VI
L'armée autrichienne, au contraire, était concentrée : vingt mille hommes à Rovereclo, au-dessus de Rivoli et de la Corona ; quarante mille autour de Vérone, en face de la partie la plus faible de l'armée italienne; vingt mille défendaient Mantoue et Legnago. Les vivres, produits de fréquentes et fructueuses razzias, abondaient. Victorieux à Vicence, maîtres de la Vénétie , les Autrichiens étaient revenus de leur démoralisation, et ne songeaient qu'à venger leurs premières défaites.
Dès que Radetzki eut reconnu la fausse position de l'ennemi, il jugea le moment venu de reprendre l'offensive. Son plan se trouvait naturellement tracé : précipiter ses masses sur les quinze mille hommes de Sonnaz, étendus depuis la Corona jusqu'à Somma- Campagna , et sur les huit à neuf mille de Visconti , les écraser, s'emparer des passages du Mincio, et prendre à revers le reste de l'armée serrée contre Mantoue. Voilà ce qu'il tenta d'exécuter le 22 juillet.
Le général Thurn descend de Roveredo avec son corps d'armée divisé en deux colonnes : l'une se dirige directement sur la Corona , expulse les Piémontais , et se déploie dans la vallée del Tasso; l'autre marche, par Incanale, à l'assaut de la rampe de Rivoli. Sonnaz accourt avec deux bataillons et une demi-batterie. Les Piémontais ne sont que cinq mille , les Autrichiens douze mille. Thurn mène impétueusement ses troupes. Les Piémontais, forcés au début de se replier, reviennent sur l'ennemi, et le forcent à reculer à son tour,