‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 36 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. f

les finances, ils marcheront vite et bien. — Nous qui connaissons notre pays, nous savons combien sera forte une autorité qui parle au nom du suffrage universel. — Il faut en convenir, c’est la seule qui puisse sauver le pays. Eh! mon Dieu, les fautesdu gouvernement passé ne l’ont pas empêché de durer dix-sept ans : ce n’est donc pas si difficile de gouverner la France.

a Pour nous, personnellement, nous pensons toujours à rentrer en France. La République constituée, on ne nous refusera pas le titre et la qualité de citoyen français....»

Ces lettres curieuses, révélatrices des pensées les plus intimes du prince, firent sur l’opinion publique une impression défavorable. Publiées avec éclat, apparaissant comme un manifeste, ellesjustiflaient, sans réplique possible, toutes les accusations contre les prétentions orléanistes. L’éloge même de l’Assemblée ne parut être qu’un appel à ses sympathies. Les manœuvres des partisans de la dynastie déchue n’étaient donc pas une illusion mais une sombre réalité, puisque le prince de Joinville déclarait lui-même être inondé de propositions pour diriger un mouvement et n’attendre que l’opportunité pour agir.

a Nous espérons — dit Le National — que les bonnes gens qui se bouchent les oreilles pour ne pas entendre, qui ferment les yeux pour ne point voir, ne nous demanderont plus à l’avenir où est la réaction. »

COMMISSION EXÉCUTIVE

L’Union ne ménage pas ses appréciations : « Cette publication est un coup de tête ridicule....

a Ceux qui ont livré les lettres de M. de Joinville au jugement du public ne paraissent pas les avoir bien jugées eux-mêmes. D’une effusion de sentiments, ils ont cru pouvoir faire une manifestation politique de prétendant. Ils n'ont pas vu qu’un rôle de cette sorte se motive autrement... Il y a dans la langue politique quelque chose de ferme et de résolu par où se révèlent les intelligences prédestinées. » Elle engage le prince à méditer l’histoire de la France, pour y apprendre le sort des familles princières qui sont travaillées par l’esprit d'usurpation....

C'est sous l’impression de ces antécédents que, le 26 mai, s'ouvrit la discussion sur la loi de bannissement.

M. Vesin aborde le premier la tribune. N’apercevant aucune menace de danger qui puisse porter legouvernement à s’armer d’un décret jugé inutile jusqu’à ce jour, il propose l’ajournement.

M. Laurent (de l’Ardéchej soutient que le gouvernement qui a eu la gloire de proclamer l’abolition de la peine de mort ne doit pas rétablir la proscription, pénalité pire que la mort. Il conclut en demandant que la mesure ne soit que transitoire.

Cette conclusion est suivie d'une longue agitation.

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