CHAPITRE TREIZIÈME. i
côté. Le double mouvement d'attaque fut si bien concerté, l'élan si vivement donné, le choc si impétueux, les bersaglieri déployèrent une telle valeur, que les Autrichiens, malgré une résistance énergique, furent en une heure et demie enlevés, culbutés, mis en fuite, détruits par la cavalerie piémontaise , laissant sur le lieu (lu combat un grand nombre de morts, deux canons et cinq cents prisonniers. Lichtenstein essaya, mais trop tard, de secourir Governolo; il se replia. Bava rentra au quartier général. La majeure partie de ses soldats resta à Governolo, loin de tout centre d'action. Charles- Albert célébra dans un ordre du jour ce glorieux fait d'armes.
Le 20, l'armée italienne se trouvait éparpillée sur une étendue de cent vingt kilomètres, depuis la Corona, au-dessus de Rivoli, dans le Tyrol, jusqu'à Governolo, sur le Pô, séparée par un fleuve; la gauche, appuyée sur les hauteurs de Rivoli et sur Pescliiera, le centre à Roverbelîa , la droite sur les deux rives du bas Mincio jusqu'au Pô. Les soixante mille hommes étaient ainsi disséminés : cinq mille à Governolo, cinq mille à Castellaro, vingt mille autour de Mantoue, sur la rive droite, dix mille à Marmirolo et Villanova, quatre mille à Villafranca et Castelbelforte, quinze mille de Somma- Campagna à la Corona, plus les huit ou dix mille hommes qui gardaient les m.agasins et les parcs de Peschiera à Goïto. Le service des vivres, sur une aussi vaste étendue, était irrégulier; et les troupes avaient à souffrir toutes sortes de privations dans le pays le plus fertile.