UN ANNIVERSAIRE DU 81 MAI
L'Assemblée, appelée à voter à une troisième épreuve contre Louis Blanc, a dû refuser Tautorisation de poursuites. Mais à quelle majorité? Seulement 32 voixl
« Il est donc hors de doute que le coup porté par Armand Marrast, Jules Favre, Portails et Landrin, a été^ sur le point de réussir. Ce nouveau thermidor a été man-* que.
« Cependant, que va-t-il se passer? Bien hardi qui le dirait I Mais le Comité exécutif redoute tout de la part de Marrast...
« Voilà la vérité de la situation. L'Assemblée nationale tolère encore le Comité exécutif; mais elle ne le tolérera pas longtemps. Quant à la journée parlementaire du 3 juin, un seul mot peut la caractériser, et déjà on Ta prononcé : Si Marrast avait réussi^ Zedru^Rollin et Lamartine seraient aujourd'hui à Vincennes (1). »
Personnellement, je n'ai point qualité pour confirmer Texactitude de ces détails. Je me bornerai à faire remarquer qu'ils ne paraîtront pas dénués de vraisemblance, si Ton songe que M. Armand Marrast, maire de Paris au 15 mai, et protecteur de M. Huber, par qui la manifestation fut préparée, laissa la route libre devant elle; et si, d'autre part, on réfléchit qull fut le mentor politique de ce général Cavaignac qui, en juin, supplanta •'— on verra plus loin de quelle manière — la Commission executive.
Quoiqu'il en soit, MM. Jules Favre, Portails et Landrin, n'ayant été soutenus, dans leur attaque, ni par la Commission executive, qui s'effaça de son mieux ; ni par les ministres, qui votèrent tous en ma faveur, un seul exeepté ; ni même par le ministre de la justice, M. Crémieux, qui se prononça pour moi avec éclat, il y eut ébranlement profond des bases sur lesquelles reposait le monde officiel. M. Jules Favre se plaignit amèrement d'avoir été abandonné et donna sa démifcsiou de sôus-secrétaire d'Etat. MM. Portails et Landrin durent, à leur tour, -
(1) Ce morceau se trouve tout nu long reproduit dans le journal UKê prétentant du Peuplû, 11 juin 1818, n« 71.