‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 5)Chapitre 30 sur 49 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Les Savoisiens séjournant à Lyon s'étaient riMuiis, le 27 mars, à la Rotonrie, atlii de se concerier sur les

moyens de rentrer dans leur pays. Heureux de saisir celle occasion pour protester contre les actes violents commis envers les étrangers par quelques ouvriers égarés, des délégués des commissions municipale et préfectorale se rendirent à cette assemblée. MM. Riltiez, Doncieux et autres exprimèrent leurs sympathies, puis se retirèrent pour laisser les Savoisiens déliljérer en pleine liberté. La conférence fut animée et unanime. Au milieu des transports du patriotisme, les Savoisiens décidèrent qu'ils iraient immédiatement alTrancliir leur patrie, convaincus par l'état des esprits qu'ils n'avaient qu'à se présenter pour fonder la République.

Ils adressèrent aussitôt à M. Em. Araso une demande pressante d'armes et de munitions. M. Em. Arago refusa, déclarant qu'il avait reçu du Gouvernement provisoire des ordres positifs, et qu'il n'y contreviendrait point. Il crut devoir ensuite leur faire observer combien le moment était mal choisi : « Charles-Albert était en guerre avec l'Autriche pour l'afiFranchissement de l'Italie : ils allaient ])orter une diversion favorable à l'ennemi. Leur entreprise serait facile peut-être , car la Savoie était dégarnie de troupes; mais où étaient-elles, ces troupes? Composées en partie de leurs compatriotes, elles étaient en Lombardie, combattant et mourant pour la liberté. Ces considércations n'étaient-elles pas assez puissantes pour les arrêter dans leurs projets? Au surplus, s'ils partaient, ils partiraient sans armes; car s'ils en prenaient, il se verrait obligé par son devoir de mettre obstacle à leur départ. »

Ce langage était celui de la raison ; mais la passion parlait et invoquait l'amour de la patrie. Les Savoisiens

CHAIMTHK SIXlKMi:. 177

pprsistfMit iliuis loiir roolulii/ii, \\^ >c doiineiil rcndc/- Noiis |)lac«» Hi'llecour, !•* 3^ ninr<, à sept lu'urcs du

I.e 30 mars, au jour, accourt une |)o[)uhili()M a\idi' de spec'lacle et d'ciuotiou. I.a fonlo est immense. IJourijeois, ijardes nationaux, ouMiers, soldats, se pressent autour des (ils de la Savoie, les acclament , les eneoura.uent , les excitent , leur pressent les mains. On ( liiinlc en clinMir des livnmesà la libertf». Des souhaits ardents, des adieux fraternels soilcut de luutes les bouches. Les Savoisiens |)arteMt. On les acconipaiine justpi'à (jualre kilomètres de Lyon.

Le même jour, à Cluimhérv. mille rumeurs circulaient sur ce départ. Sni\ant les uns, ce sont de malheureux ouvriers ex|)ulsés j)ar la rivalité des ouvriers fran(;ais ; et ils se |)r(''parent à les recevoir avec effusion et à partager avec eux le pain de l'hospitalité. Suivant les autres, c'est une nombreuse colonne qui ^icnt changer le gouvernement, ce sont dix mille Savoisiens armés, escortés par des compagnies de Voraces, qui viennent proclamer la République ou radjonction à la France.

Le 31 , les autorités sardes songent à se retirer. Un conseil général se constitue, el adresse aux habitants une proclamation qui rappelle que Charles-Alberl combat pour l'indépendance de l'Italie, « et que si jamais les événements doivent amener la séparation de la Savoie et de la Sardaigne, il n'appartient qu'aux Savoi-

278 GOUVERNEMENT l'ROVISOIlVE.

siens de prononcer sur leur sort » . Le conseil recomnicuule l'ordre , l'union et le courage. Le soir, le peuple se ])orle au château pour retenir le gouverneur. Le lendemain matin , le gouverneur passe en revue la garde nationale. On renonce au projet d'un gouvernen)ent provisoire indépendant. Quelques heures après, les habitants apprennent avec surprise la fuite des autorités sardes et l'abandon de la Savoie à l'envahissement des colonnes qui s'approchent.

Les Savoisiens avaient passé le Rhône à Belley, et pénétré sur leur territoire à Yenne , où ils avaient été favorablement accueillis. Après un repos, ils s'étaient dirigés vers le Mont du Chat , l'avaient traversé au milieu du jour, et, descendant les rampes qui dominent le lac du Bourget, ils étaient arrivés, le 2 avril , au Bourget. Ils y avaient installé un camp organisé contre toute surprise. Le lendemain matin, ils s'étaient remis en marche, et avaient fait halte au Pont-Rouge , à cinq kilomètres de Chambéry.

