‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 4)Chapitre 6 sur 29 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

importance, serait nommée directement par l'Assemblée.Les dix-huit membres qui devaiont la composer furent immédiatement élus. C'étaient MM. Gormcnin, Marrast, Lamennais, Vivien, Tocqueville, Dufaure, Martin (de Strasbourg), Voirhaye, Goquerel, Gorbon, Tourret, Gustave de Beaumont, Dupiu aîné, Vaulabelle, 0. Barrot, Pages (de l'Ariége), Dornès et Considérant. M. Lamennais avait déjà publié un projet longuement élaboré, qui avait suscité dans la presse d'intéressantes discussions.

D'honorables représentants s'étaient empressés d'abandonner les traitements qu'ils percevaient comme fonctionnaires, se contentant de l'indemnité inférieure attribuée aux membres de l'Assemblée. D'autres, allant au-devant d'une loi sur le cumul, avaient spontanément renoncé à leurs fonctions et fait le sacrifice d'une carrière laborieusement parcourue. L'Assemblée décida qu'une commission présenterait un projet de loi sur la question des incompatibilités, si agitée sous la monarchie.

Les détails avaient leur tour.

Chargés de trouver un signe distinctif qui permît, en certaines circonstances, de reconnaître un repré-

sentant, les questeurs proposèrent une rosette à la boutonnière et une écharpe tricolore.

Un incident inattendu avait émotionné l'Assemblée dans une de ses premières séances. L'illustre poète Béranger, élu député de Paris, avait remis au président sa démission motivée « sur l'idée, bien arrêtée à l'avance, de refuser un mandat auquel ne l'avaient préparé ni des méditations, ni des études suffisamment sérieuses. » Cette démission avait été repoussée à l'unanimité, au milieu de marques générales de regret. Mais Béranger ayant adressé une seconde lettre, pleine de reconnaissance pour cette sympathique manifestation, et insistant néanmoins, « sur la crainte d'un vieux rimeur qui croirait se survivre, s'il perdait au milieu des affaires publiques Tindépendance de l'âme, seul bien qu'il eût jamais ambitionné, » l'Assemblée accepta silencieusement la démission.

A peine élue, la Commission executive vit immédiatement surgir les deux questions les plus menaçantes ; et elles lui étaient posées au sein même de l'Assemblée. C'étaient, à l'extérieur, la question polonaise ; à l'intérieur, la question sociale.

Avant même qu'elle eût nommé le ministère, M. Wolowski lut à la tribune une pétition des délégués de la Pologne, qui réclamait les secours de la

cil AT mu; Di:i xii:.ml:. n^

Franco. Suivant l'oralcur, « un cruel malcnlendu cxislc cnlrc l'Allemagne et la Pologne dont la cause est une, car c'est la cause de la liberté et de la civilisation... Si les Chambres de la royauté de Juillet ont, pendant dix-sept années, répété celte phrase sacranienlellc : La Nationalité polonaise ne périra pas ; nous, nous devons déclarer que nous ne la laisserons pas périr et que la France est prête à tout faire pour ne pas la laisser périr. » L'orateur descend de la tribune. « Concluez ! » lui crie-t-on. Il y remonte et conclut on demandant à la Chambre de faire appel par voie de proclamation à la nation allemande et à la Diète de Francfort.

M. d'Aragon vient compliquer la situation en réclamant la fixation d'un jour pour des interpellations sur les affaires d'Italie.

M. Lamartine accepte à l'avance le moment qui sera fixé par la chambre pour les deux questions. Il fait seulement observer qu'il serait peut-être bien d'ajourner de quelques jours par ce motif bien simple, que le gouvernement n'est pas encore constitué.

