‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 64 sur 70 · II. —LA COMMUNE. — CE QU'ELLE DEVRAIT ÊTRE · texte numérisé non relu

II. —LA COMMUNE. — CE QU'ELLE DEVRAIT ÊTRE

La Commune ! ce qu'il y a au fond de ce mot, c'est l'association : ce qu'on a voulu y voir, c'est l'individualisme.

De ce renversement d'idées sont nés les raisonnements les plus bizarres et les plus graves erreurs. Chose singulière! les adversaires les plus fougueux de la Commune se sont déclarés les champions de l'unité; et c'est au nom de la. liberté seulement que les défenseurs de la Commune ont osé plaider sa cause ! C'est sur les libertés municipales qu'a presque toujours porté la discussion, et la nécessité de Vassoeiation municipale n'a été que très-accidentellement invoquée.

Qu'on lise ce qu'a écrit sur les municipalités un des publicistes les plus distingués du libéralisme» Benjamin Constant^ et on verra de quelle étrange façon les publicistes de cette école comprennent les conditions de rexistence communale. Le droit individuel, voilà leur point de départ; la nécessité des garanties que réclame la liberté, voilà ce qui compose le fond de tous leurs raisonnements.

Eh bien ! tant que la discussion restera établie sur an pareil terrain le problème de l'organisation communale sera insoluble, on ne recevra que des solutions funestes.

Qu'est-ce que la Commune? Son existence est-elle nécessaire? Son individualité n'entraîne-t-elle pas son indépendance? Son indépendance peut-elle se concilier avec ce principe d'unité qui doit dominer toute société' fortement organisée? Toutes ces questions sont delà plus haute importance; nous leur consacrerons un examen sérieux et approfondi.

Dans l'ordre des idées sociales, la Commune tient le milieu entre la famille et l'Etat. De même que c'est par l'éducation domestique que l'homme se prépare à la vie communale, de môme c'est par l'éducation communalo qu'il doit être initié aux devoirs de la vie politique. Brisez un seul des anneaux de cette chaîne, vous faites disparaître une des transitions qui font passer l'homme de

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Vétùi d'individu à celui de citoyen. Que ces gradations paraissent inutiles à certains publicistes, nous avons quelque peine à. le concevoir. Les obligations sociales ne sont pas tellement simples, elles ne se concilient pas si facile- MQui avec le principe d'égoïsme aveugle qui est au dedans de nous, qu'on puisse repousser dédaigneusement l'initiation aux saintes maximes du dévouement. D'ailleurs, les affections humaines ne sont pas assez vastes pour embrasser dès l'abord l'humanité tout entière. C'est en se fixant sur les objets qui sont le plus à leur portée qu'elles acquièrent de l'énergie, de l'étendue. Leur force d'expansion demande à être développée, et ne saurait se manifester spontanément. Quoi qu'il en soit, les publicistes que nous combattons ne peuvent pas s'arrêter à la négation de la Commune. La logique de leur système les pousse irrésistiblement à la négation de la famille. L'unité ainsi entendue, c'est le Saint-Simonisme.

L'existence de la Commune admise, sur quoi reposera son individualité? Cette question ayant été singulièrement obscurcie par des mots qu'on a employés sans les définir, nous commencerons pas en poser nettement les

termes.

C'est au nom du principe de l'unité qu*on a attaqué la liberté communale; c'est au nom de ce principe, conve- •nablement appliqué, qu'il fallait, au contraire, la demander et la défendre.

On a confondu deux choses bien distinctes : Tunité politique et l'unité sociale. De ces deux principes, le premier doit servir de garantie au second. Là où le premier règne seul, il y a despotisme; là où le second seul existe, il y a bientôt dislocation et anarchie.

Mais en quoi consiste l'unité sociale? Ceci demande quelques éclaircissements.

