il est inutile de rechercher ce qui serait arrivé sans le contre-coup qui en fut la conséquence, si, comme en 1820, l(S2l, le progrès n'eiit pas été étoutîé : par les armes de rAutriclie, qui occupait Modène et Parme, resserrait Bologne, Florence et Ferrare, maîtrisait Milan et Venise; par le mauvais vouloir du gouvernement français, (jui se concertait déjà avec cette puissance ; entin par la conqDlicité des princes, qui cédaient aux circonstances, non à leur volonté. Suppositions superflues dont Dieu seul a le secret !

Nous nous bornons à établir les faits.

En résumé, deux sentiments dominaient dans le cœur des Italiens : la liberté à l'intérieur, l'indépendance à l'extérieur; la reconnaissance définitive des droits des peuples et l'expulsion des Autrichiens. Tous les patriotes voulaient également ces deux résultats, et par un seul moyen : vaincre ou mourir. Aussi les nuances qui naissent des situations mêmes, quoique contenues en germe dans l'esprit de chacun, suivant ses ardeurs, ses études, ses théories, sa fortune, son rang, ne s'accentuaient pas encore nettement. Simultanément on invoquait le Pape et on songeait à Charles-Albert. Mazzini lui-même s'était adressé tantôt à l'un, tantôt à l'autre. On rêvait une Italie unitaire, une Italie fédérale, une république, une ligue de princes constitutionnels ! Les politiques étrangers imaginaient, chez les Italiens, des divisions, qui devaient ne survenir que

nilAlMTUH DEUXIEME. o3

[dus liivd, en iiKxk'rt's, (mi lil)(''r;ui\. , en radicaux, en conservateurs. Il n'y a\ait alors que deux grandes fractions : les partisans de l'absolutisme et de l'Autriche, rivés au passé, et les patrioles, (jui aspiraient à un avenir meilleur.

Page 1