CHAPITRE DIXIÉME
encourageant, par voie d’avances et de primes, les travaux départementaux et communaux , conformément aux prescriptions de l’Assemblée. Il s’occupait sans relâche de la fondation des colonies agricoles.
De commun accord, pour donner une vigoureuse impulsion à la vente et à l’exportation des marchandises qui encombraient les magasins et pour faire rentrer ainsi en France les espèces métalliques, le ministre des finances et le ministre du commerce présentaient à la Commission exécutive un décret qui doublait, du 15 juin au 31 décembre de l'année 1848, les primes et drawbacks déjà établis, et qui conférait sur les tissus de soie et de fleuret, les fils et tissus de lin et de chanvre, de fabrication française, une prime à la sortie de 4 1/2 p. 7 0 de la valeur. Ce décret, adopté par la Commission, devait produire tous les résultats désirés et prévus.
Le ministre des finances avait obtenu de l’Assemblée des décrets pour le percement de routes à travers les forêts de l’Etat, dans le double but d’en faciliter l’exploitation et de fournir un aliment de plus au travail.
A l’ancienne administration improvisée des Ateliers nationaux avait succédé l'impulsion réfléchie et réparatrice d’une direction nouvelle. M. Lalanne, le nouveau directeur, savait unir à l’esprit de modération une sévérité opportune. Secondé avec intelli-
COMMISSION EXECUTIVE
gence et dévouement par l’état-major des jeunes gens de l’Ecole centrale, sous la surveillance quotidienne du ministre des travaux publics et de la Commission exécutive, il s’était empressé de remédier aux désordres qui s’étaient introduits dans les feuilles d’inscription et dans le payement des ouvriers. Il avait trouvé une organisation vicieuse, et il s’était proposé d’en changer les bases.
Il avait dissous le club central; il avait remanié les bureaux de la direction et supprimé plusieurs services complètement inutiles; il s’était occupé activement de simplifier les rouages et d’en déterminer partout les attributions ; il avait pris des mesures d’ordre pour les dépenses centrales, afin de régulariser le payement des salaires. M. Lalanne voulait substituer à la paye quotidienne la paye hebdomadaire, sur des rôles donnés et certifiés d’avance par certains chefs de corps. Il exigeait la rentrée des rôles envoyés dans les 48 heures. Pour fortifier la direction et pour simplifier la marche de la comptabilité, il augmentait le nombre des hommes par brigade. Il mettait tous les grades au choix de l’administration, et il diminuait les prérogatives imprudemment attribuées aux délégués ' .
Il supprimait par arrêté du 5 juin, pour cause de désordre et d’insubordination, deux brigades des Ateliers nationaux, <t les citoyens honnêtes, qui les composent en immense majorité, étant les premiers inté-
1 Extrait d’un rapport d’une commission de 3 membres de la Cour des Comptes, instituée par l'Assemblée nationale, Hnqui U , tome II, p. 153,