Penser, vouloir et agir en commun, voilà ce qui constitue l'association dans ce qu'elle a de plus rigoureux et de plus large. L'association proprement dite ne peut donc exister ^ans Inerte d'action, et pour qu'elle conserve toute sa force, il faut qu'elle ne sorte pas d'une sphère limitée d'intérêts et de besoins, car le mode d'existence en com-

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mun suppose des relations fréquentes, habituelles, journalières presque. Ces relations composent le fond de Fexistence de la Commune ; les intérêts sur lesquels portent ces relations habituelles forment les éléments de Tindividualité communale, et cette individualité ne peut se révéler que par la liberté.

Si donc on admet que Tunité sociale ne saurait avoir d*autre base que l'association, ce qAi'il est presque futile d'énoncer, tant la chose est incontestable, il faut reconnaître la nécessité de constituer la société par associations, et par associations libres de régler les intérêts qui naissent de rapports journaliers, fréquents, immédiats, en leur imposant la loi de laisser à une autorité supérieure le soin de régler les rapports plus médiats et plus éloignés. Cette doctrine, comme on voit, n'admet aucune opposition réelle possible entre les intérêts ginérau» et les intérêts particuliers.

Pour établir lunité de Texistence communale, Benjamin Constant est parti de ce point de vue, que, dans une société, rindividu a des intérêts qui ne regardent que lui, et que les fractions de la société ont des intérêts qui ne concernent en rien la société tout entière.

Rien de plus faux, suivant nous, qu'une pareille théorie, et rien de plus dangereux.

Il n'est pas un seul acte de l'individu qui, attentivement analysé, puisse laisser indifférente la société à laquelle cet individu appartient. Tout intérêt particulier se lie intimement à la satisfaction de rintérét général; et Fintérêt général lui-même n'est-il pas une vaine abstraction, si on veut y trouver autre chose que le résultat de la combinaison, de la fusion des intérêts particuliers?

Qu'on ne s'y trompe pas : cette discussion n'a pas seule* ment une valeur grammaticale ou métaphysique. Savez-* vous ce qui en résulte? Que presque toutes les communes, en faisant leurs affaires, feront celles de TÉtat. Et ainsi s'écroule le système de ceux qui supposent entre le pouvoir municipal et l'autorité centrale une hostilité naturelle, qui n'a d'autre fondement qu'une erreur de langage. \insi tombe le sophisme (4ui consiste à faire passer arbi-

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traîrement dans les choses une opposition plus arbitraire encore introduite dans les mots.

Les communes une fois constituées, de manière qu'elles puissent librement s'administrer, qu'on les unisse par des liens politiques fortement noués, et dont les extrémités se réunissent dans la main d'un pouvoir central, l'unité sociale sera créée. Organisez maintenant ce pouvoir de telle sorte qu'U domine sans peine les associations diverses qui l'entourent; donnez-lui pour mission spéciale d'empêcher que l'harmonie de l'ensemble ne se corrompe ou ne s'altère ; pour lui faciliter l'accomplissement de cette mission, faites que, par ses représentants, il vive au sein de chaque commune pour en surveiller les mouvements, mais sans avoir le droit de les arrêter autre part qu'aux limites de la sphère administrative : si ces limites ont été sagement tracées, vous aurez fait de l'unité politique la garantie de l'unité sociale. Vous aurez opposé une barrière au despotisme et une digue aux débordements de l'anarchie.

Dans l'état actuel des choses, la division communale est on ne peut plus défectueuse. Sur les trente-huit mille communes dont la France se compose, il en est un grand nombre où on chercherait en vain les éléments d'un pouvoir fiiunîeipd. La nécessité de modifier la division communale fut proclamée, en 1*793, par Condorcet. 11 est impossible de ne pas reconnaître cette nécessité. Et c'est par là que doit commencer toute loi ayant pour véritable but l'organisation des associations municipales.

Le principal vice de Torganisation municipale créée par l'Assemblée constituante consistait dans le caractère double et contradictoire attribué aux officiers municipaux. La Constitution de 1791 portait qu'il pouvait être délégué aux officiers municipaux, chargés de gérer les affaires partie, culière de la Commune, certaines fonctions relatives à Vintérit général de l'État.

L'intérêt général signifiait ici le résultat des volontés de l'autorité centrale. Et cette volonté, qui n'est pas toujours en rapport avec le véritable intérêt de tous, peut fort bien ne pas l'être avec celui de quelques-uns.

