CHAPITRE DEUXIEME
a Veuillez, Monsieur le Président, porter cette lettre à la connaissance de l’Assemblée nationale, et recevoir l’assurance de notre haute considération.
« Fn. d’Orléans, A. d’Orléans. »
Une seconde lettre, datée de Claremont (20 mai), adhérait à cette protestation ; elle était signée Louis d’Orléans.
Ces deux lettres, silencieusement écoutées, avaient été renvoyées à la commission chargée d’examiner le projet de loi.
Le langage des princes d'Orléans était digne. Ils semblaient affirmer qu’ils auraient accepté de vivre en simples citoyens sous la République, s’ils n’avaient pas été bannis. Mais, dans huit lettres confidentielles du duc de Joinville, lettres publiées (22 mai) par le journal La Presse, ils n’observaient ni la même réserve ni la même résignation.
Le bruit s'était répandu que le duc de Joinville était rentré en France, bruit accrédité par une ressemblance frappante. Dans le but de démentir celte rumeur, un officier de marine, autorisé sans doute par le prince, avait communiqué à M. de Girardin sa correspondance datée.
Celte correspondance est l'exposé des sentiments les plus contradictoires; elle exprime tour à tour la u. i>
COMMISSION EXÉCUTIVE
modération et l’exaltation, l’abnégation et l’ambition, la soumission à la destinée et la révolte contre les événements, le désintéressement et l’égoïsme. Elle est tout à la fois sympathique et hostile, calme et violente, résignée et injurieuse: les douleurs de la chute et de l’exil ne la justifient-elles pas?
La première lettre est prophétique et touchante :
« Le courrier de France vient périodiquement troubler mon bonheur en m’inspirant des craintes pour ceux qui me sont chers, car ce n’est certes pas pour moi que Vidée d’une révolution en France m’agite. Toute mon ambition est morte depuis que j'ai approfondi les moyens qu’il faut employer pour briller en ce monde. J’irai vivre sur les bords de l’Illinois avec autant de tranquillité d’esprit qu’à Neuilly ou à Saint- Cloud. »
Le style des autres lettres diffère essentiellement de cette première, a un tout autre caractère.
Claremont, 11 avril <i Si je puis rentrer en
France sous un gouvernement assez fort pour me le permettre, c’est ce que je désire le plus.
« Si l’Assemblée est opprimée et placée sous la terreur de quelques vauriens, et qu’un effort soit tenté pour la délivrer, j’en serai, quelque chanceux que ce soit, et je saurai me compromettre et sacrifier ma vie pour le salut du pays, si je pense que cela soit utile. » 15 avril « Je suis inondé de lettres, d’avis pu-
blics et anonymes pour me dire de faire un mouvement, de planter un drapeau, qu’il ne manque qu’un chef. Ce sont des gens qui se noient et qui demandent une gaule.