CHAPITRE DEUXIÈME
pour mûrir leurs idées, soit pour ne point engager à l’avance leur indépendance, s’abstinrent de s’afficher t à ces cercles.
11 en est qui se groupèrent par petites fractions.
Des députés de quelques départements ne cessèrent de se voir, de s’entendre, afin de donner plus de cohésion et de force à leurs propositions dans les cercles et dans l’Assemblée.
Mais le plus grand nombre se classa dans ces réunions du soir, devenues centres d’action. Les discussions parlementaires en furent mieux réglées, et il y eut moins de temps perdu en tentatives personnelles. L’initiative individuelle n’en fut pas ralentie; seulement, avant de se produire en pleine Assemblée, elle avait subi une première épreuve.
De ces trois réunions, celle de la rue de Poitiers, composée en majeure partie des partisans de la nomination directe des ministres contre l’élection d'une commission exécutive, mécontents de leur échec, imbus d’ailleursde principes contraires etde sentiments hostiles, se disposait à diriger contre cette commission une énergique opposition.
Celle du Palais National, convaincue de la nécessité de soutenir un pouvoir républicain dont les membres avaient été acclamés par le peuple le 24 février, avait pour elle des sympathies réelles et lui promettait son appui et son concours.
COMMISSION EXÉCUTIVE
Celle de la rue des Pyramides, satisfaite au début d’avoir dans le gouvernement, en la personne de MM. Ledru-Rolin et Flocon, des interprètes et des garants de ses idées politiques, sinon de ses théories sociales, déplorant les scènes du 15 mai, ne croyant pas encore possible une modification du pouvoir exécutif, se réservait de le combattre ou de le défendre, suivant les circonstances.
Telle était l’organisation parlementaire des représentants, lorsque la discussion sur les rapports de l’Assemblée nationale et de la Commission exécutive, fut mise à l’ordre du jour des séances du 29 et du 30 mai.
Dès le 20, une tentative avait été faite par M. Dabcaux, pour frapper de suspicion tous les décrets du Gouvernement provisoire. Il avait proposé de les soumettre « à la révision de tous les comités, avec mission de faire connaître les résultats de leur examen à l’Assemblée qui, sur leurs rapports, statuerait définitivement sur l’objet de ces décrets. » Il avait, par d’assez longs développements, silencieusement écoutés, essayé la critique sommaire des principaux actes du Gouvernement de Février.
M. Crémieux, dans une réplique favorablement accueillie, avait ainsi conclu :
« Nous avons rendu entre autres deux décrets, je ne sais pas si on en demandera la révision. Le premier