Or, après avoir établi de la sorte de'ux classes d'attri-

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butions qu'elle supposait de naturQ à se com1)attre, la Constitution de 1791 réunissait aux mêmes mains deux pouvoirs qui devaient se trouver en lutte. Les inconvénients de cette bizarre confusion ne tardèrent pas à éclater. Le pouvoir hermaphrodite créé par l'Assemblée constituante ne pouvait remplir aucun des deux objets qui lui avaient été assignés. La force des choses devait l'entraîner, tantôt à sacrifier aux intérêts communaux la volonté du pouvoir central, tantôt' à servir la volonté du pouvoir central aux dépens des intérêts communaux. .

Toujours est-il qu'il fallut revenir sur cette combinai-' son, qui, soit dit en passant, sert encore de base à notre système municipal.

En réunissant dans une administration collective, constituée au canton, toutes les communes dont la population était inférieure à cinq mille habitants, la Constitution de Tan III voulait obvier aux inconvénients de la division communale alors existante; mais, en respectant la règle qui veut qu'on mette les communes en état d'exercer les droits qu'on leur confère, cette Constitution viola une règle non moins importante, celle qui resserre l'association communale dans de certaines limites, pour lui laisser le caractère qui lui est propre. De cette première violation en naquit nécessairement une seconde. La Commune, en s'absorbant dans le canton, perdait son individualité. Le pouvoir communal, à son tour, perdait son caractère et acquérait une véritable importance politique. De là, pour l'autorité centrale^ Tobligation de mettre sous sa dépendance une force qui pouvait devenir dangereuse; de là, rinstitution d'agents qui, placés par le Directoire à côté de chaque municipalité, corrompirent les fruits, du système électoral, et éteignirent autour d'eux tout mouvement.

Nous demandera-t-on maintenant sur quelles bases nous voudrions voir s'opérer la réforme communale? On a pu déjà le pressentir.

On commencerait par procéder à une circonscription nouvelle. Parmi nos nombreuses communes, il en est de trop petites; il en est aussi de trop grandes. Dans les pre-

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mières^ il ne saurait y avoir ni vie, ni moavement; les lumières y manquent; on y chercherait en vain les éléments d'une autorité municipale suffisamment respectable et intelligente. Dans les secondes, le lien des communes habitudes, des relations journalières, ne peut ôtre assez fortement noué, parce qu'il embrasse un trop grand nombre d'individus. Il faudrait donc avant tout corriger ce double abus, et cela au risque de briser quelques rapports déjà établis et quelques affections anciennes.

Le maire serait le gérant de la Commune, élu par elle, relevant d'elle spécialement; il cesserait de représenter, par je ne sais quelle absurde confusion, la Commune contre rÉtat, et rÉtat contre la Commune. La nomination des agents communaux lui appartiendrait exclusivement, et lui seul aurait le droit de les révoquer. Son autorité, sans être tout à fait indépendante, jouirait de toute la force, de toute la considération qui se puise dans un droit d'initiative bien reconnu. Les représentants du pouvoir central pourraient intervenir au besoin, mais leur intervention n'aurait pas ce caractère systématique et cette permanence qui en font aujourd'hui une véritable tutelle, tutelle tracassière, jalouse, d'où sortent à chaque instant, comme d'une source empoisonnée, les conflits de prérogatives, les querelles de préséance, les misérables luttes d'amour-propre.

