‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 14 sur 209 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Rechi, Francesco Sturhinetti , nionsignor Morichini, Mario Minghetti, le prince Aldobrandini , le cardinal Mezzofanti, le comte Pasolini , et Giuseppc Galetti à la police.

Dans son programme, ce cabinet annonça la prochaine promulgation d'une constitution et une organisation militaire. C'était répondre aux deux désirs de la nation.

La Constitution fut publiée le 1 o mars, sur les bases suivantes : Un collège de cardinaux électeurs du souverain Pontife, et un sénat inséparable de ce conseil

— deux chambres législatives, composées : l'une, de membres nommés à vie par le Pape; l'autre, de députés élus par la nation, un représentant par 30 000 âmes

— droit électoral pour tout citoyen âgé de 25 ans et possédant un capital de 300 scudi ou payant un impôt de 12 scudi — droit d'éligibilité pour tout citoyen possédant un capital de 3 000 scudi ou payant un impôt de 100 scudi — indépendance du pouvoir judiciaire — abolition de toutes cours prévôtales — garde nationale

— garantie de la liberté individuelle — abolition de la censure — concession de l'initiative des projets de loi aux députés comme aux ministres, pourvu que la proposition fût signée de dix membres — reconnaissance du droit de pétition.

Une crise financière menaçait la Banque, qui dut son salut à l'engagement de dix des plus riches rentiers de l'État , engagement personnel et solidaire de déposer, chaque jour, pendant trois mois, 5 000 piastres, et de les lui laisser en cas de besoin; et à l'obligation, prise par les principaux banquiers et marchands, d'accepter ses bons contre tout échange.

56 LA REVOLUTION DE 18i8 EN EUROPE.

ANaples, la (".hanil^re des députés avait été convoquée pour le 1" mai; le 2 mars, le ministère, présidé par le duc de Serra-Capriola, avait donné sa démission motivée sur le refus des Siciliens d'accepter ses conditions. A la nouvelle des événements de Paris, cette démission fut retirée; le roi, terrifié de la chute d'un Bourbon et de la proclamation de la République, sembla perdre toute volonté et céda sur toutes les questions. Le 6 mars, lord INIinto fut prié de porter aux Siciliens des concessions plus larges que les premières : (( Ruggiero Settimo, président du gouvernement provisoire, était nommé vice-roi; la convocation, déjà faite, d'un parlement de Sicile pour le 25 mars, et la loi électorale, déjà proclamée dans ce but, étaient maintenues; MM. Scordia, Monte-Arso etCalvi, présidents des divers comités siciliens, étaient nommés ministres; les deux parlements de Sicile et de Naples seraient chargés de s'entendre sur les rapports communs et sur les questions communes; les difticultés seraient résolues par Charles-Albert et le grand-duc de Toscane, et, au besoin, par Pie IX comme arbitre suprême et sans appel. » C'était la reconnaissance complète de la Révolution.

Les Siciliens, exaltés par le succès de leurs armes, par les nouvelles de la Révolution française, élevèrent d'autres prétentions. Ils n'admirent pas que le Roi se réservât de ne former, pour les deux royaumes, qu'un ministère des affaires étrangères et un ministère de la guerre; c'était, selon eux, un moyen de confondre

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