CHAPITRE SEPTIEME
Avant de clore cette discussion, chacun fut appelé à motiver son vote. La question de solidarité absolue de tous les membres du conseil fut ainsi posée : Se démettre tous ensemble, ou rester tous.
Le général Cavaignac, dont le nom avait été colporté par certains journaux dans la liste d’un prétendu triumvirat, soutint énergiquement la dernière opinion: « Comme je suis convaincu, dit-il, que se démettre dans ce moment de crise serait une faute très- grave, je prends volontiers l’engagement, si la Commission exécutive reste au pouvoir, de ne pas me séparer d’elle ; mais, si elle se démet, je revendique ma liberté d’action. Vous ne pouvez vous retirer ; car vous ne pourriez plus rentrer au pouvoir que par un 15 mai honnête, c’est-à-dire par la pression du peuple. »
Ces paroles entraînèrent les hésitants ; et le projet de démission fut rejeté par 13 voix contre 5. On convint qu’un ordre du jour motivé , destiné à dissiper toute équivoque, serait présenté à l’Assemblée.
En sortant du conseil, le ministre de l’intérieur, autorisé par la Commission exécutive, écrivit cette dépêche :
.JII2
COMMISSION KXÈCUTI V E.
« Ministère de l’Intérieur, — Circulaire.
« Paris, le 14 juin.
« Citoyen Préfet, par ordre du Pouvoir exécutif, je vous ai prescrit, le 12 de ce mois, de faire arrêter le citoyen Charles-Louis-Napoléon Bonaparte. Vous ne donnerez aucune suite à ces instructions. Le personnage, qui en est l’objet, vient d’être admis par l’Assemblée nationale à siéger dans son sein , comme représentant du peuple.
« Salut et fraternité!
a Le Ministre de l’Intérieur,
a Pour expédition,