Il termine par cette déclaration, qui est accueillie par les applaudissements unanimes:

« Le drapeau français ne s'avancera qu'à son heure, dans les limùtes que votre sagesse et votre patriotisme universel auront écrites de votre propre main. Mais, sachez-le bien, ce qui s'est passé en 1831 ne se renouvellera pas en 1848 ; et quand le drapeau français se sera avancé jusqu'oîi votre politique lui aura dit do se porter, sachez qu'il ne reculera pas. »

56 COMMISSION i:XÉCUTF VE.

M. Montalembert insiste pour que l'interpellation sur la Pologne ait lieu sur le champ.

L'Assemblée renvoie au 15 mai la double discussion sur la Pologne et sur l'Italie.

A ces questions extérieures, qui agitaient profondément l'opinion publique et qui, chaque soir, soulevaient dans les clubs les plus violents débats, succéda la question sociale incessamment posée par M. Louis Blanc sous la demande d'un Ministère du travail et du progrès.

Le 9, M. Louis Blanc avait annoncé à l'Assemblée que les président et vice-présidents de la Commission de gouvernement pour les travailleurs avaient résigné leurs fonctions le jour où l'Assemblée nationale avait pris possession de la souveraineté.

Le 10, au milieu de ses développements au sujet de la création de ce Ministère, la justification de la Commission du Luxembourg donna lieu à une manifestation qui peint bien les préventions contre l'orateur et les prétentions unanimes des représentants à l'amour du peuple :

M. Louis Blanc : Beaucoup d'amertume est entrée dans mon cœur, c'est vrai, mais je m'attendais à tout ce qui s'est fait ; je savais qu'on n'attaque pas impunément la force ; je savais que ce n'est pas impunément qu'on émet des idées nouvelles devant des hommes pénétrés de la nécessité des idées anciennes.

cnAPiTUi; [)i:i xiKMi:. 37

Je savais que je me ferais beaucoup d'ennemis ; que je souffrirais pour le peuple ! (De vives interpellations sont adressées à l'orateur de toutes les parties de la salle.)

Voix nombreuses : Allons donc ! — A l'ordre !

Le citoijen Louis BJanc : Oui , citoyens , vous êtes tous des hommes du peuple, et c'est précisément parce que vous êtes des hommes du peuple...

Plusieurs voix : Des amis du peuple !

Le citoyen Louis Blanc : Que si l'on venait dire à l'un d'entre vous: (j'est vous qui faites le malheur du peuple ; c'est vous qui êtes responsable de la prolongation de sa misère ; vous êtes un mauvais citoyen il n'y en a pas un seul d'entre vous

Plusieurs voix : Personne ne vous a dit cela !

Le citoyen Berger : Vous avez bien mérité de la patrie.

Le citoyen Louis Blanc : Il n'y en a pas un seul d'entre vous qui n'eût eu le cœur profondément attristé, et celui qui n'aurait pas senti en lui de grandes angoisses, n'aurait pas été un homme du peuple. Oui, je l'avoue, j'ai été profondément touché, profondément ému d'attaques que je considérais comme injustes, non pas en tant qu'elles s'adressaient à mes idées ; si mes idées sont fausses, qu'elles succombent, ce sera le bien du pays ; mais les attaques qui s'adressaient à mes intentions... (Vives dénégations,)

Le citoyen Freslon : Chacun applaudit à vos intentions ; il s'agit d'une question de système ; votre personne est en dehors du débat, et je regrette que vous l'y placiez si souvent. (Approbation.)

Un représentant : Tout le monde vous rend justice.

Le citoyen Louis Blanc : Il ne s'agit pas des attaques qui ont pu être dirigées contre moi dans cette enceinte. (Vives exclamations.)

Voix diverses : Pourquoi en parler ? — Parlez du ministère du travail ; ne parlez pas de vous ; vous n'avez pas besoin de justification. (Vive agitation.)

Le citoyen Louis Blanc : C'est des travailleurs et c'est du pays que je parle, en parlant des calomnies dirigées, non pas contre moi simple individu, mais contre moi charge d'une mission spéciale devant avoir pour aboutissement la solution des questions qui intéressent le peuple. Probablement le peuple n'est pas aussi complètement désintéressé dans la question que ceux qui sacrifient à ses intérêts leur repos, leur santé... (Oh! oh! — Bruit prolongé!) et s'il le fallait, leur vie... (Explosion de cris et de murmures !)

