‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 75 sur 243 · CHAPITRE QUATRIEME. IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME. IV

jusqu’à affirmer que le complot bonapartiste doit éclater cette nuit ou demain.

« Les propos que commencent à tenir tous les ouvriers méritent l’attention du Gouvernement. Ils disent, par exemple, que l’on ne pourra pas maintenir la République, parce qu’il existe plusieurs partis réactionnaires et plusieurs prétendants : Henri V, le comte de Paris, et Louis-Napoléon. Enfin iis ajoutent que, si Henri V était sur le trône, tous les ouvriers auraient du travail, parce que tous les riches cesseraient de cacher leur argent.

« L’attroupement de la porte Saint-Denis n’a cessé de s’accroître depuis neuf heures jusqu’à dix heures. En ce moment il y avait foule compacte sur le boulevard, depuis la porte Saint-Martin jusqu’à la rue Hauteville, la circulation se trouvait interceptée. Du sein des groupes partaient des cris de vive Barbés 1 Vers dix heures trois quarts, des détachements de garde nationale, garde mobile et troupes de ligne, maires et commissaires de police en tête , ont débouché de divers côtés et ont été accueillis par des sifflets, mais les troupes sont arrivées au pas de charge, tambour battant ; des sommations ont été faites ; la foule s’est dissipée, mais elle revenait incessamment, c’est-à-dire qu’elle ne faisait que se déplacer, et quelques arrestations ont été opérées. Les cris de vive Barbés ! ont été fréquents. L’irritation des perturbateurs était plus vive que les jours précédents. Beaucoup opposaient une résistance passive. A minuit, un bataillon de ligne station nait au boulevard Saint-Denis, les maires et cominis-

COMMISSION EXÉCUTIVE

saires de police y étaient également, le boulevard était intercepté, le coin de la rue Sainte-Appoline également. L’entrée de la rue Saint-Denis était gardée par un autre détachement de ligne. A cette même heure, il n’y avait plus que quelques groupes près le boulevard Bonne-Nouvelle. Tout était calme, b

a 7 juin. Ce soir à six heures, une force armée assez considérable est venue stationner aux portes Saint- Denis et Saint-Martin. Elle occupe la chaussée. Un grand nombre de curieux stationnent dans les contreallées. A neuf heures, le général Clément Thomas s’est porté sur les lieux, et le citoyen François Arago s’est rendu à la mairie du 5 e arrondissement. »

M. Aristide Ferrère, agent de Louis-Napoléon Bonaparte, se vante, dans ses Mémoires, de s’être mêlé activement, tous les jours et tous les soirs, avec M. Persigny et leurs amis, à ces attroupements, afin d’y faire leur propagande impérialiste.

Les élections offraient à chaque parti un moyen trop facile, trop légitime, trop puissant, d’exposer ses pensées, de répandre ses doctrines, de captiver les esprits, de recruter des prosélytes, pour qu’il ne fût pas saisi avec avidité, par les chefs les plus importants de tous les partis.

Ceux, des plus éminents et des plus renommés, qui étaient restés sur la brèche électorale, se présentaient de nouveau. Combien d’inconnus, les uns d’un mérite

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