La puissance financière des conseils municipaux serait agrandie, fortifiée ; et, dans le règlement de leurs attributions, on ne partirait point de ce faux point de vue qu'il y a une hostilité naturelle entre ce qu'on appelle les intérêts particuliers et les intérêts généraux. Car cette hostilité, ce qui la crée précisément, c'est le dualisme que le système actuel établit dans chaque commune. Lorsque le pou« voir local aperçoit sans cesse au-dessus de sa tête un pouvoir qui se dit le représentant d'intérêts autres que cens de la Commune, est-il surprenant qu'il résiste quelquefoiâ et se défie toujours? Delà des rivalités, des embarras sans nombre, des déchirements qui accoutument les esprits d voir les intérêts locaux dans tout ce qui n'est pas l'intérêt général, et à chercher sans cesse la Commune hors de l'État II. to

Les séances des conseils municipaux seraient rendues publiques. On habituerait de la sorte les habitants à s'intéresser activement à leurs affaires; on les initierait à la vie politique; on établirait un équilibre salutaire entre le mouvement de Paris et celui de toutes les autres parties de la France. Aujourd'hui, grâce au déplorable mystère qui enveloppe la marche des autorités municipales, tout se décide, dans les communes, par des considérations mesquines; Fin+^rêt personnel est tout-puisssant dans les conseils; et il c^b incroyable à quels motifs puérils ou honteux tiennent souvent les décisions les plus graves. La publicité ferait justice d'un tel abus; elle purifierait le pouvoir municipal tout en l'éclairant, et, en le contenant, elle le fortifierait.

Les sous-préfectures seraient complètement supprimées, comme une superfétation tout à la fois ridicule et coûteuse.

Le pouvoir central serait représenté dans les communes par des commissaires dont le rôle serait non d'entraver l'autorité municipale et de la dominer, mais de la surveiller. A dire vrai, nous ne concevons guère l'utilité des préfets. Nous voyons bien ces personnages parader, mais nous ne les voyons pas agir; nous savons bien ce qu'ils empêchent et ce qu'ils coûtent, mais ce qu'ils font et ce qu'ils valent, nous l'ignorons.

Est-il jamais arrivé à un département, je le demande, de souffrir de l'absence de son préfet, ou, seulement, de s'en apercevoir? Ce n'est pas que la besogne manque... Mon Dieu! non. Les bureaux de préfectures ne sont-ils pas encombrés d'écritures et de correspondances, et de vérifications, et de tableaux? Mais que sort-il, et que peut-il sortir de ce pêle-mêle? N'entendons-nous pas chaque jour les administrés se plaindre de ce que justice, leur est refusée, de ce que leurs réclamations les plus légi-/ times viennent expirer sans écho dans les antichambres,; de ce que leurs droits dorment pour jamais dans la poussière des dossiers administratifs? Et pourquoi? Parce que de tous les obstacles à l'expédition des affaires, il n'en est as de plus sérieux que la multiplicité des rouages. Pour

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quoi? Parce que tout mouvement déréglé empêche l'aotion; que la confusion engendre Timpuîssance, et que la confusion est la plaie de tout gouvernement paperassier.

Ce nest pas nous, certainement, qu'on accusera de vouloir affaiblir la puissance de TÉtat. N'avons-nous pas réclamé, en faveur de l'État , la direction (supérieure des esprits par l'enseignement? N'avons-nous pas dit qu'à lui seul il appartenait d'ouvrir aux idées et à la civilisation les routes nouvelles indiquées par le génie? qu'à lui seul il appartenait de disposer, au profit de la société tout en* tière, des découvertes de la science, sauf à indemniser Tinventeur? que lui seul devait et pouvait changer les -bases du monde économique? que l'unique moyen de détruire l'oppression dans les sociétés modernes était de substituer le crédit de l'État au crédit individuel, d'anéantir à jamais les lâches maximes du laissez faire, et de créer un pouvoir social assez fort, assez intrépide, assez honnête, pour se mettre résolument à la tête d'une grande révolution industrielle? Mais c'est précisément parce que nous voulons donner à l'État une puissance féconde, que nous verrions avec douleur cette puissance s'égarer sottement dans les détails. C'est précisément parce que nous voulons que la force du pouvoir s'applique à toutes les grandes choses, qu'il nousdéplairaii de la voir absorbée par les petites. 11 nous faudrait un gouvernement d'hommes d'État , et nous n'avons aujourd'hui qu'un gouvernement de commis !