De là ils envoyèrent un parlementaire à la ville. Deux délégués du conseil municipal vinrent leur dire qu'ils seraient reçus en compatriotes et en amis, s'ils voulaient garantir sur l'honneur qu'ils n'avaient aucun désir de destruction ni de pillage. Après avoir rassure les délégués sur la loyauté de leurs intentions, les colonnes firent leur entrée dans Ghambérv vers dix heures du matin, à travers la population, qui les regardait

<:iiAi'iTiu-: si\ii:mi:. it'j

passer saiu* tciuoij^'uer «laulru ïenlimcnl (|iio celui de la surjuise.

Eu ell'ct , on s'alteiulait à mu* troiipe île liuil à dix iiiillf lioiitim'> pairaiteineiil armés el disciplinés, et l'on ne \ UN ail (|ne (|nin/e cents lioninios tout an |)ln>, dont cent bcnlcnicnl |ioiiaienl des l'usiis, tandis (|ti(' le ic.sl(! n'axait (|ne des bahres, des haches, des outils cniniaiiclies, des hâtons. Klait-ce là une arniec faite poiii .soumettre une |)ro\incc? iN'etait-ce pas |)lutôt une handc deréiilée et sans IVcin? Les hahilants eurent honte de leur paniipie, el ee sentiment les prédisposa à protester contre loule tentative de domination.

L'issue de l'entreprise dépendait des prenjiers actes des iuiniiiirants. Deux moyens contraires étaient à leur disposition : ou se i)résenter comme alliés , reconnaître la nuinicipalitc installée , laisser les habitants mécunlenth de la fuite des autorités sardes constituer iiii conseil de gouvernement , offrir à la garde nationale la conservation de ses postes, proclamer le droit du peuple assemblé à statuer sur son sort; — ou bien s'imposer comme conquérants, s'emparer de 1 Hôtel de ville, du château, des casernes, des établissements publics et des postes, armer tous leurs hommes, observer une discipline sévère, changer la nmnicipalile, s'instituer comme gouvernement , et se préparer à soutenir Nigoureuseuicul pai- la force leur détermination et leur pouvoir.

Ils prirent ce dernier parti.

Ils installent un maire, M. Peyssard, apprêteur à Lyon, forment un conseil de gouvernement composé de MM. Guillermé père et fils, le docteur Burnet, etc.,. désarment la garde civique et proclament la Répul)li(pie. Puis, cherchant un appui dans la menace, ils tentent de se couvrir de l'autorité et de l'influence de la France, publient des proclamations, prennent quel- ({ues mesures pour consolider ce pouvoir du jour , et l'ont appel à plusieurs habitants connus. Mais avant la nuit même tout prestige a disparu, toute frayeur est dissipée. Des groupes se forment , des cris se font entendre : « Est-il possible qu'on se soit laissé surprendre par cette horde indisciplinée? La colère contre cette honte exalte les têtes. On entoure les postes et les casernes. On ^nenace les factionnaires. ^lais la contenance fière et résolue des volontaires, et l'intervention de quelques citoyens qui redoutent les horreurs d'une bataille de nuit, rendent à la ville un calme niomentané.

Confiants dans l'apparence, les chefs se livrent à l'espoir du succès, lorsque, à six heures du malin, ils entendent le tocsin retentir aux clochers de la ville, puis tout à l'entour dans les campagnes. Le lugubre signal de guerre est donné.

(( Des l)rigands, » dit-on, (( se sont enq)arés de Chambéry, ils pillent le château, l'Hôtel de ville, les caisses [)ubliques! » Partout on s'arme. Fusils, fourches, faux, épieux, tout est bon. On se précipite au combat. Il s'engage vigoureusement sur plusieurs points : à la caserne d'infanterie, à l'entrée du faubourg ÎMontmélian, La masse des assaillants croit sans cesse. Elle de-

«•.IIAPI I m: SIXIKMK. 2HI

vicnl si (•(insi(icnil)l»' , r;illiu|in' est si prn?n|)l«\ IChm si iin|M''tutMi\, (jiic les volonliiiros , srpjin's les uns dos aufiTs, son! en un instjint cernes, |)ris, dcsaiinés, mis en pleine ilrMOule. I.a lutte n'a dure (jiiiine heure, et r'Ile laisse (piinze hommes lues et autant de Messes |>aiini les xolontaires. Les rliefs et liuil ceiit^ liouunos sont prisonniers. Les liahitanfs ont trois ou ipialre morts et quelques blessés.

