CHAPITRE QUATRIEME
On lisait sur une affiche signée : Un ancien militaire, ouvrier vannier :
« Nous avons encore un membre fie la famille Napoléon éloigné de France. Souvenez-vous, citoyens, que ce ne sont pas les Français qui ont exilé le glorieux martyr de Sainte-Hélène, mais les baïonnettes étrangères qui sont venues nous imposer une famille odieuse qui a constamment travaillé à la ruine fie notre patrie...
« Nommons tous Napoléon-Louis Bonaparte, petitfils fie Joséphine, neveu du grand Napoléon. Il est digne de son oncle par son courage et ses idées démocratiques.
« Lisez V Extinction du Paupérisme, qu’il a écrit à la prison de Ham. Je suis sùr que vous saurez apprécier son cœur, ses talents et son amour du peuple.
« Vive la République! »
Une affiche, rédigée par M. Laity, attribuait l'origine fie cette candidature à celle du prince de Joinville :
« Citoyens!
« La réaction ne se cache plus, elle vous propose de nommer à l’Assemblée nationale le prince de Joinville, fils de Louis-Philippe, chassé par vous il y a trois mois.
a Deux fois ramenés par les baïonnettes étrangères,
COMMISSION EXÉCUTIVE
les Bourbons ont été quatre fois expulsés de la France. La Nation n’en veut plus.
« Il est un autre nom qui fut toujours associé à nos triomphes et à nos malheurs. Quand nos drapeaux victorieux flottaient à Vienne, à Berlin, à Moscou, l’Empereur était à notre tête; les Bourbons maudissaient nos victoires. Quand les hordes étrangères inondaient notre territoire, les Bourbons triomphaient; l’Empereur allait mourir à Saint-Hélène.
« Prononcez et jugez!
« Nous vous proposons de nommer à l’Assemblée notre concitoyen Napoléon-Louis Bonaparte, enfant de Paris. Il s’est formé à la rude école de l’exil et de la captivité. Soldat de l’indépendance italienne en 1831, il voulut plus tard, à Strasbourg età Boulogne, arracher la France au joug de la honte, en proclamant la souveraineté du peuple. Il a payé de sept ans de captivité l’honneur d’avoirprécédél’héroïque population de Paris.
« On l’a rangé parmi les prétendants. Il repousse loin de lui cette qualification, car il sait que le général Bonaparte était le plus grand citoyen de la France avant d’en être le premier magistrat, et qu’aujourd’hui, comme alors, le pouvoir doit être au plus digne.
« Envoyez Napoléon-Louis à l’Assemblée, c’est un des nobles enfants de la France... Nous vous en répondons.
« Vive la République!
« Un vieux républicain de 92,
« Soldat de Zurich et de Waterloo, a Un ouvrier, combattant des barricades de Février, n