Et remarquez bien à quel abîme nous pousse cette centralisation au rebours. Jusqu'ici, du moins, personne n'avait mis en doute que la France attaquée ne put se défendre. Or, des hommes graves affirment que notre nationalité est suspendue à un fil. Et savez vous la raison qu'ils en donnent? Elle, vaut la peine qu'on la médite : f* Dans trois bonds l'ennemi est à Paris, disent-ils: maître ' de Paris, il l'est de la France entière. »» Ainsi, voilà que d'un trait de plume ils font disparaître de la carte tout un grand royaume !

Eh bien ! je dis que ces frayeurs sont fondées Oui, on est parvenu à rapetisser la France jusqu'à la faire tenir

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dans Tenceinte de oe mur d'octroi dont on a fini par faire un rempart. Oui, on est parvenu à mettre , chose monstreuse , un vaste royaume dans une ville de quelques lieues de circonférence. Et, comme on craignait pour cette ville, on s'est avisé de la fortifier. Courage I Pourquoi nous arrêter dans ce système d'amoindrissement ? De la France nous avons fait Paris : de Paris faisons un fort. Une garnison à la place d'une société I Une forteresse à la place d'un royaume I Voilà les nécessités du système ! Estce assez de folie ?

Pour moi, j'admire' ce mode de oentralisation au rebours qu'on nous donne comme un privilège de force, et qui se trouve entraîner une telle déperdition de lumières, de courage, d*aotivité, de ressources de tout genre, qu'au moment des suprêmes dangers il n'y a plus en France qu*un département, celui de la Seine, et qu'une ville, Paris!

Non, ce n'est point là une centralisation véritable; c'est une absorption stérile. La centralisation véritable serait celle qui, au lieu d'entasser la France dans Paris, étendrait Paris, sans l'affaiblir, sur toute la surface de la France. 811 est vrai que la perte de Paris entraîne celle de la France, qu'en conclure, sinon que la fausse centra* lisation qu'on nous a faite n'a servi qu'à dépouiller la France des innombrables moyens de défense que la nature ni a donnés? Car enfin , n'avons-nous pas dans ce pays de puissantes barrières naturelles, des montagnes inaccessibles, des fieuves profonds, des retraites assurées? Eh bien l si, Paris au pouvoir de l'ennemi, rien de tout cela ne doit plus nous servir, qu'en conclure, encore une fois, sinon quMl y a au fond de notre société un principe d'afiaiblisse^ ment continu, de dépérissement, un principe de mort? Quel merveilleux genre d'unité que celui qui supprime d'un coup, à l'heure du péril, tout ce qu'il a plu à Dieu de nous donner pour nous défendre ! !

Il faut en revenir à de plus saines doctrines. Paris doit être partout où battent des cœurs français. Paris doit être au pied des Alpes et au pied des Pyrénées. Il doit toucher à la fois à la Méditerranée, au Rhin et à l'Océan. — Le

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moyen pour cela? Il est bien simple. Il s'agit de faire naître partout un peu de la vie de Paris. On j peut parvenir par une vigoureuse organisation de la Commune.

Et je ne saurais trop le répéter : la Commune veT^vé" sente Tidée d*unité tout aussi bien que VÉtat La Commune, c*est le principe d'association ; VÉtat, c'est le principe de nationalité. L'Étaty c'est tout l'édifice ; mais la Communey c'est la base de cet édifice.

Organisez la Commune d'après des vues d'ensemble, vous aurez porté au fédéralisme un coup dont il ne se re* lèvera jamais ; car le pouvoir central sera d'autant plus respecté, d'autant plus fort, que son activité n'aura rien d'étouffant, et son action rien d'aveugle.

Alors sera créé ce lien moral qui fait la durée des empires. Alors, si jamais nos frontières étaient dépassées, la patrie sera défendue sur tous les points du sol. Alors elle aura, pour vaincre par son désespoir, à défaut de Paris et de la Seine, toutes ses villes, toutes ses montagnes, tous ses ravins, tous ses fleuves, tous ses enfants; et nul Français ne pourra venir dire, en découvrant aux yeux de Tennemi la poitrine de la France : Voici l'endroit mortel, nous tremblons que vous ne frappiez làl

FIN DU TOMB DEVXliuM.

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