-V huit heures, l'aneienne municipalité re[>renait ses fonctions. Le soir, les autoriti's sardes faisaient leur renln'e à la tôle de 3 <K)() hommes de troupes.

Malheureusement le nomhre des victimes ne (iil pas limité aux perles faites dans la ville. Les paysans a\ ;iienr cru délivrer (Ihamhéiy d'une horde de l)rip;ands, et ils poursuivirent les fuyards avec un acharnement et luie cruauté inoiiïs. lîeaucoup ce|)endant trouvèrent un asile hospitalier; (>t , des le lendemain, la pitié remplaça la colère. La ganh^ civicpie, (pii avait déployé énergie et courai^e, réclama des autorités, (pii n'avaient fait preuve que de faiblesse, une amnistie complète. Les sunjuithies, refusées aux vaincpieurs, furent rendues aux vaincus.

Le Gouvernement sarde, instruit, le 1"" avril, du départ des colonnes savoisiennes, avait, le même jour, adressé au Gouvernement français la demande instante (( qu'il ne laissât pas pénétrer en Savoie des bandes armées et organisées ». Les dépêches arrivèrent tardivement à Paris. Il fut facile au ministre des allaires étran-

gères et à l'ambassadeur français de démontrer, par les instructions transmises à M. Emmanuel Arago et ponctuellement exécutées , que le Gouvernement provisoire avait prévu et prévenu cette demande. Aussi la première impression produite en Piémont, défavorable à la Savoie et à la France, fut-elle bientôt dissipée; elle lit place à la joie lorsqu'on apprit que la garde civique savoisienne seule avait suffi pour triompher. Il était évident (|ue , (c si la France avait voulu intervenir, même indirectement, la lutte aurait été bien autrement sérieuse ». Le ministre français, M. Bixio, qui transmettait ces renseignements à Paris , insista pour qu'il n'y eût ni réaction ni persécution-. Sur ses instances et sur celles de 'SI. Félix Mornand, Commissaire d'un département français limitroplie de la Savoie, un décret d'amnistie complète fut octroyé (28 avril) par le gouvernement piémontais.

XXXI ï

Une défaite et une amnistie! tel fut le dénoùment de cette malheureuse expédition, tentée par l'enthousiasme, échouée par imprévoyance et maladresse. Au lieu de chercher à se faire accueillir en concitoyens, les volontaires avaient voulu s'imposer; au heu d'être reçus en frères, ils avaient été traités comme des étrangers. Ils avaient voulu contraindre leur patrie à se réunir à * la République française : et ils n'étaient parvenus qu'à affaiblir au cœur de la Savoie ses désirs d'alhance et d'union.

rHAPITIlK SIXlEMi:. 2»3

LoGouveriR'incul proviboiii' déplorait ces lenlatives: ronlniiri's ù ses tlérlaralions, liiiU's lunli^n'' ses orilres, elles ne pouvaient (ju'abuulir à des désastres , à des répulsions, et nuire au but même jjour letpiei elles étaient entreprises. Les lu'ouvernements elranireis les suivaient d'un ceil inquiet; il> epiaienl a\ee une anxieuse mélianee les sentiments e( l'attitude de la Uepublique française.

Le cabinet an.^lais surtout, [)reoccupe du mouvement chartiste et plus encore de l'agitation irlandaise, interroij;eait dans notre polititjue nos dis[)ositions à répondre à rap|)el des Irlandais et à jeter dans la (irandc- Bretagne la discorde et la guerre civile.

Nous donnons, dans notre tome deuxième de T histoire de l'Europe, la noble et IVanclie réj)onse du (jouvernement provisoire laite à la dépulalion irlandaise j>ar M. Lamartine, et les témoignages dadlié.sK m fournis tant par le mini^^tère et la presse britanniques que par les Irlandais eux-mêmes.

