‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 149 sur 243 · CHAPITRE SEPTIÈME. -20 f i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. -20 f i

est-elle ai fortement consolidée, qu’elle n’ait rien à eu redouter? Que par son fait la guerre civile éclate, n’est-ce pas sur la République que l’on fera retomber le sang versé pour la défendre, comme on fait peser sur elle les dettes de la monarchie et les impôts qui en sont la conséquence ?

La démission du Gouvernement fera ouvrir les yeux, que l’on veut tenir fermés. Par cet acte de décision, par cette noble protestation, le pays sera averti; et l’Assemblée sera obligée, pour sauvegarder la représentation nationale, de concéder à une délégation nouvelle toute l’autorité du Pouvoir exécutif, sans laquelle la République ira s’engloutir dans le despotisme et dans l’anarchie.

L’opinion contraire répliquait :

Oui! l’Assemblée est indécise, irrésolue, remuée par des courants dissemblables; mais la majorité veut sincèrement la République. Si une minorité rêve le retour de quelque monarchie, faut-il lui abandonner, lui livrer la direction de l’Assemblée par la retraite de tous les membres du Gouvernement?

Le vote de la veille n’est poinlanéanti par celui du lendemain, il subsiste toujours. Si les ennemisdu Pouvoir exécutif se plaisent à le considérer comme affaibli, ses amis ne partagent nullement cette manière de voir. En réalité, l’Assemblée n'a pas voulu se déjuger. Certain nombre de représentants républicains n’a vu, dans la

COMMISSION EXECUTI VE.

vérification des pouvoirs d’un député, que la résultante inévitable du suffrage universel, que le devoir réglementaire de l’Assemblée de la constater. Or, on ne peut pas, on ne doit pas transformer ce qui n’est qu’une question purement légale en question de confiance.

Se retirer devant Louis Napoléon Bonaparte, c’est le grandir! c’est rendre hommage au prestige de son nom, c’est l’élever comme rival à la hauteur de la Commission exécutive 1

Oui! la llépublique est en péril, minée par les manœuvres et les conjurations ; mais c’est par ce danger même que les membres du Gouvernement sont rivés au pouvoir. Ils ne peuvent abandonner, en pleine tempête, le gouvernail qu’ils ont dirigé pendant quatre mois à travers les écueils.

Nous devons, dites-vous, laisser à l’Assemblée la responsabilité de ses actes. Mais, si la guerre civile éclate, n’est-ce pas à nous que l’on reprochera la désertion à la veille du combat? En vqe d’une pareille éventualité, donner sa démission est impossible. L'heure est venue où la République a besoin de tous ses hommes, de toutes ses forces. Les démocrates, tous les démocrates, même les plus exaltés, même ceux qui chaque jour poursuivent de leurs outrages le Pouvoir exécutif, lui demandent de conserver l’autorité contre un nom détesté.

Le salut de la République commande. Il faut obéir.

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