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CHAPITRE QUATRIEME

En prévision des événements du lendemain, la Commission exécutive prit toutes les mesures préventives indispensables, et ordonna au ministre de la guerre et aux commandants de l’armée, de la garde nationale et de la garde mobile, de réunir assez de forces pour empêcher tout rassemblement sur la place de la Concorde.

Le 29, dès cinq heures et demie du matin, elle expédiait des estafettes et des ordonnances sur tous les points de Paris. Elle dirigeait des bataillons plus que suffisants sur les Champs-Elysées et chargeait des piquets considérables de gardes nationaux de veiller à la sécurité publique dans les mairies et dans les Tuileries. Elle s’assurait que ses ordres étaient ponctuellement exécutés. Elle avait eu soin de faire part de ces mesures au président de l’Assemblée.

Le soir elle reçut le rapport de la journée, qui s’était passée sans accidents graves. Contenus par ces mesures préventives, les promoteurs de troubles s'étaient bornés à de simples provocations :

a 29. — Ce soir, vers neuf heures, la 5* légion a débouché par plusieurs rues et a dispersé les rassemblements des Portes Saint-Denis et Saint-Martin, qui étaient bien plus considérables que les jours précédents. Les individus qui les composaient se sont retirés sur les trottoirs et se sont mis à crier : A bas les municipaux patentés ! A neuf heures et demie, un individu a crevé la caisse d’un tambour, et les gardes nationaux du premier rang ont été contraints de croiser la baïonnette. Des patrouilles très-fortes circulent continuellement sur les boulevards...

HO COMMISSION 'EXÉCUTIVE

« C’était encore à la Porte Saint-Denis que stationnait le rassemblement le plus considérable. Il y avait dans cette foule un grand nombre de gens mal-inlentionnés.

« Hier, de onze heures à midi, un rassemblement d’environ 2,000 personnes s’est formé dans le clos Saint-Lazare, sur la convocation des affiliés du club de la rue des Récollets. Il s’agissait de mesures proposées par les hommes de Blanqui pour se réunir aujourd’hui aux ouvriers des Ateliers nationaux. Six chefs avaient été désignés pour se rendre, les uns sur le canal, les aulres à Belleville, aux divers points occupés par ces ouvriers. Le bruit courait que les partisans de Blanqui et autres qui se trouveraient parmi les gardes nationaux sortiraient des rangs, à un signal donné, pour jeter la perturbation dans la force armée, et agir même contre elle au besoin... »

« Onze heures, onze heures et demie. — Il existe toujours des groupes sur les points ordinaires. Parmi les ouvriers qui sont rassemblés sur le boulevard Bonne-Nouvelle, on remarque trois ou quatre individus qui pérorent et engagent les ouvriers à se défier du Gouvernement et de la bourgeoisie. »

« 30 mai. — A huit heures et demie, un individu à cheval, portant le costume de garde républicain, est arrivé au grand galop; il a distribué et jeté dans la foule des feuillets imprimés qui n’étaient autres que des listes de candidats à la représentation nationale. En tête de ces listes on remarque le nom du citoyen Caussidière. Des citoyens ont arrêté le distributeur,

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