La politicpie loyale du Gouvernement provisoire dc- \ait couiiuérir le respect des gouvernements et les synq)alliies des peuples. Elle laissait aux peuples la liberté et la volonté hautement déclarée de se racheter

28i fiOUVERNEMENT PROVISOIRE.

par leur propre sang, et d'ajourner l'intervention de la France à l'heure de la défaite ou de l'impuissance. Elle enlevait aux. princes tout prétexte pour soulever leurs sujets au nom de la nationalité menacée et pour les détourner de la liberté par une guerre étrangère. « Ce système, » disait Lamartine, « a fait plus en trente jours que trente batailles rangées. »

La situation de Tltalie était ditVérente : elle avait secoué le joug de l'étranger et proclamé son indépendance nationale. La promesse faite aux peuples par la République française de concourir à la défense de leur place marquée sur le sol et de leur race élue par Dieu allait sans doute être invoquée. Aussi le Gouvernement provisoire organisait-il une armée prêle à répondre au premier appel de l'Italie, vendait-il aux ]\{ilanais et aux Vénitiens des armes et des munitions, et otfrait-il publiquement l'épée de la France aux délégués de l'Association italienne.

A cette offre, Mazzini faisait la même réponse que Charles-Albert. Le roi et le tiilnin repoussaient également l'intervention; le roi conqitant sur ses bataillons, le tribun sur l'insurrection. Chacun d'eux croyait à la victoire, et l'un et l'autre désiraient en recueillir l'honneur et les résultats.

Malgré ces refus, le Gouvernement provisoire n'abandonnait point ses mesures de prévoyance. C'est qu'il ne partageait pas les illusions des Italiens. Chaque

CIIAPITUE SIXIKMK. 2«5

jour, r;illViUi(liiss(Mnont do l'Iliilie t'tait le sujt'l des eiitn'IiiMis cl (It's incditiilions du (Iduseil. Il y consacrait |)liis spccialcuicnl ses séances îles 20, 22, 23 et 27.

I)ans('clt(^ même séance du 27, M. I.am;irliiic lit connaître les mauvaises dispositions di' la l{ns>ic. « Il laul se préparer à monter à clieval! » a\ait dit le czar à ses ofliciers. Le journal personnel de rempcrciii- cl le laiifiçage ofliciel s'exprimaient avec un emportement conforme à celle parole.

L'Europe allait se diviser en deux camps. Comme l'Italie, rAllemai^nc était menacée d'être envahie, com[)rimée dans son essor. La France devait donc se tenir prête à protéc;er, au Nord aussi bien qu'au 3Iidi, les peuples (jui, après avoir proclamé leur indépendance et leur lihertc', invoqueraient sa fraternelle assi.stance. Aussi, contre les avis de certains politiques qui, par économie, demandaient le désarmement, le Gouvernement provisoire sonc;eail-il à orp;aniser une forte armée. Le ministre des alïaires étrangères la réclamait avec instance; le ministre de la guerre la préparait activement; malgré la pénurie du Trésor, le ministre des finances se portail fort pour la France là où son honneur était eniiaeé.

28f> GOUVERNEMENT PROVISOIRE.

Le 29 mars, jour désigné pour une séance du Conseil où devait assister la Commission de défense nationale, le ministre des affaires étrangères fit l'exposé de la situation de l'Europe :

c( Le roi de Sardaigne s'est décidé à mettre le pied sur le territoire lombardo-vénitien; résolu d'accepter la royauté de ces riches contrées, il attend la reconnaissance de la France. — Naples est dans un état semi-républicain, — Rome possède une constitution républicaine dont le pape accepte la présidence. — Florence paraît calme, Gênes incandescente. — Forte de cent vingt mille hommes sous les armes, la Suisse semble peu disposée à contracter une alliance offensive et défensive avec la France. — L'Allemagne est livrée à une profonde perturbation. — A Berlin, la révolution est arrêtée au deuxième degré. La peur emporte vers l'ambition le roi de Prusse, comme le roi de Sardaigne. — Le gouvernement anglais redoute notre participation aux troubles de l'Irlande; mais le froid accueil de l'Espagne à notre République lui fait espérer un point d'appui contre nous. — En proie à une irritation excessive, le czar cherche la popularité jusque dans des tentatives d'émancipation des serfs; il rêve le despotisme dans la démocratie; ce qui soulèvera la noblesse contre lui. Il peut réunir quatre cent mille hommes. — La question polonaise est à la veille de se résoudre , sans que nous ayons besoin de tirer un coup de fusil.

» En face de cet état de choses, le Gouvernement provisoire doit plus que jamais persévérer dans sa politique. »

CIIAIMTIU" SIXlf.MK. ÎH?

Apivs rot o\()os('', los ni('inl)r»'> i\o la Commission (1(^ (Icfonso, >IM. los CPiKManx PcUt, I.amoricirro, Hcdeaii, Oiidinot , Paillioiix-VaillanI , rinlondaiit niilifairo Dennii'c ot \c clicf d'oscadron ('Jiarras, fiiront inlroduils.

