CHAPITRE HUITIEME
« Les maires seront choisis par le conseil municipal et dans son sein » fut adoptée.
Le projetée constitution, pris et repris, ayant subi un dernier examen, M. Marrast, élu rapporteur à l’unanimité, fut chargé d’en donner une première lecture à l’Assemblée.
Cette constitution allait être le résumé fidèle du progrès accompli par trois grandes révolutions, dans les mœurs, dans les idées, dans les institutions. Elle date dans l’histoire. Elle doit être lue, relue, profondément méditée. C’est à la fois un enseignement et une expérience. Elle contient tous les droits et tous les devoirs, toutes les libertés. Son seul vice, vice radical, fut l’organisation du pouvoir exécutif. La pensée générale de cette époque était que la France avait le besoin absolu d’un gouvernement fort, puissant, énergique, conduisant tout, dirigeant tout. La Convention et l’Empire avaient semé des sentiments de dictature et de centralisation absorbante, qui dominaient les meilleurs esprits. Le libéralisme apparaissait comme une idée secondaire. La démocratie elle-même se disait autoritaire et le socialisme attendait son succès de l’Etal. L’amendement Grévy eût étéle salut de la République.
La commission n’avait pas employé un mois à cette œuvre immense, elle l’avait commencée le 19 mai et achevée le 17 juin. Lorsque Marrast monta à la tribune, un profond siloncc se fit aussitôt dans la salle.