‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 223 sur 243 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

blique et le Gouvernement une lutte à qui arriverait le premier au but. Là était le salut ou la perte de la République.

Dans l’Assemblée, dans ses bureaux, ses comités, ses commissions, ses séances publiques, on a vu avec quelle persistance était poursuivie par certains hommes cette dissolution qui allait jeter sur le pavé une population entière. Ges reproches immérités d’aumône et de salaire non justifié, ces qualifications blessantes prodiguées chaque jour, cette confusion d’ouvriers et de gens tarés ou repris de justice, ces soupçons outrageants, plus durs par leur réticence que l’injure elle-même, ces sarcasmes méprisants, ces incitations au Gouvernement à user de la force, tombaient dans le cœur des ouvriers comme des provocations impitoyables et jetaient la flamme là où couvait l’incendie.

Dans les Ateliers nationaux, des agents secrets avaient soin de relever ces insultes. Ils couraient les chantiers, s’adressaient à l’esprit froissé des travailleurs, envenimaient encore les attaques des orateurs. « Vous avez fait, leurdisaient-ils, la révolutiou de Février; vous avez eu dans vos mains Infortune privée et la fortune publique; vous avez veillé aux portes

COMMISSION EX liCU T IV K.

du Trésor et de la Banque; et aujourd'hui, ceux-là mêmes qui alors vous déclaraient héroïques veulent vous ravir le pain quotidien, le vôtre, celui de vos femmes, de vos enfants, de vos vieillards. Mourir par la faim! Ne vaut-il pas mieux mourir en combattant? Allons! debout! Vous êtes le nombre, vous êtes la force! Les représentants qui se gorgent avec leurs 25 francs vous refusent vos 23 sous. L'Assemblée n’est qu’un amas de monarchistes. Le Gouvernement est impuissant ou incapable. Levez -vous ! et prenez vos fusils ! »

Une heure fatale va sonner pour les destinées de la France.

CONSTITUTION

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