Le citoyen Freslon : Attendez donc la postérité.

Le citoyen Louis Blanc : Je reprends et je dis que j'ai été ému, mais que je n'ai pas été le moins du monde découragé... (Bruit.) Non ! cette cause sacrée du peuple je la défendrai tant... (Vive et générale interruption.)

De toutes parts : Tous ! tous !

Voix diverses : Nous sommes tous ici pour le peuple et pour défendre ses droits. — Nous sommes tous ici pour la question sociale... (Oui ! oui !) — Vous n'avez pas le monopole de l'amour du peuple. — Il n'y a pas de parti ici pour cette question ; toute l'as-

rilAPITRK ni'lîXlKME. 59

semblée est ici pour défendre les intérêts du peuple. Il n'y a qu'une voix.

De toutes parts : (Oui ! oui !)

(Toute l'Assemblée se lève avec énergie. — Longues acclamations.)

Un représentant, avec animation : Nous sommes tous du peuple, nous sommes tous venus au nom du peuple. (Vive agitation.)

Cris nombreux : Assez ! assez !

Le citoyen Louis Blanc : Vous ne savez pas, citoyens, jusqu'à quel point vous me rendez heureux. (Exclamations nombreuses.)

M. Louis Blanc continue à exposer éloquemment ses sentiments. Il termine en exprimant la crainte que la société marche vers un abîme. « On disait, avant la Révolution de Février : Prenez garde à la Révolution du mépris! eh bien! c'est à nous à rendre impossible, et cela se peut, la Révolution de la Faim. »

L'Assemblée repoussa à la presque unanimité la proposition d'un ministère du travail et du progrès et vota à l'unanimité la création d'une Commission d'enquête. Sa détermination était de tous points identique à celle du Gouvernement provisoire dans la journée du 28 février.

Dès le 6 mai, à ce sujet, avait été présentée la proposition suivante, signée par les membres des opinions les plus opposées : les citoyens Wolowski, Léon Faucher, Bastide, Bûchez, Gorbon, Agricol Perdiguier, Peupin, Considérant, Gustave de Beau-

tnont, Greppo, ouvrier (de Lyonj, Jobez, Tamisier, Julien, ouvrier (d'Indre-et-Loire), Toupet- Desvignes, Bertin (d'Ille-et-Vilaine), Louis Perrée et Falloux :

« L'Assemblée nationale,

« Attendu qu'elle regarde comme un devoir sacré de s'occuper sans retard de l'amélioration du sort des travailleurs ;

« Attendu que cette question exige un examen approfondi et demande une prompte solution,

(( Décrète :

c( Un comité de dix-buit membres sera nommé pour procéder immédiatement à une enquête sur la situation des travailleurs industriels et agricoles, et pour élaborer les mesures destinées à améliorer cette situation. »

Le 1 1 , l'Assemblée décida que la Commission du travail industriel et agricole serait portée à trente-six membres. Le 12^ lors de l'organisation de l'Assemblée en quinze comités, cette commission fut fondue dans le Comité chargé de rechercher les moyens d'améliorer le sort des travailleurs.

M. Louis Blanc trouva dans les clubs l'adhésion que lui refusait l'Assemblée. Les plus ardents lui votèrent des délégations et des adresses pour le remercier d'avoir si énergiquement défendu les droits des classes déshéritées.

