II
Tésîgflei^ ' iears ianctions, et s'élevèrent avec violence contre M. Crômieux, qu'ils accusèrent de les avoir flattés de l-efif oir d'un appui qui, au moment décisif, leur avait manqué : d'où un vif échange ,de récriminations, bientôt suivi de^ la-retraite de M. Grémieux lui-même.
Quant à moi, j'étais une proie que ceux à qui elle venait d'être arrachée ne désespérèrent pas de ressaisir, d'autant plus irrités de leur défaite, qu'elle leur fut rendue plus sensible par les témoignages touchants de la joie populaire. Le compte rendu de la séance du 3 juin,4.ans lejteprésen^ tant du Peuple, commençait en ces termes : » Bonne nou- «( velle, citoyens ! Louis Blanc ne sera pas poursuivi. — «Ah! merci, citoyen, merci! » Et les braves gens du Peuple à qui nous annoncions cette bonne nouvelle, au sortir de la séance, nous^serraient les mains avec effusion. C'est que le Peuple sait aimer ceux qui l'aiment (l). »
(1) Foy. le ReprisenUuUduFmpk^ juis 1848, n* 64.
Dans unâ lettre adressée le 12 mai 1869 à M. Charles Hugo, Barbés établit ainsi sa part et la mieime dans la journée du 15 mai 1848 :
< Le 13 et le 14 mai je me suis efforcé, avec mes chers et bons amis Louis Blafioert Albert, d'empéoher la manifestation (pour la Pologne) qui, à cause, du décret récemment rendu par l'Assemblée, nous semblait grosse de dangers pour le peuple.
c Par suite de ma détermination, le club de la Révolution, que j'avais l'honneur de présider ces jours-là, s'est abstenu, malgré ses sympathies certainement ardentes pour la Pologne, d'aller à la manifestation,
c L'Assemblée envahie, j'ai prononcé des paroles et fait des mo* tious
è Mais^^reptésenteiit, j'avais le droit ^e monter à la tribune et de parler :
« Et qui oserait dire que j'ai agi contre mon devoir et les intérêts du peuple en demandant ce que j'ai demandé ?
c L'Assemblée fut dissoute par un fait complètement étranger et opposé à ma volonté. Tout le monde, je crois, le sait.
f Les bancs se vidèrent.
< Et c'est ici que commence mon crime ou ma gloire devant ma eonscience et mon pays.
« Je mardi ai à l'Hôtel-de- Ville. Je n'y fus pas entraîné, ainsi que le racontèrent à Bourges quelques voix qui, ne connaissant pas mon mobile, s'imaginaient me rendre service.
€ Non I Je m'y rendis, conmie je l'ai dit dans ce que j'ai nommé ma eonfetsion devant le tribunal, résolument et sans aucune hésitation.
tlN ANNIYBBSAIBB DU 81 MAI III
« J*y mllais pour tftoher d'y fonder ttn^ répiil)lique plus égftlitaire et ineilleiixe que oelle dont la représentation venait de disparaître. '
f J'y fus bientôt rejoint par Albert, acooam dans le même dessein. Louis Blanc, loi, qui ne voulait pas absolument quitter la saHe, fût ▼éritablement entraîné, mais du côté des Cbamps-Ëljsées.
c Sa condamnation eat une des jplas grandes iniquités dont ao 80«idva l'histoire.
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