Lo minisfrp dos all'aiios rlraniiôres leur posa los ijuoslions (|u'il avail sonmisos pn'ct'doFnmont au Conseil : « Lt Ropid)licpio avait un niizcnl l)osoin de GO à SO mille hommes ooholonncs do Marseille à Grenoble; 100 à I 20 mille hommes distribués sur la frontière, de Lille à liàle; 10 à I *i mille honmiO'^ cam|)és au pied des Pyrénées. La (lonnnission pouvait-elle réunir ces lorccs? C()nd)ien do temps exigeait-elle? » — Le gén(''ral Pelet ré|)ondit que la France ne pouvait mettre inunédiatoment en campagne deux cent mille hommes, mais qu'elle y parviendrait dans un assez court délai.

La discussion s'engagea sur les détails, et, avec une extrême vivacité, sur le rappel des troupes rl'Afrifpie. Quati(>-vingt-so|)t iiiillo honunes occupaient l'Algérie. Les généraux regardaient comme dangereuse la réduction de ce chifVre au-dessous de soixante-dix-luiit mille. M. Lamartine insista énergi(juoment pour le rapjjol (\c trente mille honunes.

On convint enfin cpio l'armée d'Afri(jue serait réduite à soixante-douze mille hommes, dont huit mille indigènes, et (pie vingt-sept mille hommes de vieilles troupes seraient rappelés et remplacés en partie par les

contingents de ISi2, 43 et 44. — Afin de développer les engagements volontaires, on restreignit à deux ans le minimum de leur durée. — Le ministre de la guerre obtint la formation d'une nouvelle compagnie de fusiliers par bataillon.

Le 2 avril , le ministre des affaires étrangères annonçait au Conseil la pleine retraite des Autrichiens de la Lombardie. — La Prusse demandait si le Gouvernement français la soutiendrait contre une invasion prochaine de la Russie. — La Russie montrait des disj30sitions moins hostiles à la République.

Le 5, le ministre de la guerre lisait un rapport détaillé sur les forces de terre et de mer.

Le G, il obtenait un crédit pour les fortifications des côtes.

Le 7, le Conseil l'autorisait à vendre au gouvernement provisoire de Milan cent mille fusils, ou à lui en donner gratuitement vingt-cincj mille.

Le 1 1 , le ministre des affaires étrangères expédiait cette dépêche au chargé d'affaires de France à Tiu'in :

(( Les événements de l'Italie nous inquiètent assez pour nous faire penser à l'éventualité de la descente d'un corps d'observation en Piémont, avec le consentement préalable du gouvernement sarde, ou même en devançant au besoin cette demande. Ne communiquez point ces inquiétudes au gouvernement de Turin, mais tâchez de savoir, par voie de conversation ou autre-

CHAlMTUi: SIXit.Mi:. 289

iiiLMil, pur t«)uU> autre voie iiidirerU' , t>i, dans lu ciis (l'uiR' niurclic d'un loips d'ariiK'»' IVanraise par la Savoie, li's forts (pii ï-e lioiiveiit >iir la rotilo tlo la Maurienitr, coiiiiiie Hnmionl cl autres, rcrai»Mit tVu >ur nous. » llerivoyez-nioi' le eounii r juscpi a hu)n puiir ine rendre \otre réponse. »

Le 13, sur la proposition du ministre de la uuene , le Conseil donnait ordre aux jj;énéiau\ Hedeau el Oudinol de se rendre à l'arniée des Alpes, les ren»j)ia(ai( à la Commission de défense i)ar les t^énéranx k'orte el Scinanim, et confiait au général Fouclier le commandement de h; première division militaire.

l/armé(^ Ac> Alpes avait été rapidement organisée, lue avanl-.uarde de trente mille hommes avait été mise sur pied en ipiinze jours. Les généraux Bedeau, Baraguey-d'liilliers el .Magnan commandaient les trois divisions d'iuranlerie ; ils avaient avec eux les généraux de brigade Gucsvilliers, Sulleix, Tallandier, Duhot, Guillahert, Renault. La cavalerie était aux ordres du général de division Oudinot et des généraux de brigade Ut>gnault de Saint-Jean d'Angély, Tartas, Lebon des flottes. L'artillerie était commandée par le général Legendrc; le génie, i)ar le général Morvan. M. Denniée avait la direclion de l'intendance. Le j)lus ancien général de division devait prendre promsoircmcnt le conuuandement en chef de l'armée.

Page 1