CHAPITRE QUATRIÈME. IB
Une autre affiche invoquant les mêmes souvenirs, répétant les mêmes idées, protestant du même respect pour les institutions républicaines, fut rédigée et placardée sur les murailles de Paris par le colonel Dumoulin, qui revendiqua plus tard l’initiative de la candidature.
Le mot d’ordre fut transmis à quelques amis des départements où il y avait réélection. La candidature fut acceptée dans la Sarlhe, l’Yonne, la Charente-Inférieure.
Le préfet de laSarthe, M. Peauger, annonçait au ministre de l’intérieur « l’impression phénoménale produite sur les esprits par cette candidature imprévue et annoncée seulement le dernier jour... Elle a reçu le mouvement et la vie d’uno simple distribution de bulletins. Les premiers qui sont venus au Mans ont été adressés par la poste à certaines personnes, avec le timbre d’Alençon. C’était vendredi dans la soirée... Samedi il est arrivé des ballots de ces mêmes bulletins... Plusieurs communes se sont rendues au scrutin aux cris de vive l’Empereur! vive Louis-Napoléon!...
« Les légitimistes eux mêmes affectent beaucoup de sympathie pour Louis-Napoléon, et déclarent que, s'ils avaient été avisés de sa candidature, ils auraient volé et fait voter pour lui... »
M. Peauger avait eu des relations intimes avec Louis-Napoléon Ponaparte. Par excès do délicatesse,
!C(i COMMISSION EXÉCUTIVE.
il voulut donner sa démission. La Commission exécutive la refusa. Elle ne doutait pas du dévouement à la République de cet homme d’honneur, et sa confiance fut justifiée publiquement quand, plus tard, M. Peauger sacrifia ses affections et sa fortune à ses principes.
L’attraction des paysans vers le nom de Bonaparte s’était manifestée subite et irrésistible comme une explosion. Son prestige dans les bourgs, les villages et les villes de certains départements était spontané.
L'évidence de ce fait accrut la sollicitude du Gouvernement, éveillée déjà parles troubles de Paris. Nous verrons plus loin comment il se hâta d’aviser à l’imminence du danger qui menaçait la République.
Le scrutin de Paris proclamé le 8 juin, à l’Hôtel de Ville, au milieu des solennités d’usage, donna les résultats suivants :
Nombre des électeurs inscrils.
Nombre des volants.
Caussidière ....
Moreau (maire) . . .
Goudchaud ....
Changarnier
Thiers
Pierre Leroux.
Victor Hugo ....
Bonaparte {N. -L.) . .