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La Commission du Luxembourg avait quitté ce palais et cessé officiellement ses travaux, mais elle avait maintenu son organisation. Le 11 mai, elle publiait le décret du Gouvernement provisoire, du 25 février, qui s'engageait à garantir l'existence de l'ouvrier par le travail ; elle le faisait suivre de cette déclaration :

« Les promesses faites sur les barricades n'étant pas accomplies^ et I'Assemblée Nationale ayant refusé, dans sa séance du 10 mai, de constituer un Ministère du travail, les dî:légués au Luxembourg se refusent à assister à la fête dite de la Concorde. »

Cette fête de la Concorde, que le Gouvernement provisoire avait décrétée afin de célébrer l'arrivée des représentants au milieu de la population de Paris, et de les unir, par une démonstration commune, dans une commune sympathie pour la République, avait été ajournée par prudence au 10, puis au 14 mai, et soumise au vote de l'Assemblée qui, sur la proposition de M. Flocon et malgré l'opposition d'un député de la droite, l'avait approuvée à l'unanimité. On y avait convoqué avec les membres de l'Assemblée et de la Commission executive, les délégués des départements, des blessés de février, des décorés de juillet, du Luxembourg, des noirs affranchis, de la presse, des artistes, des vétérans, de la garde nationale, de l'armée, des nationalités polonaise, allemande et italienne.

C'était contre cette manifestation fraternelle que protestait ainsi le Comité du Luxembourg.

La protestation fut suivie d'une déclaration des détenus politiques, formulée avec la même amertume :

ce Une fête a été décrétée pour le 1 4 mai ;

« Les détenus politiques sont conviés à cette fête ;

« Mais,

« Attendu que le peuple meurt de faim ;

a Attendu que les blessures de nos frères de Rouen saignent encore ;

« Attendu que la présence des détenus politiques à la fête du 14 mai pourrait être considérée comme une adhésion à tout ce qui s'est fait politiquement et socialement depuis le 24 février ;

ce L'Assemblée des détenus politiques convoquée extraordinairement,

ce Considérant que des républicains ne peuvent se livrer à la joie^ lorsqu'ils portent le deuil dans leur cœur,

a Décide à l'unanimité qu'elle s'abstiendra d'assister à la fête du 14 mai. »

Le journal légitimiste, HJnion, ne manquait pas de protester également, ce contre ces représentations payennes qui se mêlèrent à l'œuvre de notre première

révolution Le tapage n'est pas de la politique...

La France ne reprendra pas son rang dans le monde par des manifestations plus ou moins artificielles — Que l'on enrôle pour ces fêtes des vieillards et des jeunes filles, double parure des soleuuités nationales... cet étalage de vertu, d'innocence, de cheveux blancs et de fronts sereins, cette pompe lacédémonienne jetée au travers de Paris, n'est pas ce qui ré-

CIIAI'ITIU: ItRUXlÉME. 03

pond le mieux actuellement aux dispositions et aux besoins de la France... La grande fête de la République, c'est de courir au-devant du peuple qui souil're ! »

L'Assemblée avait en un seul jour acclamé la République dix-sept fois ; elle avait admis au sein de son Pouvoir exécutif MM. Ledru-Rollin , les Arago, Flocon, Caussidière, Guinard, etc. ; elle avait exprimé des sentiments fraternels pour la Pologne, l'Italie et toutes les nationalités opprimées ; elle avait considéré comme une offense de n'être pas du peuple ; elle avait organisé un comité d'enquête pour améliorer le sort des travailleurs; née de la souveraineté du peuple, élue par le suffrage universel, elle avait à peine vécu quelques jours; et déjà ceux qui se disaient les purs, les vrais défenseurs des principes démocratiques, se complaisaient en injures, en attaques véhémentes, en attentats prémédités contre elle, alors qu'ils lui devaient tous les respects, tous les dévouements, tout leur sang.

Eux aussi, les monarchistes la poursuivaient de leurs sarcasmes , et contre elle ourdissaient leurs trames. Mais du moins ils étaient logiques, tandis que les républicains socialistes ne l'étaient point. Ils érigeaient en tactique de parti ce qui était aveuglement ou crime chez ceux-ci.

Il est curieux, opportun, de citer les deux langages

tendant tous les deux au même renversement, quoique dictés par des opinions hostiles l'une à l'autre. Lisons quelques lignes des uns et des autres.

L'Unio7i, du 10 mai : « C'est du chaos que nous avons eu aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

a Est-il spectacle plus affligeant !

