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Histoire de la révolution de 1848

La Commission exécutive est attaquée avec une nouvelle violence; son désintéressement du pouvoir; ses préoccupations des affaires étrangères; sa politique d’intervention, particulièrement en Italie et en Pologne; elle décide qu’elle attendra l’appel de l’Italie. — Lamartine développe devant l’Assemblée ce plan politique et obtient une immense approbation, à laquelle se joint la presse. — Vote et programme de l’Assemblée. — Le gouvernement provisoire lombard destitue son délégué près la Hépublique. — L’Allemagne acclame la déclaration fraternelle de l’Assemblée. — Les États-Unis d’Amérique offrent leurs félicitations à la République française par décret du Congrès. — L’Assemblée constituante vote des remeretments. — Politique intérieure de la Commission exécutive; son bon accord, ses précautions contre les rumeurs répandues sur ses divisions. — Menées hostiles ; mesures prises par la Commission. — État des esprits, non accoutumés à la liberté ; désir d’un gouvernement fort : on demande tout à la Commission exécutive; programme des projets de loi étudiés par chaque ministre; efforts de l’Assemblée et de la Commission; animation de la presse.

La fête de la Concorde n’avait été que la trêve d’un jour. Dès le lendemain, l’hostilité des partis contre la Commission exécutive s’était ravivée avec la même violence que la veille. Mêmes passions ardentes ! Même déchaînement simultané, et de la presse réactionnaire

COMMISSION EXECUTIVE

et de la presse ultra-socialiste ! Mêmes trames publiques et secrètes d'agitation, de renversement, de destruction !

Contre cette attaque acharnée, le Gouvernement ne trouvait aucun appui sérieux parmi la cohue des journaux qui surgissaient à chaque instant, affublés des titres les plus bizarres, les plus excentriques. Retenu par une répugnance exagérée à se créer ou à se rallier une presse officieuse, poussant le scrupule jusqu’à se refuser le droit du communiqué , il restait livré sans défense aux attaques les plus acerbes.

Les membres du Gouvernement étaient d’ailleurs désintéressés de toute ambition personnelle. Désintéressement bien naturel à des républicains sincères, mais qui devenait peut-être un défaut, une faute assurément, au moment où le maintien au pouvoir des fondateurs delà République était le salut même de la République. M. Ledru-Rollin aussi bien que M. Lamartine, M. F. Arago aussi bien que MM. Marie et Garnier- I’agès et leurs collègues, s’estimaient plus heureux de rentrer simples représenlants dans l’Assemblée que de conserver une autorité dont ils ne connaissaient que les douleurs et les angoisses. Le jour de leur retraite leur apparaissait comme le jour de la délivrance. Si, dans une telle disposition d’esprit, ils puisaient la force de remplir dignement leur mission, ils y trouvaient également une cause d’affaiblissement : cette abnégation leur faisait négliger les menus soins indispensables pour grouper et discipliner les hommes et les choses et pour captiver l’opinion publique.

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