‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 5)Chapitre 29 sur 49 · IV. is · texte numérisé non relu

IV. is

dans nos montagnes et dans nos vallées; ils y ont donné une nouvelle force aux sentiments de sympathie et d'enthousiasme que le peuple savoisien a toujours conservés pour la France.

» Séparée par les traités de 1815, la Savoie, calme et patiente jusqu'ici, s'est résignée à son sort. Mais, chaque année, de nombreuses émigrations viennent chercher dans ce pays les ressources matérielles, intellectuelles et morales, qu'elles ne peuvent trouver chez elles. L'accueil fraternel qu'elles ont toujours reçu, la protection bienveillante qui leur a été constamment accordée, ont dû leur inspirer ce sentiment, que la France était restée pour elles une seconde patrie.

» La position géographique de la Savoie qui fait de cette contrée une des frontières naturelles de la France, le langage de ses habitants, leur caractère, leurs mœurs, leur nationalité, qu'ils ont eu soin de conserver intacte et distincte des autres parties du gouvernement sarde, tout concourt à ce que l'immense majorité du peuple savoisien se souvienne que leur pays a formé autrefois les départements du Mont-Blanc et du Léman... »

Lamartine répondit au nom du Gouvernement provisoire :

t< Citoyens savoisiens, en recevant l'adhésion que vous apportez à la République, le Gouvernement provisoire croit recevoir l'hommage d'une partie même de la nation française, comme l'a si bien dit votre honorable orateur.

)) Si nous la repoussons, nous froissons nos propres

cœurs; si nous l'acceptons, nous rompons la paix et l'alliance avec les peuples et les gouvernements. Or,

(iiAiMTiir. si\ii:mk. nr,

non-^ l'avons dit , r\ nous voulons i\\\o les paroles de la R(''|)ul)li(iuc soient dos paroles do vcrilô : Nons no n>mprons pas la paix dn niondo. Mais si, indi'pondaniinciil de nons, la paix du niondo \ onait à so roinjiro j)ar imo alloinio à l'indopondanco (\o l'Ilalio, nous Noierions à votre sooours, nous délivrorions l'Italie, nous joindiions notre drapeau un \ôlro; et si ensuite la carte i\o VVmrope venait à (^tro deoliiree sans nous et contre nons, soyez convaincus, eitoyons savoisiens, (ju'un IVaiiuienl de cette carte resterait dausvos mains et dans les nôtres, et (pie nous mettrions le poids de \()s cœurs dans la balance ou rKurojie et votre lîouvernemeiit lui-même pèseraient les territoires dont se composerait le nouvel (Mpiilihre européen.

» Reportez ces paroles dans vos Alpes, non comme des paroles dec;uerro, mais comme dos [laroles de parenté, d'amitié et de paix. » (Cris de Vive la Hepubli(pie! Vive le (jouvornement provisoire! A Vvmon des pp}iplrs!)

Les tendances de la Savoie; étaient maiiil'estes; les dépêches des commissaires des déparlements limitrophes les signalaient journellement , ce (pii faisait dire à Lamartine, au Conseil du 29 mars : « Avant six semaines, la Savoie demandera s.'i réunion à la France. »

Mais un événement inattendu devait changer la l'ace des choses et donner nu dc'menti aux pi-é\isions fondées du ministre.

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