‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 153 sur 243 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

« Londres, 14 juin 1848.

« Monsieur le président,

« Je partais pour me rendre à mon poste, lorsque j’apprends que mon élection sert de prétexte à des troubles déplorables et à des erreurs funestes. Je n’ai pas recherché l’honneur d’être représentant du peuple, parce que je savais les soupçons injustes dont j’élais l’objet; je rechercherais encore moins le pouvoir.

a Si le peuple m’impose des devoirs, je saurai les remplir. . . (Mouvement); mais je désavoue tous ceux qui me prêteraient des intentions ambitieuses que je n’ai pas. Mon nom est un symbole d’ordre, de nationalité et de gloire, et ce serait avec la plus vive douleur que je le verrais servir à augmenter les troubles et les déchirements de la patrie. Pour éviter un tel malheur, je resterais plutôt en exil; je suis prêt à tous les sacrifices pour le bonheur de la France.

« Ayez la bonté, monsieur le président, de donner connaissance de cette lettre à mes collègues.

« Je vous envoie une copie de mes remercîments aux électeurs.

« Recevez l’assurance de mes sentiments distingués.

« Louis-Napoléon Bonaparte. »

« (Une assez longue agitation succède à la lecture de cette lettre. Le général Gavaignac monte a la tribune).

COMMISSION EXÉCUTIVE

30fi

« Le citoyen ministre de la guerre. Citoyens représentants, l’un des membres du Gouvernement provisoire vous a dit, il y a quelques jours, qu'une personne seule n’avait pas parlé. Ce silence vient d’être rompu. L’émotion qui m’alite no me permet pas d’exprimer, comme je le désirerais, toute ma pensée ; mais, ce que je remarque, c’est que, dans cette pièce, qui devient historique, le mot de République n’est pas prononcé. (Mouvement d’indignation.)

« De toutes parts. Vive la République 1 vive la République!

« Le citoyen ministre de la guerre. Je me borne à signaler cette pièce à l’attention de l’Assemblée nationale, à l’attention et au souvenir de la nation tout entière. (Applaudissements. )

a De toutes parts. Vive la République!

« Le citoyen Baune. Citoyens représentants, je viens à mon tour, au nom de la République, protester contre la déclaration de guerre d'un prétendant. (Très-bien! très-bien!) Nous ne craignons pas un 18 brumaire. (Non! non!) ,

<1 Voix nombreuses. Qu’il essaye ! qu'il vienne !

« Le citoyen Antony Thouret. Nous ne craignons aucun prétendant; mais il est bon qu’on sache ici et dans toute la France comment un jeune imprudent a répondu à l’acte de bienveillance et de générosité de l’Assemblée nationale.

« Il est bon de le dire, et de le dire bien haut : toutes les prétentions, de quelque prétendant que ce soit, disparaîtront devant vos mépris. (Acclamation

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