‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 72 sur 243 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

mais la foule le leur a arraché et il est reparti au galop.

« Vers huit heures et demie, le citoyen Clément Thomas, avec une escorte de douze hommes à cheval environ, s'est présenté sur le lieu de ces rassemblements. Il a mis pied à terre et s’est avancé au milieu des groupes, en invitant les citoyens à rentrer chez eux, et en leur disant que l’unique résultat était d’inquiéter la population et d’empêcher la reprise des travaux. On promettait de se retirer, et cela avec acclamation en criant : Vive la République démocratique ! vive le général ! Mais, pour quelques individus qui abandonnaient la place, il arrivait une masse de curieux, de sorte que le rassemblement se trouvait d’un tiers plus nombreux qu’auparavant.

a A dix heures et demie on s’est mis à chanter la Marseillaise et à pousser les cris de Vive la République démocratique ! vive Barbés ! vive Henri V! Un homme en blouse a ensuite déployé une pancarte sur laquelle on pouvait lire : Candidature de Joinville.

a Pendant la nuit, il a été apposé quelques affiches portant : Candidature du prince de Joinville à l’Assemblée nationale ; mais les citoyens se sont empressés de les arracher. »

La présence des agents provocateurs sur tous les points, principalement aux portes Saint-Denis et. Saint- Martin, était évidente. Elle se manifestait d’ailleurs

142 COMMISSION EXÉCUTIVE

ouvertement par des cris, par des discours. Ges manœuvres ne pouvant être niées, chaque opinion attribuait la cause de ces troubles aux excitations des opinions opposées. Aucun parti ne voulait convenir de sa participation à ces nuits tumultueuses : et tous ils y étaient.

En vain le Gouvernement multipliait ses efforts pour mettre un terme à ces désordres, qui lentement et à coups sûrs minaient la République : c’était sur lui que l’on faisait peser la responsabilité de l'anarchie dont les plus exaltés de ses adversaires étaient les promoteurs.

a Le 31 mai, ordre est donné par la Commission exécutive d’envoyer le soir même, pour dissiper les rassemblements , 2 bataillons de garde nationale, 2 bataillons de garde mobile et 2 bataillons de ligne.

a Ordre aux maires des 5* et 6' arrondissements de concourir à dissiper les rassemblements formés chaque soir aux portes Saint-Denis et Saint-Martin.

« Le 1" et le 2, mêmes ordres.

a Le 3, ordre écrit est adressé à Clément Thomas de s’entendre avec Cavaignac et Bedeau pour empêcher les attroupements du soir.

« Le 4, ordre aux généraux Cavaignac, Bedeau, Clément Thomas, au préfet de police, au maire de Paris et aux maires des 5“ et 6 e arrondissements, relatifs aux attroupements tumultueux de chaque soir portes Saint-Denis et Saint-Martin. »

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