« L'Assemblée ne s'est pas montrée jusqu'ici à la hauteur de sa tâche... elle s'est montrée passionnée jusqu'à la colère, turbulente jusqu'au désordre... nous l'avons vue gaspiller en discussions oiseuses, en querelles, en violences, les instants si précieux de ses premières séances... L'intelligence la plus synthétique, la plus méthodique, la mieux organisée tenterait vainement de coordonner ce tableau parlant et disparate, de ramener à une seule langue cette effroyable Babel de tous les idiomes, de tous les patois, plus ou moins francisés que nous ont étalée les élus du sutfrage universel

(( C'était à ne savoir à qui prêter l'oreille. Toutes ces 900 bouches de législateurs sans lois, d'organisateurs désorganisés, de sauveurs éperdus, criaient, clamaient, vociféraient à la fois »

La Presse [\0 mai) : « Quelle confusion ! quel tumulte ! quel désordre ! quel verbiage ! quelle absence de discipline et de dignité !...

ce... Voilà pourtant où conduit la manie de parler à tt)ut propos, hors de propos ! Il y a dos gens dans

CllAlMTKb: 1)1' LXlKMli. r,5

cette enceinte qui ne tiennent pas en place, et qui semblent croire que, pour gagner leurs 25 francs par jour, il faut absolument s'agiter, crier, escalader la tribune et parvenir à prononcer des phrases quelcon- (jues au milieu de l'impatience générale. »

(13 mai.) a A quoi donc songent les 900 représentants?

« Est-ce à se rnupir chacun d'une idée juste?

« Non!

(X Ils songent à se faire apporter 900 fusils '.

K Telle est la confiance qu'ils ont eux-mêmes dans leurs propres boules, qu'ils les mettent sous la protection des balles.

(( Une seule idée juste cependant les eût plus efficacement protégés que 900 fusils.

K La force ! la force! toujours la force!... »

(14 mai.) ce Tous les journaux sont unanimes ce matin à s'élever contre le temps si précieux que perd l'Assemblée nationale eu détails futiles.

«... Elle a déjà coulé aux contribuables, du 4 mai au 13 mai, à raison de 22,000 francs par jour, la somme de 225,000 francs. »

Le Représentant du Peuple: (4 mai.) « Gomment le peuple va-t-il recevoir les représentants de la France ?

« La méfiance et la dérision seules répondent. Je cherche des frères, et je ne trouve partout que des conspirateurs ! la guerre civile n'est déjà plus dans les prévisions. Elle est un fait. Elle n'est plus re-

♦ Bruit calomnieux et ridicule, aussitôt démenti.

66 COMMISSION KXKCUTIVF..

doutée comme le plus horrible des maux ; elle est acceptée comme une nécessité. A la campagne comme à la ville, on fabrique de la poudre, on fond des balles, on apprête les armes. Les chefs donnent le mot d'ordre et lancent leur manifeste ; vous n'entendez partout proférer que cette parole de mort : il faut en finir !

« Le bourgeois est résolu d'en finir avec le prolétaire, qui de son côté est résolu d'en finir avec le bourgeois, le travailleur veut en finir avec le capitaliste, le salarié avec l'entrepreneur, les départements avec Paris, les paysans avec les ouvriers. Dans fous les cœurs la colère et la haine, dans toutes les bouches la menace. Quelle est donc la cause de cette discorde ? Les élections !

« Le suffrage universel a menti au peuple »

La Vraie République : (7 mai.) a Aujourd'hui, que voyons-nous? Une assemblée de neuf cents hommes, que le hasard des intrigues électorales a désignés pour une œuvre dont ils ne comprennent pas même le sens. Regardez-les ! il y a trois jours à peine qu'ils sont face à face, et déjà ils sont froids, languissants, découragés du pressentiment de leur propre impuissance... Déjà, cela se sent, la France détourne la tête

« Non, cette réunion hétérogène, dont l'amour de la patrie et de l'humanité est absent, ne peut porter noblement cette inscription funéraire qui devait rester sur la tombe des grands initiateurs morts : Assemblée Nationale !... .

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