CHAPITRE SEPTIÈME
gnaient leur satisfaction des embarras où la République était plongée. Mais parmi ceux-ci les hommes prudents n’étaient pas sans crainte sur le dénoûment d’une crise prématurément engagée. La majorité se troublait et reculaitdevantl'inconnu.
Les membres du Gouvernement se transportèrent directement au quatorzième bureau, où les représentants, qui leur avaient envoyé une délégation, devaient attendre le résultat de leurs délibérations et une réponse à leur démarche. Leur décision fut chaleureusement et unanimement approuvée. Puis on rechercha le moyen de lever toute équivoque entre l’Assemblée et le Pouvoir exécutif. Sur la proposition du Gouvernement, on adopta la voie des interpellations suivies d’un ordre du jour motivé. MM. Pascal Duprat et Glais-Bizoin furent chargés de cette double mission.
Dans la salle des séances, les représentants n’étaient préoccupés que de cette résolution et assistaient sans intérêt ni attention à la discussion sur les responsabilités. L’attente était générale. /
L’interpellation ayant été ajournée à la fin de la séance, une délibération nouvelle s’ouvrit dans le premier bureau, et conclut à un renvoi au lendemain. M. Pascal Duprat fit part à l’Assemblée de cette nouvelle décision.
Le lendemain 15, l’opportunité de l’interpellation fut remise en question. N’allait-on pas mettre l’As-
COMMISSION EXÉCUTIVE
semblée nationale dans une fausse position? Quelle décision pourrait-elle prendre? Affirmerait-elle son vote de confiance du 12, tout en maintenant son vote d’admission du 13? Ne serait-ce pas créer la confusion en prétendant établir une corrélation, là où il y a deux faits, deux pensées distinctes?
La Commission exécutive se présentera-t-elle ainsi, face à face avec Louis-Napoléon Bonaparte, devant l’Assemblée, pour dire : Choisissez, nous ou lui? Ce serait élever bénévolement un piédestal à l’homme dont elle combattait la funeste influence.
D’un commun accord avec les représentants du Palais-National, l’interpellation fut abandonnée.
MM. Jean Raynaud, sous-secrétaire d’État au ministère de l’instruction publique, et Gharras, soussecrétaire d’Etat au ministère de la guerre, ayant offert leur démission par suite du vote de la veille, cette offre ne fut pas acceptée.
Les événements ne tardèrent pas à donner pleine et entière raison aux assertions et aux prévisions de la Commission exécutive.
Ce jour même, vers la fin de la séance, le président lut à l’Assemblée une lettre qu’il venait de recevoir.
« Le citoyen président. Maintenant voici la lettre dont je dois donner connaissance à l’Assemblée :