CHANTRE DIXIEME
ressés à ce qu’on sépare d’avec eux les fauteurs de troubles et de discordes. »
Le 2 juin, M. Lalannc avait anoncé, pour le 7, un recensement général des Ateliers, suivant les prescriptions de la Commission exécutive , et il avait adressé aux ouvriers cette demande de concours :
« Vous savez que des abus graves se sont passés dans la formation des cadres actuels : des inscriptions frauduleuses ont eu lieu. Des hommes qui ont d’ailleurs des moyens d’existence n’ont pas rougi de toucher un salaire uniquement destiné aux ouvriers privés de travail. Ces abus sont connus de vous. Votre probité en a été révoltée... Prèlez-moi donc votre concours, a
Le jour désigné, un appel est fait simultanément sur tous les points où chaque brigade recevait habituellement sa paye ; sur des bulletins préparés, sont inscrits les noms, prénoms et domiciles des ouvriers : tous ceux qui n’ont pas répondu à l'appel sont aussitôt rayés.
Le résultat de ce premier recensement semblait considérable. Le nombre de 1 19,000 était tombé à 105,000.
Mais peu de jours après on s’aperçoit que l’operation est insuffisante ; l’appel J fait par les chefs de brigade a été défectueux. Les feuilles de payement
COMMISSION EXECUTIVE
n’ont pas varié, et l'économie, qui devait être importante, ne s’est pas réalisée.
Le ministre des travaux publics convoque tous les maires de Paris et de la banlieue.
Un membre de la Commission exécutive, M. Garnier-Pagès, se rend à cette réunion, pour en faire connaître le but : Un recensement nouveau, sérieux, est indispensable, et ne peut être fait exactement que par les maires et à domicile. La nécessité de connaître le personnel des Ateliers nationaux est urgente. Si, dans la crise des premiers jours, le contrôle en a été très-difficile, impossible même, on doit actuellement l’établir définitif et régulier. La sécurité de Paris, le repos de la République, l’exigent.
Le ministre des travaux publics fait le récit des efforts qui ont été tentés et qui n’ont pas abouti.
Messieurs les maires soumettent de judicieuses observations.
Après un examen détaillé, il est reconnu que les abus proviennent surtout de ce fait anomal : que les brigadiers se font élire par des ouvriers qu’ils ont eux-mêmes recrutés. De là un accroissement indéfini et pas de sincère élection. 11 faut désormais, pour couper court au mal, confier à l’administration la nomination de tous les chefs de service.
On concerte et on arrête toutes les mesures utiles au nouveau recensement.
Les maires, pénétrés de la haute importance de cette opération, promirent un énergique concours.
Un arrêté du 17 annonça que le recensement